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De bonnes nouvelles sur le décrochage scolaire

La question quiz de la semaine: au Québec, le décrochage scolaire est-il stable, en hausse ou en baisse depuis 10 ans?

Si vous avez répondu stable ou en hausse, vous avez échoué. La proportion de décrocheurs est en baisse au Québec depuis 10 ans, et même en forte baisse. Il recule aussi de façon marquée à Montréal.

Surpris? C'est pourtant ce qu'indiquent les statistiques les plus fiables sur le sujet. À entendre certains commentateurs, le taux de décrochage n'a jamais été aussi préoccupant. Il est donc important de faire le point, d'autant plus que le décrochage est un enjeu socio-économique majeur.

Selon le ministère de l'Éducation, le taux de décrochage était de 22,3% au cours de l'année scolaire 2001-2002. Ce taux a constamment reculé pour atteindre 16,2% en 2010-2011 (la plus récente année disponible). Il s'agit d'une baisse de 6,1 points de pourcentage.

Chez les garçons, le recul est encore plus marqué: de 28,5% qu'il était en 2001-2002, ce taux est passé à 20,1% en 2010-2011, soit une baisse de 8,4 points de pourcentage. Quelle belle nouvelle en ces temps grisâtres!

Pour mesurer le décrochage, le Ministère divise le nombre d'élèves sortants sans diplôme ni qualification par l'ensemble des finissants du secondaire en formation générale des jeunes (1).

Le décrochage préoccupe beaucoup les décideurs. Jacques Ménard, président de BMO Groupe financier Québec, en a fait un cheval de bataille, tout comme la Fédération des chambres de commerce du Québec.

Faut-il rappeler qu'une population mieux formée a un impact direct sur la croissance économique et, ce faisant, sur les entrées de fonds au gouvernement et les services publics. En moyenne, le salaire des diplômés du secondaire est 35% plus élevé que celui des décrocheurs. De plus, le taux de chômage est deux fois moindre.

En 2009, pour améliorer la persévérance scolaire, le ministère de l'Éducation a fixé des cibles de réussite. Essentiellement, il espérait augmenter de 11 points de pourcentage le taux d'obtention du diplôme secondaire avant l'âge de 20 ans entre 2006 et 2020, pour le faire passer à 80%. Dans les faits, ce taux a augmenté de 5 points entre 2006 et 2011. Autrement dit, presque la moitié du chemin est parcourue.

Chaque fois que des gestionnaires sont confrontés à des cibles, faut-il dire, ils ont tendance à forcer la note. Le phénomène est largement documenté, et les dirigeants scolaires ne font pas exception, selon nos renseignements.

Il reste que la baisse du décrochage scolaire n'est pas un leurre: il y a effectivement eu une nette amélioration, selon Statistique Canada, l'une des sources les plus fiables au monde en matière de statistiques.

La méthode et les chiffres de Statistique Canada diffèrent, mais la tendance est la même. Selon l'organisme, le taux de personnes sans diplôme secondaire dans la cohorte 20-24 ans a reculé de 4,6 points de pourcentage depuis 10 ans au Québec pour atteindre 10,1%. Il s'agit d'un recul plus fort qu'en Ontario (2,6 points) et que dans l'ensemble du Canada (3,0 points), même si le taux absolu de décrochage demeure plus élevé ici qu'ailleurs (7,8% au Canada et 6,4% en Ontario).

Force est de constater que les démarches du Québec commencent à porter leurs fruits. Que s'est-il passé? D'abord, les cibles de réussite du Ministère établies par commission scolaire, par école et par matière, suivies des démarches des directions d'école et des enseignants ont fort probablement joué un rôle.

Ensuite, l'une des commissions scolaires les plus touchées par le fléau, Montréal, a particulièrement amélioré la persévérance scolaire. Ainsi, le taux de décrochage y a reculé de 6,9 points de pourcentage de 2007 à 2011, davantage que la moyenne québécoise (4,5 points).

Selon le Ministère, l'amélioration s'explique aussi par l'implantation de nouvelles voies de formation au 2e cycle du secondaire, qui s'est traduit par une augmentation du nombre d'élèves qui obtiennent une qualification, notamment le certificat de formation en métiers semi-spécialisés (CFMS).

Enfin, il est possible que l'impact des centres à la petite enfance (CPE), créés en 1997, commence à se faire sentir. Ces garderies, alors à 5$, ont attiré et stimulé bien des enfants en bas âge, parfois de milieux défavorisés. Les premières cohortes, entrées à l'âge de 3 ans, 4 ans et 5 ans en 1997, ont terminé le secondaire entre 2009 et 2012.

Ces gains sont réjouissants, mais ils ne nous autorisent pas à baisser les bras. Les parents, en premier lieu, doivent continuer à valoriser l'éducation, appuyés par le milieu.

(1) Les diplômes pris en compte sont les diplômes d'études secondaires ou professionnelles. Les qualifications englobent les attestations de formation professionnelle, les certificats de formation en métiers semi-spécialisés et les certificats en insertion socioprofessionnelle, entre autres. La méthode pour estimer le décrochage a changé depuis trois ans, mais tous les chiffres depuis 1999-2000 ont été ajustés pour les rendre comparables.




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