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Des gagnants, vraiment? Un instant!

C'est beaucoup trop facile de jeter le blâme sur les téléspectateurs: si vous ne voulez pas vous faire arnaquer par L'instant gagnant à V, vous n'avez simplement qu'à ne pas téléphoner. C'est simple, non?

Pas tant que ça. Parce que dans notre société, il y a des gens vulnérables, crédules ou des gens moins bien informés, qui voient dans les jeux infantilisants de L'instant gagnant la nouvelle incarnation de (feu) Call-TV, une occasion facile d'empocher quelques centaines de dollars. Et ils composent le numéro en croyant bien naïvement que la «chance» leur sourira et que le «système» sélectionnera leur appel, un système aléatoire qui, soit dit en passant, n'est aucunement supervisé par des organismes sérieux comme Loto-Québec ou la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec.

Le problème, dans L'instant gagnant, c'est que le hasard n'y joue pour rien. Ou pour si peu. Les dés semblent pipés d'avance. Car c'est le producteur de l'émission, le géant Telemedia InteracTV, confortablement installé à Budapest, qui contrôle et filtre tout. Comment s'assurer que les joueurs québécois ne tombent pas dans un piège bien camouflé? C'est malheureusement impossible.

Le pire, c'est que V s'en lave les mains. Pour les patrons de la programmation, L'instant gagnant relève de la publicité, achetée au même titre qu'une consultation téléphonique avec la voyante Suzie. Techniquement, c'est vrai. Mais une station comme V, qui utilise des ondes publiques pour engranger des profits, est responsable de tous les contenus qu'elle diffuse. Même ce qui passe entre 23h30 et 1h30.

Si L'instant gagnant est une infopublicité, pourquoi ne pas l'identifier clairement comme telle? Et pourquoi la maquiller en quiz légitime? Voilà où réside la tromperie.

Depuis la mise en ondes de Call-TV en juin 2009, ma boîte de courriels se remplit sur une base régulière de messages de participants floués par la télé-tirelire de V qui ne savent pas comment obtenir justice. Cet hybride entre la tombola et le concours télévisuel échappe en effet à toute forme de juridiction au Québec.

Bien sûr, le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a déjà dénoncé l'absence d'équité à Call-TV et a même qualifié certains jeux de «douteux et incompréhensibles». V a temporairement corrigé le tir. Mais les réponses introuvables comme Gabor, Darko, Lamar, hyponomeute, cantharide, holothurie et cercopithèque ont rapidement refait surface dans les grilles de jeux.

En Irlande, L'instant gagnant s'appelle PlayTV et a soulevé énormément de controverse. L'émission a été retirée des ondes en mars 2010, moins d'un an après son lancement. Une des anciennes animatrices de PlayTV, Lauren Bannon, qui y voyait un tremplin vers une carrière d'animatrice télé, a confié au Mail on Sunday qu'elle espérait que les gens arrêtent de lui téléphoner tellement elle se sentait mal de les détrousser. Il a fallu que le ministre des Communications de l'époque, Eamon Ryan, s'en mêle pour que cette escroquerie cesse en Irlande. Faudra-t-il demander l'intervention de Christine St-Pierre ici?

Au Canada anglais, PlayTV a aussi joué sur Global entre juillet 2009 et mars 2010. Chacun des appels y coûtait deux dollars.

Lundi soir, dans un décor agressant en tons de mauve, rouge et orangé, Sandra Sirois - une ex de Call-TV - a piloté la toute première édition de L'instant gagnant sur V. Musique aliénante, sirènes, contacts avec la régie et le fameux décompte «3, 2, 1», c'était pareil et encore plus cheap que Call-TV, avec des règlements moins clairs.

En deux heures, à peine trois personnes ont gagné, toujours avec le même jeu, soit celui de détecter les différences entre deux photos pratiquement identiques. Et vous savez quoi? Le téléphone, muet depuis 99 longues minutes, a sonné en studio quelques secondes avant la fin de l'émission. Après ça, dites-moi sérieusement que tout ça n'est pas arrangé avec le gars des vues. Franchement.

Quelques chiffres

Gros lundi soir pour TVA, qui a dominé le palmarès BBM grâce à la quotidienne de Star Académie (1 481 000), Yamaska (1 092 000) et Toute la vérité (1 114 000). Radio-Canada a obtenu ses meilleurs chiffres avec Les Parent (861 000) et L'auberge du chien noir (891 000). Les Boys ont chuté à 545 000 fans.




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