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200 millions d'extras dans les CPE ?

Mes trois enfants ont fréquenté un CPE remarquable, et j'ai toujours pensé qu'ils en étaient sortis grandis, davantage que s'ils avaient fréquenté une garderie privée. Comme membre du conseil d'administration, je tenais à ce que les éducatrices soient traitées à la hauteur du métier exigeant qui est le leur.

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INFOGRAPHIE LA PRESSE

Sauf que je viens de prendre connaissance d'une étude sur les coûts qui me laisse songeur. L'étude a été réalisée par deux parents consternés par le manque de contrôle des coûts dans les centres de la petite enfance (CPE). Les deux connaissent bien les chiffres, notamment Pierre-Yves McSween, comptable et professeur très présent dans les médias.

Les deux chercheurs comparent les budgets de dépenses des CPE à ceux des garderies privées subventionnées (GPS).

Les deux types d'établissements facturent un tarif quotidien de 7,30 $ par enfant et sont soumis aux mêmes contraintes réglementaires. Toutefois, le CPE reçoit une subvention annuelle de presque 2800 $ de plus par enfant du gouvernement.

Pour comparer, ils ont épluché le budget du Québec et le livre d'études des crédits du ministère de la Famille. Ils ont également mis la main sur des indicateurs de gestion des deux réseaux et consulté des gens du milieu

À partir des données de l'étude, j'ai décomposé certains éléments pour qu'on puisse distinguer plus spécifiquement à quoi sont attribuables les différences de coûts. Les données sont des ordres de grandeur, mais elles font réfléchir.

Un écart de 20%

Voyons voir. Globalement, si les CPE avaient la même structure de coûts que le privé, il en coûterait entre 200 et 235 millions de moins par année au gouvernement, environ. Présenté autrement, l'écart annuel des coûts public-privé équivaut à environ 3200 $ par enfant, soit 20 % du budget d'un CPE type (environ 15 600 $).

Diverses raisons expliquent cette énorme différence. D'abord, les éducatrices des CPE ont de meilleurs avantages sociaux (jusqu'à sept semaines de vacances et de congés de maladie après 10 ans d'ancienneté). Selon l'étude, les éducatrices travaillent 82 % des heures rémunérées, contre 91 % dans le privé.

Cet écart de vacances-congés équivaut à 625 $ par enfant, auquel il faut ajouter un avantage salarial de quelque 715 $ par enfant, pour un total de 1340 $, selon mes estimations.

Jusqu'à un certain point, certains pourraient trouver tout à fait justifiable qu'une éducatrice qui travaille patiemment avec des enfants ait droit à de tels avantages, d'autant plus que leur salaire est relativement modeste (36 000 $, en moyenne). Je suis plutôt de cet avis. Après tout, les enseignants du primaire et du secondaire ont de longues vacances pour évacuer la pression.

D'autres éléments sont toutefois plus difficiles à justifier. Les CPE auraient souvent une équipe administrative plus lourde, selon les auteurs. En plus de la directrice, les CPE d'une certaine taille ont une adjointe administrative, une commis comptable et parfois même une secrétaire réceptionniste. En garderie privée, la directrice et l'adjointe sont deux, tout au plus, pour faire le même travail, selon les chercheurs. Cette administration plus lourde coûterait, chaque année, environ 800 $ par enfant, selon mes estimations.

Les chercheurs estiment que les CPE coûtent également plus cher en raison d'une gestion moins serrée des « ratios éducatrices/enfants ». En fin de journée, par exemple, la direction d'une garderie privée peut demander plus facilement à une éducatrice de partir si le nombre d'enfants ne justifie plus sa présence. En CPE, la convention collective exige l'accord de l'éducatrice.

Globalement, cette proportion plus grande d'éducatrices équivaut à 800 $ par enfant. Une partie de cette différence serait attribuable à de la mauvaise gestion (et aux places fantômes ?). Le reste, possiblement à un système pédagogique mieux développé.

Les CPE offrent généralement un super service, notamment du point de vue éducatif. Une récente étude menée par des chercheurs de l'UQAM concluait d'ailleurs que dans le cas des familles à faibles revenus, les enfants sont 2,5 fois moins susceptibles d'être vulnérables dans un domaine ou plus de leur développement s'ils ont fréquenté un CPE plutôt qu'un autre service.

L'étude n'est toutefois pas concluante pour les enfants qui ne proviennent pas de familles à faibles revenus. De plus, elle compare les CPE à tous les autres services de garde, notamment en milieu familial, et pas seulement aux garderies privées subventionnées, dont parle l'analyse de Pierre-Yves McSween.

En somme, les CPE offrent un service qui a fait ses preuves, mais il est très coûteux. Même en maintenant les bonnes conditions de travail des éducatrices, les CPE dépenseraient globalement 160 millions de plus, par ailleurs, que s'ils avaient une structure de coûts comparable au privé. Et l'analyse ne tient pas compte de leurs subventions pour l'immobilier, ni de leurs exemptions de taxes foncières et de TPS-TVQ.

Il est possible qu'une partie de l'argent serve au plus grand bien-être des enfants. Mais l'écart est trop important pour ne pas être sujet à discussion en cette période d'austérité, d'autant plus que les garderies privées offrent, elles aussi, des programmes éducatifs.




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