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Bientôt des hôpitaux en poudre ?

Incroyable, encore des compressions en santé ! N'avons-nous pas atteint le déficit zéro ? Après les patates, faudra-t-il des carottes et des haricots en poudre ?

Coup de téléphone au bureau de Gaétan Barrette pour avoir des explications. Le ministre me rappelle assez rapidement, fidèle à son habitude.

Avant d'aller plus loin, je vous rappelle le contexte. Samedi, ma collègue Ariane Lacoursière nous a appris que les établissements de santé doivent mettre en place des « mesures d'optimisation » de 242 millions. Chaque établissement a des cibles précises.

Ces économies demandées aux hôpitaux surviennent après deux ans de compressions importantes, estimées à 219 millions il y a deux ans et à 450 millions l'an dernier. Le système a été chambardé, des cadres ont été remerciés et le réseau est passé de 182 à 32 établissements.

Et cette année, il faut encore faire des compressions ? Sans toucher aux services à la population ? Coudon, Gaétan Barrette prend-il un plaisir sadique à faire des coupes ?

Coup de téléphone au ministre, donc. Effectivement, me dit-il, les établissements se sont vu imposer des resserrements de 242 millions. Il ne s'agit pas de coupes « paramétriques » comme par le passé, c'est-à-dire imposées uniformément à tous les établissements. Cette fois, il s'agit de mesures « microscopiques » propres à chaque administration.

« Avant d'arriver avec le chiffre de 242 millions, j'ai fait le tour des gestionnaires du réseau et ils m'ont dit qu'ils étaient capables d'y arriver sans toucher aux services. Moi, j'ai fait le macroscopique. Eux s'occupent maintenant du microscopique. » - Gaétan Barrette, ministre de la Santé

Quelque 140 mesures seront implantées pour aller chercher, ici et là, les millions qui sont exigés pour boucler le budget du ministère de la Santé. Il est question de réviser les horaires, d'économiser en regroupant les achats, de diminuer le recours aux agences externes pour le travail des infirmières, etc.

Cela dit, bien que la nouvelle de ma collègue suscite la surprise, il fallait s'attendre à ces nouveaux resserrements. Le 17 mars, pour boucler le budget, le ministre des Finances, Carlos Leitao, annonçait qu'il fallait une hausse des dépenses consolidées en santé de seulement 2,0 % cette année, à 38,4 milliards de dollars. C'est moins que le total des dépenses du gouvernement (2,4 %), et moins qu'en éducation (3 %).

Pour le secteur de la santé, la commande est difficile. Certes, l'inflation des coûts du système de santé est inférieure à 2 % (salaires des employés, hausse du coût des fournitures, etc.), mais la population vieillissante fait croître la demande de soins rapidement, ce qui pressurise les dépenses. Avant son arrivée, rappelle Gaétan Barrette, les dépenses de santé grimpaient de 5,5 % par année.

Le ministre me dit qu'il répond essentiellement à une exigence budgétaire ; l'an prochain, il ne pourra toutefois refaire le même effort sans toucher aux services. À moins, dit-il, que l'implantation du financement à l'activité révèle des surprises quant aux écarts de coûts entre les hôpitaux pour les mêmes services.

Quand on parle de compressions, inévitablement, la question de la rémunération des médecins refait surface. Gaétan Barrette croit que nos médecins sont maintenant à parité avec leurs collègues ontariens et qu'il n'y a pas lieu de revoir leur rémunération.

Je ne suis pas de cet avis, c'est connu. Mais de toute façon, en supposant un gel de la rémunération des médecins, le Québec récupérerait 122,5 millions cette année, ce qui serait insuffisant, bien que fort appréciable, pour combler les 242 millions de compressions exigées.

Pour éviter de nouvelles restrictions, il faudrait en partie renoncer à l'abolition de la contribution santé, promise d'ici 18 mois pour tous (jusqu'à 1000 $ par contribuable). Ou encore verser moins d'argent dans le Fonds des générations, destiné à la réduction de la dette.

Est-ce vraiment le souhait de la population, sachant que nos dépenses de santé vont bientôt dépasser le cap des 50 % des dépenses de programmes du gouvernement ?

Malheureusement, il faut s'attendre à d'autres défis en santé. L'an prochain, les transferts fédéraux augmenteront moins rapidement si le gouvernement Trudeau maintient les projections du gouvernement précédent. Hier, justement, cette question faisait l'objet de discussions à la réunion des ministres des Finances, à Vancouver, comme celle des fonds prévus pour le maintien à domicile. Entre 250 et 500 millions de contributions annuelles sont en jeu pour le Québec, me dit Gaétan Barrette, qui a alerté ses collègues canadiens.

Ça sent l'hôpital en poudre...




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