Salut Élyse Marquis! Allô Joël Legendre! Coucou Annie-Soleil Proteau! Bonjour Marie-Claude Barrette!

Publié le 12 nov. 2012
Hugo Dumas LA PRESSE

Quelle est mon humeur ce matin? Attendez. Humeur grincheuse et embrouillée, apparaîtrait en grosses lettres dans un phylactère près de mon visage bouffi. C'est comme ça. Dans la vie, il y a des lève-tôt et il y a des couche-tard. J'ai ma carte de membre du deuxième groupe depuis plusieurs années déjà. Le groupe qui snooze 13 fois avant de se lever, le groupe qui s'enfile trois «flat white» et deux espressos avant même de pouvoir sourire ou émettre un son audible. Ça va, mon Hugo? Réponse: grrmmbbllgg.

Donc, chers animateurs matinaux, je ne fais pas partie de la clientèle cible de vos émissions, qui comprend des personnes âgées, des pigistes à la maison, des femmes en congé de maternité, des étudiants et tous ceux qui ont des horaires de travail atypique.

Mais je vous ai regardés attentivement. Commençons tout de suite avec la nouveauté Alors on jase! de Radio-Canada. Premièrement, la dernière demi-heure, qui comprend la portion «grande entrevue», est de trop. Entre deux pubs d'Advil ou de Healthy Choice avec Mariloup Wolfe armée d'une tasse à feuille verte, c'est long longtemps. Pourquoi ne pas comprimer le format en 60 minutes bien tassées comme chez le concurrent TVA?

Parce que la première heure d'Alors on jase! , quand les invités cliquent entre eux, passe relativement vite. La grande table en bois chauffée par les deux amis dans la «vraie vie» Joël et Élyse favorise bien les échanges. Jeudi matin, le courant passait parfaitement entre Pénélope McQuade, son père Winston et la chroniqueuse «jeune» Valérie Roberts.

Côté décor, le grand loft de Joël et Élyse, avec coin salon, coin cuisine et coin îlot, est très beau, mais il manque de chaleur, de confort. Ça ne fait pas tellement cocon douillet et tasse de café fumant, mettons.

À l'animation, la fameuse complicité entre Joël et Élyse, que Radio-Canada nous vantait en début de saison, ne transparaît pas beaucoup au petit écran. En fait, Élyse Marquis s'efface trop souvent derrière Joël et gagnerait à intervenir plus souvent.

Points à réévaluer? Les rires forcés et le segment commandité par Familiprix, qui casse le rythme. Ça jase de chatons, d'étui à téléphone cellulaire serti de petites pouliches et d'Instagram et puis, bang!, une pharmacienne à la manucure funky vient nous dire comment soigner une violente gastroentérite. Une gorgée de latté avec ça?

Ce qui est le plus agaçant dans des émissions comme Alors on jase!, c'est l'intemporalité des propos. Comme ça ne passe pas en direct, les animateurs évitent des sujets d'actualité qui pourraient expirer avant leur diffusion. Dommage. Car à The View, le segment «hot topics» reste toujours le plus pertinent de l'heure. Quand les lionnes de la SRC rugissaient en direct, elles réagissaient toujours sur les histoires de l'heure.

L'important, c'est de trouver l'équilibre entre les topos sur «comment bien choisir ses lunettes» et les discussions sur la transsexualité au quotidien.

Deux filles le matin: nouvelle génération à TVA réussit mieux dans le créneau de 9h30. D'abord, l'authenticité et l'empathie naturelles de Marie-Claude Barrette donnent beaucoup d'humanité à l'émission. Annie-Soleil Proteau, la petite nouvelle, ne feint pas non plus de s'intéresser aux invités: elle s'intéresse vraiment à eux. Les deux sont curieuses et allumées et ne s'accrochent pas à leurs cartons.

Les téléspectateurs apprécient cette sincérité. Rien de pire qu'un animateur blasé qui joue à l'animateur pimpant. Ça, c'est grosse source de malaises.

Dans son genre, Deux filles le matin s'assume parfaitement et n'essaie pas de ratisser le plus large possible. C'est une émission féminine comme en témoignent les cupcakes (parfois) déposés devant les animatrices, qui ont chacune une tasse à café avec leur nom dessus.

La table en fer à cheval n'est pas très conviviale, mais elle sera remplacée sous peu par des fauteuils et une table basse. Bonne décision.

En attendant, je retourne à mes programmes habituels. De soir, de préférence. Car avaler sept cafés avant midi, ce n'est pas très sain comme habitude de vie. N'est-ce pas, pharmacienne à manucure funky?

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Je lévite

Avec Benoît des Fromages d'ici

Il connaît tout ce Benoît (Martin Perizzolo) des publicités du fromage: le golden believer, Les beaux-frères de Michel Gauthier, le débarquement de Mauricie, l'île de Crêpe ou le chant du strudel. Il est tellement dans le champ que ça le rend très attachant.

Je l'évite

Le verbe «assir»

Toute la semaine, les candidates d'Occupation double à TVA ont répété ce verbe qui n'existe pas. «On a décidé que je m'assirais à la table», a dit Sarah. «C'est moi qui va s'assir à la table», a enchaîné Andréanne. Asseoir, mesdames, asseoir. C'est aussi facile à dire que «coup de coeur» ou «c'est donc bien malade ce setup là».