En réponse au texte d’opinion de la présidente du Réseau FADOQ, Gisèle Tassé-Goodman, « Budget fédéral : les aînés ne décolèrent pas »*, publié le 7 mai

Deb Schulte
Deb Schulte Ministre des Aînés du Canada

Après que nous eûmes dévoilé le budget de 2021, nous avons proposé la première augmentation réelle de la Sécurité de la vieillesse en près d’un demi-siècle, hormis des rajustements réguliers pour tenir compte de l’inflation. Une lettre d’opinion dans la section Débats de La Presse d’un organisme d’aînés laissait entendre que le fait de cibler l’augmentation chez les aînés était injuste. C’est on ne peut plus faux, et en tant que ministre des Aînés, il est de mon devoir d’en expliquer les raisons.

Le budget a renforcé la sécurité financière des Canadiens plus tard dans leur vie grâce à deux mesures clés.

En août 2021, nous verserons un paiement unique de 500 $ directement aux aînés qui auront 75 ans ou plus à compter de juin 2022.

Puis, en juillet 2022, nous augmenterons de façon permanente la pension de la Sécurité de la vieillesse de 10 % pour les aînés de 75 ans et plus. Cela représente 766 $ au cours de la première année pour les retraités qui reçoivent la totalité des prestations.

L’augmentation cible les aînés plus âgés qui ont plus de difficultés financières. Malgré la lettre qui affirme que les aînés de tous âges doivent assumer les mêmes coûts, les faits indiquent le contraire.

En vieillissant, les aînés sont davantage sujets à des problèmes de santé. Leurs dépenses de soins de santé augmentent en raison de la maladie ou de l’invalidité : les dépenses de santé indépendantes moyennes des 80 ans et plus sont supérieures de plus de 700 $ par année à celles des 65 à 74 ans. En même temps, la plupart des aînés plus âgés ne peuvent plus augmenter leur revenu par un travail rémunéré. Peu de femmes aînées travaillent au-delà de 75 ans et celles qui travaillent ont un revenu médian de seulement 720 $ par année.

Alors que les couples vieillissent, le décès de l’un des conjoints peut exercer une anxiété additionnelle. Parmi les femmes du troisième âge, près de deux fois plus d’entre elles âgées de 75 ans et plus sont veuves. Par ailleurs, puisque les femmes vivent généralement plus longtemps que les hommes, de nombreuses femmes âgées sombrent dans la pauvreté après avoir perdu leur conjoint.

Conséquemment, il est plus difficile pour les aînés plus âgés de joindre les deux bouts. Voilà pourquoi beaucoup plus d’aînés d’un certain âge sont admissibles au Supplément de revenu garanti, qui soutient les aînés à faible revenu.

Et c’est la raison pour laquelle nous augmentons la Sécurité de la vieillesse pour les aînés plus âgés : cette augmentation aidera à combler les besoins supplémentaires plus tard dans la vie.

Des progrès par étape

Cela fait partie de notre plan pour renforcer la sécurité de la retraite de tous. Bien qu’il n’existe pas de solution unique qui réponde aux besoins de tous, nous faisons des progrès étape par étape.

Pour les aînés les plus jeunes, nous avons rétabli l’âge d’admissibilité à la Sécurité de la vieillesse à 65 ans après que les conservateurs de Harper l’eurent porté à 67 ans. Cela a remis des milliers de dollars à ceux qui étaient touchés.

Pour les aînés les plus vulnérables, nous avons augmenté le Supplément de revenu garanti de 10 % pour les célibataires, améliorant ainsi la sécurité financière de 900 000 aînés.

Nous investissons également 70 milliards de dollars dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement pour aider davantage de personnes à trouver un logement abordable.

Pour les futurs retraités, nous augmentons graduellement la prestation annuelle maximale du Régime de pensions du Canada de 50 %, un changement qui s’est traduit pareillement au sein du Régime de rentes du Québec. Changement qui facilite les épargnes pour une retraite.

Pour aider tout le monde, nous réduisons les impôts sur le revenu. Lorsque les réductions seront pleinement mises en œuvre en 2023, 4,3 millions d’aînés en bénéficieront, dont 465 000 dont l’impôt fédéral sur le revenu sera réduit à zéro. Chaque année, les célibataires économiseront près de 300 $ et les couples, près de 600 $.

Ensemble, ces changements renforcent notre filet de sécurité sociale.

Ces progrès ne peuvent être tenus pour acquis. Le chef conservateur Erin O’Toole a déclaré que le relèvement de l’âge d’admissibilité à la Sécurité de la vieillesse était une « modernisation ». Il a qualifié de « mascarade » le renforcement du Régime de pensions du Canada.

M. O’Toole suit la longue tradition des conservateurs qui s’opposent aux politiques qui renforcent la sécurité de la retraite de la classe moyenne et de tous ceux qui travaillent fort pour y arriver. C’est le gouvernement libéral qui a créé la Sécurité de la vieillesse, le Régime de pensions du Canada, les REER et le Supplément de revenu garanti – les piliers du système public de revenu de retraite du Canada.

Il y a encore du travail à faire, mais les aînés peuvent toujours compter sur les libéraux pour les écouter, comprendre leurs besoins et travailler fort pour y répondre.

* (Re)lisez « Budget fédéral : les aînés ne décolèrent pas »