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Dites adieu à votre facteur

Au XXIe siècle, il n'y a pas de... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Au XXIe siècle, il n'y a pas de raison pour que l'État finance la livraison quotidienne du courrier à domicile.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

André Pratte
La Presse

Peut-on encore considérer la livraison du courrier à domicile comme un service essentiel? Non. C'est d'autant plus clair à la lecture du rapport publié cette semaine par le Conference Board, rapport commandé par Postes Canada.

Selon cette étude, la chute continue du volume de courrier plongera la société d'État dans un déficit annuel croissant, atteignant 1 milliard d'ici la fin de la décennie. La tendance est irréversible: le courriel et les médias sociaux ont remplacé les lettres; l'envoi et le paiement de factures se font de plus en plus par internet. Le magasinage en ligne entraîne une augmentation des livraisons de colis, mais les revenus ainsi générés sont loin de compenser les pertes du côté du courrier ordinaire.

La Société canadienne des postes a déjà fait beaucoup au fil des ans pour s'adapter au contexte changeant. Il lui faut maintenant franchir une autre étape.

Deux évolutions s'imposent d'emblée. D'abord, il faut mettre un terme à la livraison à domicile. Ce service coûte très cher et il n'est plus nécessaire. Déjà, 6 Canadiens sur 10 prennent leur courrier dans une boîte aux lettres centralisée ou communautaire, ou encore au bureau de poste. Les 5 millions de personnes (en région urbaine) qui reçoivent toujours leurs lettres à la maison ne souffriraient pas beaucoup d'avoir à le prendre dans une boîte communautaire. D'autant que cette dernière rend plus facile la récupération des colis.

L'élimination de la livraison à domicile permettrait à la Société canadienne des postes d'économiser quelque 500 millions par année si elle pouvait diminuer son personnel en conséquence. C'est évidemment une énorme «si»; le syndicat représentant les facteurs réagirait avec vigueur à une telle décision. Les négociations seraient ardues. Pourtant, les syndiqués devront un jour se rendre à l'évidence: au XXIe siècle, il n'y a pas de raison pour que l'État finance la livraison quotidienne du courrier à domicile.

Un autre changement pourrait être opéré rapidement: la hausse des tarifs. À 61 cents, le tarif pour une lettre standard est tellement bas que, selon un sondage, seulement 5% des Canadiens le connaissent. Pas étonnant quand on pense que presque la moitié des personnes envoient par la poste 2 articles ou moins par mois. Selon le Conference Board, une hausse du tarif de 10% par année pendant 7 ans rapporterait plus de 300 millions à Postes Canada. Pour la majorité des Canadiens, l'impact financier serait minuscule (moins de 3$ par an).

Postes Canada a annoncé le début d'une «conversation» avec les Canadiens sur les «changements fondamentaux» qu'elle devra apporter «pour ne pas devenir un fardeau pour les contribuables.» La Société s'attend, avec raison, à de vives résistances. Il lui faudra faire preuve de doigté et de pédagogie. Car ces changements sont absolument nécessaires.




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