Fin de saison politique, ça sent déjà les vacances à Ottawa et Québec.

Vincent Marissal LA PRESSE

Après une fin 2008 hyperactive dans les deux capitales, le printemps aura été plutôt pépère. Il se passe beaucoup de choses, mais rien de crucial. En politique, l'hibernation se fait en été.

Nous y sommes donc, entre deux élections à Ottawa, et près de l'anniversaire des six mois de Jean Charest III à Québec.

 

Parlant de Jean Charest, son parti tiendra un conseil général cette fin de semaine à Laval, un événement que les autorités du PLQ veulent calme et harmonieux. Ils veulent parler de développement énergétique, une filière qui a réussi jadis à Robert Bourassa. Bref, un petit happening sans histoire comme les aiment les partis au pouvoir.

Personne n'en parlera ouvertement dans les corridors du Sheraton Laval, mais plusieurs libéraux se demandent tout de même combien de conseils généraux se tapera encore Jean Charest.

Des sources au sein du PLQ m'ont confié récemment que la question de la succession de Jean Charest fait beaucoup jaser au sein des instances du parti et que certains se préparent même pour du mouvement en 2010.

J'avais, il y a quelques semaines, évoqué les noms de Raymond Bachand, Line Beauchamp et Jean-Marc Fournier. Des militants libéraux se sont empressés de rajouter le nom de Nathalie Normandeau à ma courte liste. Avec raison. La vice-première ministre peut compter sur de solides appuis, notamment chez les jeunes et les femmes du PLQ.

De plus, j'ai appris depuis que Daniel Johnson (eh oui, Daniel Johnson) nourrit toujours quelque ambition secrète de retour. En fait, pas si secrète que ça puisqu'il a approché la Commission-Jeunesse du PLQ pour tâter le terrain il y a quelque temps et que certains de ses partisans ont mis des lignes à l'eau. Juste au cas...

Petits moyens, petite campagne

Cible privilégiée des conservateurs dans une nouvelle série de publicités négatives, le chef libéral Michael Ignatieff a modestement répondu -à la mesure des modestes moyens du PLC- par une pub internet.

Modestement, le PLC demande aussi à ses membres de participer à la contre-attaque en créant des publicités positives vantant leur chef et de les mettre en ligne sur YouTube.

Le gagnant du meilleur spot de 30 secondes sur YouTube gagnera une modeste somme de 308$, soit une modeste contribution de 1$ pour chacune des 308 circonscriptions du pays.

Les sondages sont bons, mais les temps sont durs...

La barre est haute

Accablés par de très mauvais sondages depuis quelque temps, les conservateurs n'étaient pas peu fiers d'avoir réuni plus de 2000 personnes, mercredi soir, à Montréal à l'occasion d'une visite de leur chef.

Avec raison. Il y avait longtemps que l'on avait vu autant de militants réunis pour un événement au Québec, tous partis politiques confondus.

La barre est maintenant très haute pour le prochain grand événement politique du printemps, la soirée de financement de Michael Ignatieff, le 4 juin au Sheraton du centre-ville.

On verra alors si les libéraux ont la même capacité de mobilisation que les conservateurs et si les succès de M. Ignatieff dans les sondages peuvent se transformer en espèces sonnantes et trébuchantes.

Cachez ce voile...

À lire les journaux des derniers jours, notamment les pages Forum de La Presse de jeudi, un visiteur étranger aurait vraiment l'impression que la question du voile dans la sphère publique québécoise est un grave problème social au Québec.

C'est probablement le propre d'une société paisible et sans histoire que de se faire des petites peurs, périodiquement, avec ce qui pourrait arriver. Que de s'imaginer que derrière le voile d'une infime minorité de femmes discrètes se cachent les pires scénarios. Comme le déferlement de hordes d'intégristes dans nos terres, alors que dans les faits, toute cette histoire n'en est pas une, comme l'ont écrit si justement Bouchard et Taylor.

N'empêche, les gardiens de l'Identité sont remontés au créneau pour vous protéger de votre propre tolérance. Pauline Marois et Louise Beaudoin en tête, qui veulent interdire le port du voile dans la fonction publique.

Le zèle laïque de mesdames Marois et Beaudoin amène deux questions:

- Symbole religieux pour symbole religieux, êtes-vous d'accord pour décrocher le crucifix du Salon bleu de l'Assemblée nationale? Je n'ai jamais été «confronté» à une fonctionnaire à foulard, mais chaque fois que j'entre à l'Assemblée nationale, la grosse croix au-dessus du fauteuil du président me saute aux yeux comme un néon dans une chambre noire.

- Accepteriez-vous qu'une musulmane voilée, dûment élue par son association de circonscription, fasse campagne pour le PQ, comme Monia Mazig et Samira Laouni l'ont fait pour le NPD en 2004 et 2008? Et si elle est élue, pourrait-elle siéger avec son voile?

On prend un café pour en discuter, si vous voulez. C'est moi qui invite.

Mario le journaliste

Il n'existe pas d'ordre professionnel de journalistes au Québec et bien que le débat revienne périodiquement, le consensus dans la profession s'y oppose.

J'adhère, mais si j'entends encore une fois Mario Dumont dire qu'il est «journaliste», comme il l'a fait mercredi lors du passage de Stephen Harper à Montréal, je vais lancer le mouvement québécois contre le mélange des genres.

Parce que c'est de ça dont il est question: le mélange des genres.

Les ex de RDI (Frulla, Grégoire et Charbonneau) n'ont jamais prétendu être autre chose que des commentateurs, pas des journalistes. Quant à Jean Lapierre, le chroniticien par excellence au Québec, il a toujours refusé, en toute décence, le titre de journaliste.

Mario Dumont ne vient pas de devenir journaliste, à peine deux mois après avoir quitté son seul job à vie (la politique), du simple fait qu'il s'apprête à commenter l'actualité dans une émission de TV à TQS.

Il y a un titre pour ça: commentateur. Ce n'est pas pire ou mieux que journaliste, c'est juste plus précis.