Il s'agit peut-être d'une première, mais les trois clubs professionnels de Montréal ont un nouvel entraîneur-chef.

Mis à jour le 7 mars 2013
Ronald King LA PRESSE

Les Alouettes ont complété le tableau mardi en embauchant un certain Dan Hawkins; l'Impact, qui s'approche à grands pas, semble bien se développer sous la direction du Suisse Marco Shällibaum, et nous voyons déjà à l'oeuvre l'étonnant Michel Therrien. Un Therrien new look, qui ne se fâche pas et qui aligne sur la patinoire une équipe très bien structurée en défense, la marque d'un bon entraîneur.

Il faut dire qu'il profite de quelques surprises. De vétérans remis de blessures qui retrouvent leur efficacité, de quelques nouveaux joueurs à la couenne plus dure - Francis Bouillon est toujours utile dans plusieurs phases du jeu -, et de tous jeunes hockeyeurs de premier plan.

Marc Bergevin semble avoir choisi le bon homme et il est difficile de dire si c'est lui ou Therrien, ou les deux, qui a rompu avec cette agaçante tradition montréalaise de ne pas utiliser des joueurs de moins de 20 ans.

En tous cas, c'était bien vu et nous avons, nous aussi, la chance de voir une superstar en devenir, ce qui ne s'est pas produit depuis... on a chacun sa petite idée là-dessus...

À la Berlusconi

En Ligue des Champions, l'AC Milan affrontait hier le FC Barcelone, peut-être le meilleur club du monde, et le propriétaire du club italien, Silvio Berlusconi a donné, avant le match, ses conseils tactiques aux entraîneurs. On le sait parce que Berlusconi les transmet aux médias aussi, ses médias, au cas où l'on aurait oublié qui est le patron.

Une connaissance qui connaît bien le football international m'a expliqué qu'en Italie, il est normal que le propriétaire d'un club se mêle de tactique et de choix de joueurs. Publiquement.

Ça nous en dit un peu plus long sur le fonctionnement de notre équipe, l'Impact de Joey Saputo.

Et en Suisse?

Jusqu'ici, tout va plus que bien. Reste à voir la suite.

Quant à Dan Hawkins, qui a fait bonne impression sur les joueurs des Alouettes et les médias présents à sa conférence de presse, il semble du genre beau parleur.

Nous rêvons tous, depuis que le Québec est devenu un pays de football, à une direction qui compterait plusieurs Québécois, les Vercheval, Dussault, Bolduc, Constantin, Maciocia... Ça viendra peut-être un jour.

Des bons vendeurs américains, j'en ai connu, dont un certain Joe Galat, qui aurait pu vendre n'importe quoi à n'importe qui, mais dont l'équipe, le Concorde de Montréal, encaissait défaite par-dessus défaite humiliante.

Hawkins aura beau être charmant, dire deux ou trois mots de français, il doit absolument gagner. Parce que des Alouettes qui perdent auraient de sérieux problèmes à garder la tête hors de l'eau.

Aux dernières nouvelles, Joe Galat dirigeait une maison de retraités.

Les frères ennemis

Il n'y a pas si longtemps, nos deux champions de boxe, Jean Pascal et Lucian Bute, levaient le nez l'un sur l'autre. Ils avaient d'autres projets, ils étaient occupés ailleurs...

Un combat Bute-Pascal, qui n'intéresserait que le Québec, était prévu pour leur fin de carrière, pour un dernier coup d'argent.

Maintenant ils veulent s'affronter et ça presse. Pas sûr que la télé américaine achèterait aussi vite qu'on veut bien nous le faire croire.

Jean Pascal affrontera d'abord Chad Dawson et quelque chose me dit qu'il n'est pas certain du résultat, loin de là. Sa victoire contre l'excellent boxeur américain avait été discutable.

Bute aimerait bien un combat revanche contre Carl Froch, mais ce dernier veut surtout gagner des sous, beaucoup de sous, avant de se retirer. Pas sûr que le nom de Bute soit encore vendeur au niveau international, où se trouvent les grosses soirées de paye. Bref, Bute n'est pas dans les priorités de Froch.

Le perdant d'un affrontement Bute-Pascal serait probablement poussé à la retraite ou quelque chose du genre, puisqu'en boxe, on peut toujours tourner les coins ronds. Ça fait partie de la culture de ce sport particulier.

Il reste que le buzz à Montréal serait très excitant. Pascal a déjà exigé un test antidopage pour Bute. Ça promet.

Bonne tête disponible...

Mathieu Darche a finalement pris la douloureuse et ultime décision, celle qui fait mal, mais qui s'impose.

Le voici sur le marché du travail, à la recherche d'une nouvelle carrière. Je l'ai rencontré lors d'un événement mondain pendant le lock-out et il avait été clair: «J'aimerais travailler dans le monde du hockey, mais pas comme entraîneur. Ça non!»

Mathieu Darche, donc, diplômé en administration de sports à McGill, une expérience de joueur, de négociateur syndical respecté des deux côtés de la clôture, des contacts à travers la LNH... Une bonne tête disponible.

Souhaitons que ce soit à Montréal.

Ou à Québec.