L’auteure réplique à la chronique de Mario Girard intitulée « Candidats aimant climat lourd recherchés »*

Sue Montgomery
Sue Montgomery Mairesse de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce

Monsieur Girard,
Dans votre chronique du 1er juillet dernier, vous vous attaquez à moi et prenez plusieurs raccourcis qui m’obligent à rectifier les faits. La virulence de votre chronique confirme que la politique est un sport extrême.

Le 6 décembre 2020, la Cour supérieure a jugé que de hauts fonctionnaires de la Ville ne peuvent pas me cacher des rapports. Elle qualifie les mesures imposées par le Contrôleur général de déraisonnables et exagérées. Elle constate que les rapports alléguant du harcèlement psychologique comportent plusieurs analyses et conclusions manquant de sérieux, en plus de commentaires discriminatoires à l’égard de ma cheffe de cabinet. La Ville et le Contrôleur général ont mis de l’huile sur le feu et cherché à me confronter en m’immisçant dans la gestion du personnel de mon cabinet. Le tribunal ne conclut pas à l’existence d’un climat de travail toxique dont je serais la responsable. Il remarque que l’un des fonctionnaires prétendument victime semble avoir l’épiderme très sensible.

Cette décision de la Cour supérieure n’a pas fait l’objet d’un appel. Elle conclut le recours entrepris conjointement par la Commission municipale du Québec (CMQ) et la Ville de Montréal. La CMQ a choisi de poursuivre ses attaques dans un forum qu’elle contrôle, soit son propre tribunal administratif, et le juge chargé d’entendre ma cause était un haut fonctionnaire de Montréal lorsqu’il a été nommé à la CMQ.

Certains témoignages ont été entendus à huis clos, frappés d’ordonnance de non-publication et de confidentialité, en contradiction avec le principe constitutionnel de la publicité des débats.

Lors de l’enquête, des avocats de la CMQ ont illégalement partagé des informations me concernant avec la Ville de Montréal et alerté les médias de leur présence à mes bureaux. L’adresse de ma cheffe de cabinet, le nom de sa mère et de son employeur ont été obtenus par le Contrôleur général par l’entremise du directeur général de mon arrondissement. Le Contrôleur général a allégué avoir agi par simple curiosité.

Vous oubliez commodément de mentionner que j’étais dans mon salon, un vendredi soir, un verre de vin à la main, lorsque j’ai sarcastiquement fait l’hypothèse que l’on faisait chanter le Contrôleur général pour que celui-ci agisse de façon aussi déraisonnable. Je comprends maintenant que la CMQ sera à l’écoute dans le salon de tous mes collègues élus municipaux à la grandeur de la province pour s’assurer qu’aucun commentaire sarcastique ou aucune blague de mauvais goût n’est formulé.

Sachez que mon équipe est déjà complète, qu’elle représente la vigueur, la jeunesse et la diversité de mon arrondissement. Ces personnes ont accepté de se joindre à moi afin de se battre pour les citoyens de mon arrondissement afin que celui-ci obtienne finalement la part du budget et les services de proximité que son poids démographique justifie. J’entends continuer à travailler pour que mon arrondissement soit au service de ses citoyens et je ne ferai pas le dos rond devant des fonctionnaires qui ne supportent pas qu’on leur fixe des délais pour qu’ils exécutent leurs tâches.

* Lisez « Candidats aimant climats lourds recherchés »

Réplique de Mario Girard

Mme Montgomery,

Vous laissez sous-entendre que la démarche de la Commission municipale du Québec, chargée de se pencher sur l’aspect déontologique de votre comportement, est biaisée et manque de crédibilité. C’est votre droit. Pour ma part, j’ai vu dans les conclusions du juge administratif Alain R. Roy un travail rigoureux et juste. En ce qui a trait aux propos « sarcastiques » que vous avez tenus à votre résidence au sujet du contrôleur général de la Ville de Montréal, le document de la CMQ précise bien que cette rencontre rassemblait des élus de votre arrondissement. Vous affirmez que cette rencontre « avait pour objet de discuter des suites à donner à l’enquête interne ». Dans ce contexte, il me semble tout à fait normal que des témoins puissent rapporter devant le juge les commentaires qui les ont choqués.