Avec l'hystérie collective qu'une quatrième défaite de suite aurait suscitée, il fallait à tout prix que le Canadien gagne. Peu importe le score final, peu importe la façon dont il s'y prendrait, il devait freiner à trois sa séquence de revers. Le Tricolore peut donc dire mission accomplie.

François Gagnon LA PRESSE

Mais bien que la victoire apaisera les critiques et qu'elle a certainement permis à Michel Therrien de retrouver un brin de sommeil après des nuits blanches, l'entraîneur du Canadien n'a pas dû dormir sur ses deux oreilles.

Contrairement aux partisans qui ont quitté le Centre Bell soulagés et heureux, Therrien et ses adjoints ne peuvent s'être fait endormir par ce gain qui a bien plus des allures de mirage que des allures de triomphes. Le Canadien a évité le pire en première période. Mais le bruit des trois rondelles qui ont frappé les poteaux rappellera les bévues défensives qui ont ouvert la voie à ces occasions en or ratées par le Lightning.

Brian Gionta a profité d'une attaque massive pour marquer le but gagnant et propulser le Canadien vers la victoire avec 47 secondes à faire en troisième. Pas question de nier ça. Mais c'était le premier but après cinq attaques massives décevantes. Presque désolantes. Surtout que le Canadien a obtenu quatre supériorités numériques en troisième période. Quatre! Dont trois dans les 10 dernières minutes de jeu.

Et que dire de Carey Price?

Après avoir été conspué lors de ses dernières sorties, il a entendu les partisans scander son nom à quelques reprises hier. Il a même récolté la deuxième étoile à la suite du vote populaire des partisans. Mais à l'image de la rencontre, les 32 arrêts de Price comptent plus que la façon dont ils ont été réalisés. Car contrairement à son habitude, Price a exagéré ses déplacements. On l'a vu plus souvent en déséquilibre, hors position, presque sorti du jeu, plutôt que bien campé devant son but en s'offrant en cible. Ça donne des arrêts spectaculaires. Ça soulève des ho! et des ha! et des hourras! mais ce n'est pas le genre de match qu'un professeur et son élève célèbrent.

Si le Canadien avait perdu hier, et Dieu sait qu'avec les nombreuses bévues défensives dont il s'est rendu coupable il aurait pu perdre, toutes les sources de réjouissances de ce matin seraient de sources d'inquiétudes. Mais il a gagné. Tant mieux pour lui. Tant mieux pour ses partisans. Tant mieux pour Therrien, qui aura maintenant la tâche délicate de trouver le bon équilibre pour rappeler ses joueurs à l'ordre sans trop diminuer la portée de leur victoire.