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Des solutions pour soigner nos urgences

Avez-vous déjà essayé d'écrire un courriel à votre médecin? Ou à sa secrétaire? Bonne chance...

Bien que le web existe depuis 20 ans, il est presque impossible de communiquer par ce moyen avec son médecin de famille (pour ceux qui en ont un). Évidemment, il ne saurait être question pour un médecin de prodiguer des soins par courriel, mais de répondre rapidement à des requêtes simples.

«Voici vos résultats sanguins. Rien d'anormal à signaler.» Ou encore: «Tel que demandé, le renouvellement de votre prescription de médicaments sera à mon bureau demain matin.»

Hier, La Presse publiait son huitième palmarès des urgences dans les hôpitaux du Québec. En lisant le reportage, comme chaque année, des termes religieux proscrits m'ont empli l'esprit. Le temps d'attente aux urgences atteint maintenant 17 heures et demie, 1 heure de plus qu'il y a cinq ans, rapporte ma collègue Daphné Cameron. Misère!

Précisons une chose: il ne s'agit pas du délai d'attente pour voir un médecin, mais du temps passé sur une civière avant d'être redirigé vers une chambre. L'attente avant d'accéder à un premier médecin est beaucoup plus courte, quoiqu'encore trop longue. De fait, les deux tiers des patients attendent moins de six heures pour voir un médecin, selon une étude récente de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). Le délai varie avec la gravité du problème. Un patient qui a un coeur amoché passe très vite, croyez-moi. Et il est bien soigné.

Tout de même, le palmarès donne une bonne indication du problème persistant des urgences. Les experts avancent plusieurs solutions. Parmi celles-ci, il y a une meilleure intégration des composantes du réseau, dont les services de première ligne (médecins de famille) et les CHSLD (personnes âgées).

Selon l'étude de l'ISQ, plus du tiers des personnes qui se présentent aux urgences des hôpitaux admettent qu'elles ne s'y rendent pas pour des problèmes... urgents. À Montréal et à Québec, ce taux est de 31%, comparativement à 49% en Gaspésie. Les patients disent s'y rendre parce qu'ils n'ont pas d'autre endroit où aller. D'où l'importance des médecins de famille et des courriels, notamment.

Pour améliorer la disponibilité des médecins de famille, François Legault propose de modifier leur rémunération. En ce moment, 90% de leur salaire est payé à l'acte ou, autrement dit, quand un patient se rend sur place et montre sa carte soleil. Il suggère de faire baisser cette proportion à 50%.

L'autre 50% serait fonction de la prise en charge «véritable» d'un groupe de patients, pour lesquels les médecins seraient disponibles rapidement selon la situation. «De toute façon, la moitié des actes peuvent être faits au téléphone ou par l'infirmière», soutient le chef de la Coalition avenir Québec.

D'autres solutions sont envisageables. Le Dr Bernard Mathieu, président de l'Association des médecins d'urgence du Québec, croit que les hôpitaux doivent répartir la responsabilité des urgences entre tous les acteurs du système. Par exemple, dit-il, il faut transférer des patients dans les couloirs d'autres unités aux étages, où des lits sont disponibles. Ailleurs au Canada, cette procédure a fait chuter l'attente sur civière de 30%.

De son côté, le ministre de la Santé, Réjean Hébert, croit que la solution passe par une meilleure prise en charge des personnes âgées à domicile et dans les CHSLD. De 800 à 1000 patients bloqueraient des lits chaque jour aux urgences parce qu'ils attendent une place en CHSLD.

Les médecins devront aussi accepter de transférer plus de responsabilités aux infirmières. Récemment, les infirmières ont obtenu de pouvoir prescrire certains médicaments, notamment pour des maladies chroniques. Mais il faudra plus: elles demandent de prescrire elles-mêmes certaines radiographies et des tests de laboratoires de base pour désengorger le système.

Les infirmières voudraient aussi prescrire d'autres médicaments préventifs (tabac, poux, nausée) et s'occuper des traitements mineurs (infections urinaires, constipation, vaginites). Qui peut s'y opposer? Les médecins sont-ils trop craintifs des conséquences des mauvais diagnostics?

En Ontario, le gouvernement a bougé. Aujourd'hui, 26 cliniques sont dirigées par des super-infirmières, selon un reportage de l'Actualité. La province voisine recense d'ailleurs 2032 infirmières praticiennes spécialisées, comparativement à seulement 167 au Québec. Ces super-infirmières ont un bac et une formation universitaire de deuxième cycle.

Le vieillissement de la population ne nous donne pas le choix: il faut aller de l'avant. En effet, plus les gens vieillissent, plus leurs soins de santé augmentent. Un enfant de 10 ans coûte en moyenne 962$ par année en soins de santé. La facture passe à 1550$ à 25 ans et à 3000$ à 55 ans. Passé 65 ans, la dépense moyenne explose, atteignant quelque 8200$ à 70 ans et près de 15 000$ à 80 ans.




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