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Crêpage de perruque à plusieurs millions

Le réalisateur Claude Fournier, en tournage avec l'interprète... (Photo: Pierre McCann, archives La Presse)

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Le réalisateur Claude Fournier, en tournage avec l'interprète «perruqué» de Félix Leclerc, Daniel Lavoie.

Photo: Pierre McCann, archives La Presse

Cela valait-il la peine de se crêper la perruque pour une facture aussi salée? Non, pas vraiment. Radio-Canada a déboursé 1 million de dollars en frais d'avocats pour défendre son ancien directeur général des programmes, Mario Clément, qui avait dit tout haut ce que les journalistes avaient scribouillé à maintes reprises: la série sur Félix Leclerc fabriquée par Claude Fournier était atroce, mauvaise, nulle, gênante, choisissez votre adjectif.

Ce combat de coqs entre le scénariste et réalisateur Claude Fournier et Mario Clément, retourné depuis au secteur privé, a coûté exactement 1 074 515$ à la SRC en honoraires professionnels, selon des documents obtenus par La Presse. C'est cher. Beaucoup trop cher.

Mais n'oubliez pas que la minisérie Félix Leclerc, qui ne durait que quatre heures - Dieu merci pour nos yeux - a aussi englouti près de 2 millions en fonds publics canadiens, dont plus de 800 000$ puisés directement dans les coffres de Radio-Canada. Ça, c'est encore plus scandaleux, pour une émission ratée à ce point.

En fin de compte, les contribuables ont donc payé pour la bataille au palais de justice (1 million), pour le dédommagement accordé au couple formé par la productrice Marie-José Raymond et Claude Fournier (200 000$) ainsi que pour tous les coûts de production associés à ce fiasco télévisuel (2 millions). Du gaspillage d'argent public.

Car, au départ, cette minisérie peuplée d'un cheval nimbé galopant dans le fleuve et d'une gitane distribuant des perles de bonheur n'aurait jamais dû voir le jour. Sept ans après le douloureux naufrage public, que des fonctionnaires aient pu approuver un scénario aussi mal construit et boiteux dépasse l'entendement.

La coproduction avec la France, qui a fourni 43% du budget de 4,5 millions alloué à Félix Leclerc, a morpionné cette «saga du cauchemar», tout comme les changements à la direction de Radio-Canada pendant la création de la série. Le coproducteur français était Stéphane Marcil, un bon ami du chanteur Patrick Bruel et de l'animatrice Julie Snyder.

Voyant que toute l'opération tanguait dangereusement, Radio-Canada a tenté plusieurs fois d'empêcher le bateau de couler en exigeant des changements à la réalisation et à la construction du récit. Rien à faire: Claude Fournier et Marie-José Raymond s'emmuraient dans leur entêtement.

Découragée, la directrice des séries dramatiques de l'époque, Louise Lantagne, a exigé que son nom ne figure pas au générique tellement Félix Leclerc la décevait. Les enfants du poète, dont le réalisateur Francis Leclerc, ont publiquement taillé l'oeuvre en pièces. Les critiques télé aussi. Et dire que Radio-Canada n'avait même pas organisé de visionnement de presse, de peur de générer de la mauvaise pub!

Deux jours après la diffusion du premier épisode, en mars 2005, une conférence téléphonique a été organisée et Mario Clément y a torpillé cette minisérie, qu'il a décrite comme la plus mauvaise qu'il ait jamais vue à la télévision.

Il n'avait pas tort. Il a été honnête - peut-être un peu trop. Une poursuite en diffamation a été intentée, le procès a duré trois semaines et le couple Fournier-Raymond a arraché un maigre 200 000$ par rapport aux 4,3 millions qu'il réclamait.

Bref, toutes ces avocasseries en ont-elles valu la peine? Non. Personne n'est sorti gagnant, et des millions ont été dilapidés sans que nos souvenirs de l'horrible perruque blanche de Daniel Lavoie soient effacés. Au lieu de diffuser un téléroman bâclé, Radio-Canada aurait dû signer un gros chèque à Claude Fournier en échange de tout le matériel original lié à Félix Leclerc. Ensuite: feu de joie avec tout le stock. Comme ça, jamais la réputation d'un géant québécois comme Félix n'aurait été salie de la sorte. Quel gâchis.

La voix de Charles Lafortune

Charles Lafortune a bien esquivé la question de Guy A. Lepage dimanche soir à Tout le monde en parle, mais l'information a finalement été confirmée hier: il deviendra le maître de cérémonie de La voix, l'adaptation québécoise de The Voice, logée dans la grille de TVA à l'hiver 2013.

C'est l'équipe de Star Académie, soit Julie Snyder et Stéphane Laporte, qui produira La voix. Cette téléréalité durera 13 semaines. L'identité des quatre juges qui repêcheront les candidats à l'aveugle n'a pas encore été dévoilée. Par contre, les noms de Marie-Mai, Garou et Marc Dupré résonnent beaucoup dans les coulisses. À suivre.




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