Cette question-là, tous les auditeurs de tribunes téléphoniques, celles que l'on syntonise la nuit en rentrant d'un bar ou le midi en avalant café et sandwich, se la posent. Moi, ces gens me fascinent. Je les imagine - à tort - cramponnés à leur vieil appareil à cadran, seuls, fumant Craven A par-desssus Peter Jackson dans des appartements exigus et encombrés.

Mis à jour le 18 févr. 2009
Hugo Dumas LA PRESSE

Dans le charmant et touchant documentaire Ligne ouverte, que Télé-Québec diffuse lundi à 21 h, la réalisatrice Karina Goma (Les justes, Un coin du ciel) pose sa caméra avec beaucoup de douceur sur trois de ces spécimens. Il y a June Blackburn, une pimpante femme souffrant de Parkinson, Jean Paray, un crooner du resto La caravelle, de Saint-Jérôme, et Marc-André Morin, un aphasique que l'adrénaline du direct rend verbomoteur.

 

Pendant 52 minutes, la documentariste se faufile discrètement dans leur intimité, au moment où ils décrochent le combiné pour jaser avec André Pelletier, l'animateur de Bonjour la nuit sur CKAC les week-ends, ou Pierre Maisonneuve, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

Des trois, c'est June qui m'a le plus ému. Après des dizaines d'années à parler à son «André» au téléphone, sans ne jamais avoir vu son visage, elle le rencontrera dans les coulisses d'un spectacle à la salle Denise-Pelletier. June fondra en larmes, convaincue que le Saint-Esprit est descendu sur son «André», son idole «qui parle au radio».

Le film Ligne ouverte brosse un joli portrait de ce pionnier des ondes nocturnes, André Pelletier, un grand solitaire qui ne prononce - en dehors des ondes - qu'une quinzaine de mots par jour. La nuit, avec ses insomniaques préférés, il s'allume et chante même La vieille dame de Frank Michael.

Jamais Karina Goma ne juge ou ne ridiculise les gens qu'elle filme. Son documentaire dégage beaucoup de tendresse, de respect et d'intelligence. À voir.

Parlant de bonne télé, en zappant au Club social de TV5 lundi soir, j'ai dévoré le reportage de Philippe Desrosiers sur le phénomène du «reborning» et de ces femmes artistes qui transforment des poupées en plastique en (faux) bébés naissants.

Vraiment, c'est à la fois fascinant et troublant. Les adeptes du «reborning» collent les cheveux des poupons un à un, peignent leurs visages, implantent des billes de verre à la place des yeux et rembourrent les petits corps. Le but? Rendre ces «reborns» - ou bébés en plastique - aussi réalistes que possible, avec les traits fripés et tout et tout.

Je leur trouve un air franchement macabre à ces reborns, mais bon. Celles qui les fabriquent le font avec beaucoup d'amour. Et celles qui les achètent à gros prix, souvent des femmes sans enfant, y trouvent du réconfort. Le reportage est en ligne à l'adresse clubsocial.tv5.ca.

L'affaire The Box!

Dans le vidéoclip de Closer Together, formidable pièce d'anthologie des années 80 avec abus de franges, de vestons à épaulettes et de chemises en jean, la caméra tournait constamment autour du chanteur Jean-Marc Pisapia et des deux choristes de The Box, Sass Jordan et Sylvie Daviau.

Logiquement, on aurait pu croire que les deux blondes interprètes poussaient aussi la note sur cette chanson accrocheuse sortie en 1987. Erreur, signale le claviériste Guy Pisapia et frère du leader de la formation montréalaise. «C'est Martine St-Clair qui chante sur l'album Closer Together», écrit-il dans un gentil courriel.

Ah, oui: cette vidéo a été tournée en République dominicaine. Et pourquoi Martine St-Clair n'y apparaît pas? Contraintes de temps et de budget, glisse Guy Pisapia.

En passant, 2 415 000 téléspectateurs ont assisté au retour de The Box à Star Académie dimanche soir, en légère hausse par rapport au premier gala (2 306 000). Guy A. Lepage et Dany Turcotte ont conservé la même audience que la semaine dernière, soit 1 139 000 fidèles. À TVA, le gala de La poule aux oeufs d'or a cartonné avec ses 1 425 000 amateurs. De retour à la SRC, Découverte et Et dieu créa... Laflaque ont respectivement rivé 798 000 et 769 000 téléspectateurs devant leur poste.

 

Photo: Productions Virage

Le documentaire de Karina Goma, Ligne ouverte, s'intéresse aux mordus des tribunes téléphoniques comme June Blackburn.