Cette fois, le Canadien a bien travaillé, avec un jeu de position impeccable, beaucoup de discipline, beaucoup d'énergie, beaucoup plus que les Capitals de Washington.

Ronald King LA PRESSE

Les p'tits gars ont bloqué des tonnes de lancers, ils ont sacrifié leurs os pour la cause. C'est ainsi qu'une équipe arrive à battre un adversaire plus fort. Une équipe...

Il y a des héros inattendus dans cette série: Hal Gill, Josh Gorges, Brian Gionta - un petit qui joue comme un gros -, Andrei Markov, qui a passé plus de temps sur la glace que tous les joueurs des deux équipes et, bien sûr, Jaroslav Halak.

Mais il faut ajouter Jacques Martin et ses adjoints, dont Kirk Muller qui avait autant d'énergie que ses joueurs. Leur plan de match ne laissait que très peu d'espace aux Capitals qui ont obtenu peu de bonnes chances de marquer.

Quant à Alex Ovechkin, s'il a plus de talent physique que tous les joueurs de la LNH, il n'est pas le plus intelligent. Il était très prévisible dans ce match et le Canadien l'attendait de pied ferme. Facile.

L'analyste Pierre McGuire, de TSN, a eu cette belle formule: la défense du Canadien plie, mais elle ne rompt pas.

Enfin, nous avons de quoi nous crêper le chignon pour quelque temps: le but d'Ovechkin était-il bon?

La fin pour José

En choisissant Semyon Varlamov pour ce septième match, l'entraîneur Bruce Boudreau a signifié à José Théodore que ses jours étaient comptés à Washington. Joueur autonome sans compensation à la fin de la saison, Théodore devra se chercher un emploi ailleurs.

Pourtant, Varlamov, à mon avis, a été faible sur deux buts du Canadien lundi dernier, particulièrement sur celui de Maxim Lapierre.

Théodore aura raté une belle occasion de réaliser un retour triomphal dans sa ville natale, de rappeler à son ancienne organisation qu'il l'avait déjà bien servie avant d'être chassé de la ville.

Du côté technique, les gardiens de petite taille qui se fient à leurs réflexes auront de plus en plus de mal dans la Ligue nationale où le jeu est de plus en plus rapide et robuste. Les gardiens qui ont du succès favorisent une bonne position en espérant que la rondelle les atteigne. Plus ils sont grands, plus ils couvrent d'espace.

Je ne suis pas certain que Théodore pourra dénicher un poste de numéro un et un contrat à long terme dans une autre organisation.

Quel aurait été votre choix de gardien pour les Capitals?

On n'avait qu'à se promener en ville hier et d'en parler avec des connaissances. (Vous n'aviez pas tellement le choix, on ne parle que du Canadien ces jours-ci. Et si vous avez le malheur d'être journaliste sportif, on ne vous parle certainement pas de vos crocus.)

Un vieux copain, ancien porte-couleur des Saguenéens de Chicoutimi, croisé sur le trottoir hier: «Si les Capitals envoient Théodore devant le but, le Canadien va gagner...»

Pauvre Théo...

Le sang-froid de Jacques Martin

Quel que soit le dénouement de la saison du CH, je ne comprendrai jamais comment on peut blâmer Jacques Martin pour quoi que ce soit. On ne lui a pas donné le Canadien des années 1970. (Même si les acquisitions de Bob Gainey doivent maintenant être revues à la hausse, n'est-ce pas, les gars? Pour être honnêtes.)

Qu'est-ce qu'on peut reprocher à Martin? D'être drabe? De ne pas montrer ses émotions? De ne jamais faire de déclarations fracassantes? Souvenez-vous de Mario Tremblay derrière le banc... Et souvenez-vous des résultats.

On demande à un coach de garder son sang-froid en tout temps. On n'est pas au zoo de Granby. Quoique... des fois...