La nouvelle campagne d'image de la Société de transport de Montréal laisse sceptique. Avec ses accents vaguement ésotériques, Mouvement collectif évoque une nouvelle Église ou encore, une secte.

Nathalie Collard
Nathalie Collard LA PRESSE

Les affiches placardées dans le métro ainsi que le site internet rappelle l'esthétique d'une émission pour enfants. À qui s'adresse-t-on au juste? Aux gens qui utilisent déjà les transports collectifs pour les conforter dans leur décision? Si c'est le cas, ces abonnés apprécieraient sans doute davantage un service encore plus efficace, des installations nickel et des équipements ultramodernes.

 

S'adresse-t-on plutôt aux navetteurs invétérés qui prennent leur voiture parce qu'elle est plus confortable? Si c'est le cas, ce ne sont pas les fleurs accompagnées de quelques données sur l'environnement qui vont les convaincre de laisser leur véhicule à la maison. La STM aurait plus de succès en offrant un service d'autobus ultra-rapide ou un métro climatisé. Actuellement, à l'heure de pointe, les wagons de métro sont bondés, les lignes de bus principales aussi. Ne devrait-on pas améliorer le service avant d'inviter plus de gens à l'utiliser?

À sa décharge, il faut dire que la tâche confiée au nouveau président de la STM, Michel Labrecque, n'est pas aisée. L'ancien président du festival Montréal en lumières avait sans doute plus de facilité à convaincre un chanteur de donner un spectacle à l'extérieur au mois de février que de convaincre un banlieusard de laisser son auto dans le 450.

Michel Labrecque a repris les rênes d'une société sclérosée qui n'a pas beaucoup flirté avec l'innovation au cours des dernières années. Le défi est d'autant plus immense que la Ville a demandé à la STM de couper 36 millions de dollars de son budget. Dans un tel contexte, comment améliorer la qualité des services? Il faudrait que le maire de Montréal reprenne son bâton de pèlerin pour aller convaincre Québec de dédier un fonds au transport collectif. Autant croire aux miracles...

Le plus dommage dans tout cela, c'est que Michel Labrecque, conseiller dans l'arrondissement Plateau Mont-Royal, songe à quitter la vie politique. Espérons qu'il ne mettra pas ses menaces à exécution. M. Labrecque est un des trop rares candidats d'envergure sur la scène municipale. Montréal a tellement besoin de leaders comme lui pour sortir de son marasme! D'autant plus qu'on aimerait voir ce que cet adepte du cocktail transport réussirait à faire de la STM. Mais pour ça, il faut du temps. Ne partez pas, M. Labrecque!