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Les Américains et leurs fusils: une histoire d'amour.

PHOTO TIM GAYNOR, ARCHIVES REUTERS

Mario Roy
La Presse

C'est une bataille qui, si elle doit être gagnée, le sera à petits pas. Il s'agit de celle du contrôle des armes à feu aux États-Unis, une lutte consistant autant à vaincre la National Rifle Association qu'à échapper au poids d'une culture des armes solidement ancrée.

Hier, 33 jours après le massacre des enfants de Newtown, Barack Obama, flanqué du vice-président Joe Biden qui a piloté le dossier, a rendu publiques les initiatives qu'il propose en cette matière.

Ces 23 mesures réglementaires n'étonnent pas. Elles vont de la remise en place de l'interdiction des armes d'assaut qui a existé entre 1994 et 2004 à celle des chargeurs de plus de dix balles. S'ajoutent la vérification obligatoire des antécédents des acheteurs d'armes (actuellement, 40% y échappent) ainsi que des mesures en matière de santé mentale et de trafic d'armes.

***

Ce sont les deux chambres du Congrès qui devront maintenant se prononcer sur la plupart de ces résolutions. Ce ne sera pas simple, a reconnu le président. Et on peut se demander si les États, qui peuvent se doter à loisir de réglementations plus ou moins strictes en ce domaine (New York, par exemple, vient de serrer la vis) ne devraient pas s'impliquer davantage.

Or, voilà où le bât blesse: les États, tout comme le Congrès, ne peuvent être émus que par l'opinion publique.

Certes, il y a les bonzes de la NRA. Et, depuis Newtown, ils semblent avoir perdu la boule. Après avoir suggéré l'embauche de gardiens armés dans toutes les écoles et fabriqué un jeu de tir virtuel pour les marmots de quatre ans, ils viennent de mettre en ondes une publicité qui dit: les enfants de Barack Obama ont des gardes armés, pourquoi pas les vôtres? Répugnant.

Mais il y a autre chose.

D'abord, la corrélation entre la sévérité de la réglementation sur les armes et le taux d'homicide qui y est relié n'est pas toujours évidente. En témoigne Chicago, où les armes pullulent et les homicides atteignent un nombre record, alors que l'Illinois est relativement sévère en matière d'armes à feu.

Ensuite et surtout, phénomène qui demeurera toujours mystérieux à nos yeux, les Américains sont en amour avec leurs fusils.

Bien qu'il y ait eu au moins 61 tueries de masse en 30 ans, la population se montre toujours plus attachée à la gâchette et au Second amendement. Si, en 1991, 78% des citoyens désiraient une législation plus stricte, ils n'étaient plus que 44% en 2011 (Gallup). Et il a fallu l'horreur intégrale de Newtown pour relever cet appui à un niveau se situant entre 49 et 55% (Pew Research et CNN/Time/ORC). Encore cela peut-il fort bien être éphémère: la NRA affirme avoir enrôlé 100 000 nouveaux membres depuis un mois et des armuriers sont en rupture de stock...

Hier, le président Obama a dit: «La seule façon d'arriver à un changement, c'est que le peuple américain le demande». Ce n'est pas une formule creuse, hélas, mais la stricte et dure réalité.




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