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Les États-Unis de Zimmerman

Des gens ont manifesté ce week-end leur opposition... (Photo: Reuters)

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Des gens ont manifesté ce week-end leur opposition au verdict d'acquittement de Zimmerman à Los Angeles.

Photo: Reuters

André Pratte
La Presse

Après 16 heures de délibération, un jury a acquitté George Zimmerman, un homme de 29 ans accusé du meurtre d'un adolescent noir survenu en Floride l'an dernier. Cette affaire a fait resurgir de vieux démons de la société américaine, en particulier la méfiance séculaire entre Blancs et Noirs.

Les principaux faits n'ont pas été contestés. Dans la soirée du 26 février 2012, Zimmerman, leader d'une brigade de protection de quartier improvisée, aperçoit Trayvon Martin, 17 ans, marchant sous la pluie. Il croit avoir affaire à un voleur. Zimmerman est blanc, Martin est noir.

Zimmerman appelle le 911. On lui dit de ne pas suivre le "suspect". Il le fait tout de même.

C'est sur la suite des choses que les procureurs de l'État de la Floride et les avocats de Zimmerman se sont disputés la faveur des jurés. Selon l'accusation, Zimmerman était frustré de n'avoir pu entreprendre une carrière de policier. Convaincu que le jeune Noir était un cambrioleur, il l'a traqué puis abattu. Selon la défense, au lieu de rentrer chez lui après s'être rendu compte qu'il était suivi, Trayvon Martin a attendu Zimmerman et a sauté sur lui. Zimmerman aurait tiré parce qu'il craignait pour sa vie.

La grande majorité des juristes estime que les procureurs de l'État ont été incapables d'établir hors de tout doute raisonnable que Zimmerman était motivé par "la malveillance, la haine ou le dépit », comme l'exige l'accusation de meurtre au second degré. Du point de vue légal, le jury a probablement rendu le bon verdict. Mais celui-ci a suscité un vif mécontentement dans la communauté noire. Selon un de ses représentants, la conclusion du procès "confirme que le seul problème du nouveau Sud, c'est qu'il occupe la même époque et le même endroit que l'ancien Sud ».

Le procès, télévisé en direct, a été suivi par des millions d'Américains. La plupart avaient déjà fait leur lit, dans bien des cas selon la couleur de leur peau. Pour les Afro-Américains, Trayvon Martin n'aurait pas attiré les soupçons de Zimmerman si sa peau avait été pâle. Nul doute aussi, dans leur esprit, que Zimmerman aurait été condamné s'il avait été noir et Martin blanc. Au contraire, pour beaucoup d'Américains blancs, Zimmerman n'aurait même pas été accusé si les lobbies noirs n'avaient pas fait pression en ce sens.

Les circonstances de la mort de Trayvon Martin ont aussi alimenté l'interminable débat sur la possession des armes à feu aux États-Unis. Si George Zimmerman n'avait pas porté une arme, la bataille avec Martin se serait soldée par des blessures mineures pour chacun des deux hommes.

En bout de piste, la Justice a sans doute triomphé. Mais il est quand même triste que 147 ans après l'adoption du XIIIe amendement de la constitution américaine (célébrée par le film Lincoln) et quatre ans après l'élection du premier président noir du pays, la question raciale demeure aussi virulente aux États-Unis.

apratte@lapresse.ca




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