Martin Brodeur amorcera sa cinquième finale de la Coupe Stanley mercredi prochain alors que les Kings de Los Angeles débarqueront au Prudential Center. Un amphithéâtre que le gardien québécois a contribué à bâtir et à faire vibrer avec ses performances et les trois coupes Stanley qu'il a rapatriées au New Jersey.

François Gagnon LA PRESSE

Et bien qu'il affiche une forme semblable à celle qui lui a permis de soulever ses trois coupes Stanley - en 1995, en 2000 et en 2003 - Brodeur vient quand même de célébrer ses 40 ans.

Remarquez que c'est loin de l'avoir ralenti. Car depuis ce 40e anniversaire qu'il a salué avec une victoire aux dépens des Flyers, Brodeur affiche un dossier de six gains en huit matchs. Ce faisant, il a éliminé Philadelphie et a réécrit l'histoire en éclipsant les Rangers de New York en finale de l'Est.

Bien que Martin Brodeur ait les yeux rivés sur les quatre victoires qui le séparent de la Coupe Stanley, le gardien québécois ne s'est pas défilé devant la question que plusieurs amateurs se posent : serait-il tenté d'annoncer sa retraite en pleine gloire dans l'éventualité d'une quatrième conquête de la Coupe Stanley?

«Tu me poses la question ce soir et ma réponse est non», a répondu Brodeur à une question posée par mon collègue Jean-François Chaumont tard vendredi soir.

Comme il le fait depuis le début des séries, Brodeur s'est arrêté pour échanger avec les journalistes venus du Québec après avoir complété la conférence officielle de la LNH en compagnie de son capitaine Zach Parise et du héros de la rencontre Adam Henrique qui a inscrit le but de la victoire après 63 secondes seulement d'écoulées en prolongation.

Au cours de ce point de presse, Brodeur a une fois encore insisté sur le plaisir qu'il éprouvait encore à enfiler les jambières autant pour les matchs, que pour les entraînements.

«J'ai vraiment retrouvé le plaisir de jouer cette année. Et ça dépasse le simple fait que nous ayons gagné plus souvent après la saison difficile de l'an dernier alors qu'on a raté les séries pour la première fois de ma carrière. Ça dépasse le fait que nous soyons maintenant en finale de la coupe. C'est le groupe de gars autour de moi, c'est l'atmosphère de travail, c'est le groupe d'entraîneurs. Il y a une série de facteurs qui font que j'ai eu du plaisir cette année. Est-ce que je pourrais y penser? Je ne sais pas. Peut-être. Mais on vient de sortir New York. La finale n'est pas commencée. Je n'ai pas vraiment la retraite en tête en ce moment.», a lancé Brodeur.

Un premier Conn Smythe

Autre facteur qui milite en faveur d'un retour au jeu de Brodeur l'an prochain : l'absence totale de pression.

Le gardien des Devils a déjà trois coupes Stanley. S'il va en soulève une quatrième, il pourrait ajouter cette année un premier trophée Conn Smythe. Car lors des trois premières conquêtes des Devils, Claude Lemieux (1995), Scott Stevens (2000) et son rival Jean-Sébastien Giguère (2003) alors que les Mighty Ducks d'Anaheim ont reçu le titre de joueur le plus utile des séries.

Un titre qui pourrait revenir à Brodeur cette année si l'on considère la qualité de ses performances et surtout le fait qu'il sache se dresser lors des situations cruciales comme il l'a fait en troisième période vendredi avec huit arrêts, dont trois très solides.

«Quand je suis sorti du vestiaire pour revenir sur la glace en troisième, j'ai abordé la période comme si nous étions déjà en prolongation. C'était 2-2, le jeu était très serré et je me disais que même si le match n'arrêtait pas dès le premier but marqué, qu'un seul but ferait la différence», a expliqué Brodeur après la rencontre.

Ilya Kovalchuk qui domine la LNH depuis le début des séries avec ses 11 passes et 18 points - il est deuxième avec sept buts, un de moins que Claude Giroux qu'il dépassera sans doute en finale - serait un autre candidat logique pour les Devils.

Et si les Kings l'emportent, ce serait une injustice que Jonathan Quick soit écarté au profit de l'un ou l'autre de ses coéquipiers. Même son capitaine Dustin Brown...

De fait, Quick pourrait jouer le même tour à Brodeur que Jean-Sébatien Giguère en 2003 dans l'éventualité d'une victoire des Devils.

Mais plus encore que Kovalchuk, Martin Brodeur occupe une place de choix dans le vestiaire des Devils.

«Martin est l'épine dorsale de cette équipe. Il l'a été durant toute la saison il l'est encore en séries. Ça dépasse le simple cadre des arrêts et des victoires. C'est ce qu'il dégage au sein du vestiaire, sa personnalité, son calme qui font que les autres joueurs suivent son exemple», a commenté l'entraîneur-chef Peter DeBoer lorsqu'on lui a demandé de qualifier et de quantifier l'importance de Martin Brodeur au sein de son équipe.

«Le plus beau de l'affaire, c'est que tout me semble plus facile aujourd'hui que lors des trois premières finales. Je ne ressens aucune pression. J'ai trois coupes. Si je gagne tant mieux. Si je perds, je perdrai. J'ai une très bonne équipe devant moi, je n'ai qu'à me préoccuper d'effectuer des arrêts de temps en temps. Et ça, je suis capable de le faire», a conclu Brodeur.

Pendant que les fans de Devils célèbrent encore samedi matin la victoire de leurs favoris aux dépens des ennemis de Manhattan qui sont en vacances, Martin Brodeur s'offrira quelques rondes de golf afin de se changer les idées et de relaxer un peu.

Les Devils reprendront l'entraînement lundi.

La journée de mardi sera consacrée aux rencontres des joueurs des deux équipes avec les journalistes qui convergeront que New York pour couvrir la grande finale.

I love New York

À noter que même si ce sont les Devils et non les Rangers qui sont les représentants de l'Association Est, c'est à Manhattan que la LNH a décidé d'établir son quartier général.

Difficile pour les Devils de rouspéter, car Newark et ses banlieues ne sont pas équipées d'hôtels susceptibles d'accueillir les journalistes et membres des équipes de production des diffuseurs qui sont attendus en début de semaine.

Et loger à Time Square a un petit quelque chose que Newark n'a pas... Mettons!

Sur la rive ouest du fleuve Hudson, Hoboken, le secret le mieux gardé du grand New York - on a l'impression de débarquer en plein Mile End pour dresser une comparaison avec Montréal ou sur la rue Cartier en ce qui a trait à Québec. Je vais m'en remettre à Fred Pellerin pour dresser la comparaison pour St-Élie-de-Caxton - n'a rien à envier aux plus beaux quartiers de New York, mais l'hôtel W n'a pas assez de chambres pour répondre à la demande...

Tout ça pour dire que ça commence mardi à New York pour les activités médiatiques, mercredi, au New Jersey, pour le hockey.

Tous les matchs seront disputés à 20 h et des poussières selon la durée de l'hymne national américain, des cérémonies d'avant-match et des petits caprices des télédiffuseurs...

Et pendant que nous nous arracherons les cheveux - ou ce qui en reste - après les matchs pour courir aux vestiaires et tenter de glisser quelques commentaires dans nos comptes rendus de parties, nos collègues de la Californie nous regarderont en riant...

Mais ça, c'est une autre histoire...

Je rentre à la maison pour la fin de semaine.

On reconnecte plus tard...