Quand il est question du mont Royal, les même «agresseurs» reviennent systématiquement dans les discours: les promoteurs de condos, le stade Percival-Molson, l'hôpital Royal-Victoria, etc.

Mis à jour le 11 sept. 2009
François Cardinal
François Cardinal LA PRESSE

Curieusement, on ne cible que très rarement celle qui, plus que quiconque, défigure la montagne, nuit à une expérience paisible de celle-ci et dénature complètement la vision de l'architecte paysagiste Frederick Law Olmsted: l'autoroute Camilien-Houde. Simple passage permettant aux automobiles de se rendre au sommet de la montagne, cette immense balafre qui entaille le mont Royal est devenue avec le temps une véritable voie de transit autoroutière, aidée par le fait qu'on n'y rencontre qu'un minuscule «stop» qui ne remplit plus sa mission.

Les comptages menés par la Ville en 2007 confirment le changement de vocation de cette voie : 45 % des automobiles qui l'empruntent la semaine, le font à l'heure de pointe. On ne parle pas ici d'amateurs de pique-nique qui souhaitent communier avec les écureuils...

Qui sera surpris d'apprendre que les plans originaux d'Olmsted, en 1876, ne contenaient pas de voie de transit? Au contraire même. Le père de l'architecture de paysages en Amérique du Nord souhaitait plutôt s'attaquer aux maux liés à l'urbanisation, permettre aux Montréalais de profiter de la «fonction thérapeutique» des paysages naturels.

La bonne nouvelle, a appris La Presse, c'est que la Ville vient de débloquer deux millions de dollars pour faire disparaître une bonne portion de l'autoroute du Mont-Royal.

D'ici quelques mois, on interdira la circulation sur les deux voies de circulation qui permettent de relier Côte-des-Neiges au haut de la montagne, en passant par le Lac aux castors. Elles seront entièrement dédiées aux vélos et aux piétons. Les automobilistes qui montent et descendent devront ainsi se partager le tronçon restant, c'est-à-dire la voie qui coure le long des cimetières. On passera ainsi de quatre à deux voies.

C'est une bonne nouvelle, estime la présidente des Amis de la montagne, Sylvie Guilbeault, même s'il reste encore beaucoup à faire pour réduire l'omniprésence de l'auto dans le parc.

«Le constat principal, reconnaît d'ailleurs la Ville dans son plan de transport intégré du mont Royal, est que l'espace dédié à l'automobile est prédominant.»

L'administration prévoit donc, éventuellement, s'attaquer aux mers d'asphaltes (souvent inutilisées) qui érodent la montagne, réaménager les entrées du parc au profit des marcheurs et des cyclistes et améliorer la desserte en transport en commun, plus que déficiente.

Tout cela est bien beau, mais à terme, les automobiles continueront de circuler d'un bord à l'autre de la montagne...

Voilà pourquoi le Conseil régional de l'environnement avait proposé, lors des consultations sur l'avenir du mont Royal, que l'on érige une barrière physique au point culminant de Camilien-Houde, afin d'interdire le transit sur la montagne.

L'objectif de la Ville est de permettre aux autos de se rendre aux différents stationnements, pour que tous aient accès à la montagne? Soit, mais faisons en sorte que celles-ci montent et redescendant sur le même versant.

Une idée à approfondir. D'autant qu'Olmsted invitait à une lente découverte de la montagne du bas vers le haut, non pas d'un bord à l'autre, à toute vitesse.

2 crises, 1 écotaxe

Pour renflouer la Régie des rentes, rien ne serait plus approprié que l'imposition d'une écotaxe, estime le Groupe de recherche appliquée en macroécologie (GRAME), un groupe indépendant de chercheurs québécois. Dans le contexte de la réflexion collective entamée par l'Assemblée nationale pour s'assurer que la Régie des rentes puisse répondre aux besoins des futurs retraités québécois, le GRAME propose d'emboîter le pas à la France et à la Colombie-Britannique, qui entendent taxer les émissions de carbone. Cela aurait un double effet: diminuer les gaz à effet de serre et remplacer partiellement les cotisations sociales destinées à financer les régimes de retraite québécois, comme cela se fait déjà en Allemagne.

Photothèque La Presse

Des rues nues à Londres

Vous pensez que la signalisation assure la sécurité des automobilistes, piétons et cyclistes? C'est plutôt l'inverse, selon Hans Monderman, un ingénieur néerlandais dont les idées font de plus en plus d'adeptes. Considérant que la signalisation monopolise l'attention des automobilistes, qui ignorent par conséquent piétons et cyclistes, il préconise l'élimination des panneaux, des feux de circulation et  même, des lignes sur le sol, ce qu'il appelle des Naked Streets. L'idée, cependant, n'a été testé que dans de petites bourgades... jusqu'à maintenant. Londres vient d'annoncer  l'élimination d'une centaine de feux de circulation dans le cadre d'un vaste projet pilote. Les résultats seront certainement... éclairants.

Photo archives AP

Copenhague, un échec?

Le 1er septembre dernier, suite à une rencontre éditoriale avec le ministre Jim Prentice, La Presse titrait «En route vers un échec à Copenhague» et The Gazette, «Le ministre optimiste quant à la réussite de la Conférence.» Deux entrevues, deux angles... Donc on nourrit de l'espoir en vue du sommet qui doit donner une suite à Kyoto? De moins en moins, selon Londres. Comme le Canada, la Grande-Bretagne estime qu'il y a «un danger réel», selon les mots du ministre des Affaires étrangères, David Miliband, que les négociations entre les pays riches et en développement n'aboutissent pas avant la conférence de décembre.

Photo archives La Presse