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Le métier de ministre

Le ministre des Finances Nicolas Marceau.... (PHOTO REUTERS)

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Le ministre des Finances Nicolas Marceau.

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Alain Dubuc
La Presse

Dans ces tous derniers jours d'agitation pré-électorale, c'est le chef libéral Philippe Couillard qui a réussi à faire les manchettes avec les candidats de prestige qu'il a recruté pour la prochaine campagne électorale.

M. Couillard a certainement marqué des points en réussissant à recruter trois candidats sérieux dans le domaine économique, Carlos Leitao, chef économiste de Valeurs mobilières Banque laurentienne, un économiste réputé, Jacques Daoust, l'ancien président d'Investissement Québec, que le gouvernement Marois avait remercié, et Martin Coiteux, un professeur de HEC maintenant à la Banque du Canada.

Ces candidatures seront certainement utiles pour rappeler que le PLQ peut attirer des candidats de prestige. Il dispose maintenant d'une équipe économique solide, face à un Parti québécois fragile à ce chapitre.

Mais l'expérience nous montre aussi qu'il n'y a pas de lien automatique, surtout dans le domaine économique, entre les diplômes d'un candidat, son curriculum vitae et son succès éventuel en politique. On a tendance à l'oublier, peut-être à cause de l'exemple de Jacques Parizeau, un professeur d'économie prestigieux qui est devenu un grand ministre des Finances.

Mais le passage de la vie civile à la vie politique n'est pas toujours facile, surtout pour les candidats provenant du monde des affaires. Parce que la politique, c'est un métier, qui exige des talents particuliers, qui s'apprend, et pour lequel tout le monde n'a pas les aptitudes.

On a pu voir récemment que le fait d'avoir un doctorat en économie et d'avoir été professeur d'université n'a pas particulièrement aidé Nicolas Marceau. Bon économiste, il ne s'est pas distingué comme ministre des Finances, parce que son absence d'expérience concrète de la vie économique l'a amené à faire de solides gaffes fiscales, et que sa personnalité d'universitaire peu extroverti ne l'a pas aidé à s'imposer, ni dans l'opinion publique, ni au sein du gouvernement.

Il n'est pas le seul. Yves Séguin, le premier ministre des Finances du gouvernement Charest, malgré sa solide formation de fiscaliste, s'est littéralement planté. Trop populiste, incapable de travailler en équipe, il a démissionné rapidement. Michel Audet, qui lui a succédé, à la feuille de route impeccable - économiste, ancien sous-ministre des Finances, président de la Fédération des Chambres de commerce du Québec -, ne s'est pas vraiment imposé.

Il a fallu Monique Jérôme-Forget, une psychologue, que sa formation ne prédisposait pas à cette fonction, pour redonner son aura à la fonction de ministre des Finances. À cause de son expérience au Conseil du trésor, de sa capacité à s'imposer au sein du gouvernement, de sa complicité avec le premier ministre Charest. On pourrait dire la même chose de Bernard Landry, un avocat mais aussi un politicien aguerri, qui s'est imposé aux Finances pour devenir le père du déficit zéro.

La même question se pose en santé. Ce n'est pas parce qu'on est un «docteur» qu'on est nécessairement un bon ministre de la Santé. Pensons à Réjean Hébert. Ce sera un test pour Gaétan Barrette, qui a surpris tout le monde en devenant candidat libéral et qui devra, lui aussi, apprendre un nouveau métier.

On l'a accusé d'être opportuniste. Lorsqu'un parti recherche des candidats de prestige, c'est d'abord dans l'éventualité d'une victoire, pour leur participation au conseil des ministres. Et si ceux-ci font le saut en politique, c'est pour diriger un ministère. C'est une chose, hélas, que la CAQ ne peut pas offrir.

L'ex-libérale Fatima Houda-Pepin, verbeuse comme d'habitude, a stupidement accusé le Dr Barrette de vouloir une limousine. Comme si vouloir devenir ministre, et dans son cas, de vouloir remettre la santé sur les rails, était une tare. N'oublions pas que si le Québec a besoin de bons députés de terrain, il a surtout besoin de bons ministres.




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