Sidney Crosby et les Penguins de Pittsburgh ont fait le tour de la planète hockey pour dénicher le ou la spécialiste qui débarrassera la jeune vedette des contrecoups d'une commotion cérébrale qui le contraint à l'inactivité depuis janvier dernier. Des contrecoups qui retarderont son début de saison. Qui pourraient la compromettre.

Mis à jour le 13 sept. 2011
François Gagnon LA PRESSE

Crosby et les Penguins devraient repasser par Montréal. Pourquoi? Parce que Maxime Gauthier, un physiothérapeute sportif comptant entre autres Vincent Lecavalier, Simon Gagné, Maxime Talbot et Matthew Lombardi sur sa liste de patients aurait des solutions à proposer. Des solutions qui ont remis Gagné et Lombardi sur pieds d'abord et sur patins ensuite après de trop longs séjours plongés dans le trou noir d'une commotion cérébrale.

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«Comme Simon et Matthew, il est clair que Sidney Crosby a été victime d'une commotion. Mais après trois, six, huit mois, la commotion peut être remplacée par des dysfonctions cervicogéniques qui, si elles ne sont pas traitées, empêchent le rétablissement des athlètes à 85% ou 90% et le laissent avec des troubles de la vision, de l'équilibre et des maux de tête. Des symptômes qui ressemblent à ceux normalement associés à une commotion», indique Gauthier.

Gagné: deux fois plutôt qu'une

Physiothérapeute personnel de Vincent Lecavalier, Maxime Gauthier a croisé Simon Gagné au domicile de son patient à Tampa. Gagné souffrait alors de symptômes de commotion qui l'ont gardé à l'écart de la patinoire pendant 16 matchs.

Un examen a permis au spécialiste en thérapie manuelle orthopédique de déterminer que les ennuis de Gagné n'étaient pas attribuables à la commotion proprement dite, mais aux dérèglements des signaux transmis par les nerfs cervicaux.

«Avec l'approbation des médecins de l'équipe, on s'est attaqué à l'inflammation de ces nerfs. On l'a traité de deux façons: avec des manipulations et des médicaments - Tramacet au Canada et Tramadol aux États-Unis - et Simon est revenu au jeu quelques jours plus tard», raconte Gauthier en insistant sur le fait qu'il a inscrit le but gagnant dans une victoire du Lightning aux dépens des Maple Leafs.

Au printemps, lorsque Gagné s'est retrouvé la tête la première sur la patinoire après une mise en échec de Scott Hannan qui a fait craindre le pire pour le hockeyeur de Sainte-Foy, les mêmes traitements ont été prodigués. Gagné n'est pas revenu au jeu contre Washington en deuxième ronde des séries. Mais il a rejoint ses coéquipiers dès la série suivante, en finale de l'Est contre Boston.

Échangé des Predators de Nashville aux Maple Leafs de Toronto à la date limite des transactions le printemps dernier, Matthew Lombardi n'a disputé que deux matchs la saison dernière. Mais Gauthier pense bien le revoir dans l'action avant les Fêtes.

Un «ti-cul» de Chicoutimi

Tout ça est bien beau. Mais comment et pourquoi les membres d'une équipe médicale d'une formation de la LNH pourraient fermer les yeux sur un diagnostic qu'un frêle et un brin timide physiothérapeute aux petites lunettes rondes sorti d'une de ses cliniques à Montréal propose en quelques minutes en ajoutant la solution clinique?

«Parce que les équipes ne regardent pas au bon endroit et aussi parce que les athlètes expriment parfois bien mal ce qu'ils ressentent. J'ai été accueilli avec des gros yeux à Tampa et à Toronto. Les médecins me regardaient comme le «ti-cul» qui est sorti de Chicoutimi pour aller faire neuf années d'étude au Québec, au Canada et aux États-Unis. Mais après m'avoir donné la possibilité de m'expliquer, ils ont réalisé que je les amenais sur un sentier différent et que ce que je proposais avait beaucoup de sens. Je ne sais pas si Sidney Crosby présente les mêmes symptômes que Simon et Matthew. Mais si c'est le cas, il y a des solutions disponibles et elles fonctionnent. C'est ça que j'aimerais leur dire», ajoute Gauthier.

Protocole clair et sévère

Si les expériences positives dont ont profité, et profitent encore, Simon Gagné et Matthew Lombardi pouvaient ramener Sidney Crosby sur les patinoires de la LNH, les Penguins, leurs partisans et le hockey en général ne s'en porteraient que mieux.

Ces expériences traduisent aussi une autre réalité: combien de joueurs ont prolongé indûment leur période d'inactivité parce qu'ils se croyaient victimes d'une commotion dont seuls le temps et le repos viendraient à bout?

Combien d'autres se sont retrouvés sans contrat de travail parce qu'ils avaient l'étiquette «attention fragile» accrochée au chandail en raison de commotions qui n'en étaient peut-être pas?

Maxime Gauthier n'a pas de réponse à offrir. D'où l'importance pour la LNH d'imiter la NFL en adoptant des protocoles beaucoup plus sévères pour s'assurer qu'un joueur victime d'une commotion ne soit pas exposé à des dangers exponentiels dès le match suivant.

«Je ne sais pas ce dont souffre Sidney Crosby aujourd'hui. Mais il est clair qu'à la base, il a subi une commotion. Je me demande encore comment il est possible qu'il soit revenu sur la patinoire dès le match qui a suivi la partie en plein air contre Washington au cours de laquelle il a été blessé. S'il y avait eu un protocole clair et strict, il n'aurait pas disputé ce match et on ne chercherait peut-être pas une solution huit mois plus tard...»

Photo: AP

Sidney Crosby et le DG des Penguins de Pittsburgh, Ray Shero, auraient peut-être intérêt à prendre rendez-vous avec le physiothérapeute sportif Maxime Gauthier qui aurait des solutions à leur proposer pour la guérison du joueur vedette de la LNH.