L'Impact de Montréal est plus près que jamais de la Major League Soccer, à en croire son président Joey Saputo, qui estime que l'avenir du club passe par ce circuit et non par la USL-1.

Jean-François Bégin
Jean-François Bégin LA PRESSE

Quelques heures avant le baptême du feu du nouvel entraîneur de l'Impact, Marc Dos Santos, Saputo a brossé hier un portrait enthousiaste d'une rencontre qu'il a eue à New York avec les dirigeants de la MLS, le 7 mai.

 

«Je voulais rencontrer la MLS quand je saurais que j'aurais une chance», a dit Saputo au sujet de ce tête-à-tête avec le commissaire de la MLS, Don Garber, et son président, Mark Abbott. «Je ne voulais pas leur faire perdre leur temps et je ne voulais pas manquer mon coup une deuxième fois. Ce coup-ci, toutes les conditions gagnantes sont réunies.»

Comme l'avait indiqué Mark Abbott à La Presse, il y a deux semaines, Saputo soutient que la ligue a tourné la page sur l'épisode de la candidature avortée de Montréal lors de la phase d'expansion précédente, l'automne dernier. Le dossier de l'Impact avait alors été rejeté, Saputo et son partenaire du temps, George Gillett, ayant tenté de négocier à la baisse les frais d'adhésion de 40 millions US exigés par la MLS.

Les deux franchises disponibles en vue de la saison 2011 avaient finalement été octroyées à Vancouver et Portland, en retour de 35 millions payables en cinq ans. La famille Saputo se dit désormais prête à payer cette somme de sa poche, si le gouvernement du Québec accepte d'investir 25 millions pour faire passer la capacité du stade Saputo de 13 000 à 21 000 places.

Il suffit de lire entre les lignes du discours de Saputo pour déduire qu'il juge l'aval de Québec pratiquement acquis. «On n'a pas l'appui à 100% du gouvernement, mais je dois dire que les choses vont très bien dans les discussions qu'on a avec eux. Je suis assez confiant pour avoir décidé d'aller à New York. Je n'ai pas le chèque dans ma poche, mais les choses vont très bien.»

Au lendemain de sa rencontre avec Saputo, Don Garber avait indiqué sur son blogue que «Montréal est un marché très viable pour la MLS». Il avait aussi souligné la popularité de l'Impact auprès des amateurs de soccer montréalais et l'engagement marqué de la famille Saputo envers le soccer. «J'ai l'intention de rester en contact régulier avec les Saputo pendant que nous préparons nos prochains plans d'expansion», écrivait-il.

Selon Saputo, plusieurs facteurs expliqueraient l'intérêt de la MLS pour Montréal: l'ouverture manifestée par le gouvernement québécois, les belles performances de l'Impact dans la Ligue des champions de la CONCACAF (dont l'équipe a atteint les quarts de finale, cet hiver) et le fait que l'équipe a attiré plus de 55 000 spectateurs au Stade olympique, en février.

La MLS n'a pas encore indiqué de quelle manière se fera le prochain élargissement de ses cadres. Mais, selon Saputo, l'accession de l'Impact à la MLS ne passe plus par un appel de candidatures. «Avec le fait qu'on est prêts, que le gouvernement est prêt à nous aider en infrastructures et qu'on est prêts à payer ce qu'ont payé les autres équipes, je serais très surpris que ça passe par un appel d'offres (cette fois-ci)», a-t-il dit.

Le président de l'Impact reconnaît que la MLS craint de diluer son produit en procédant à une expansion trop rapide. Avec l'ajout de Seattle cette année, de Philadelphie l'an prochain et de Portland et Vancouver en 2011, ça commence à faire beaucoup. «L'Impact n'est pas une équipe d'expansion, c'est une équipe existante», nuance Saputo, qui estime qu'il suffirait d'ajouter trois ou quatre joueurs à son effectif actuel pour que l'Impact soit compétitif en MLS.

Les architectes embauchés par La direction de l'Impact lui ont par ailleurs confirmé que l'agrandissement du stade Saputo pourrait être effectué en deux phases. La première débuterait l'automne prochain et permettrait d'ajouter environ 3000 sièges. La seconde se ferait un an plus tard et le stade serait prêt pour la saison 2011.

Détourner l'attention

Le moment choisi par Saputo pour faire sa sortie dans les médias n'a rien d'innocent. L'Impact détourne ainsi habilement l'attention des nombreuses critiques qui ont fusé dès l'annonce du congédiement de l'entraîneur John Limniatis et de son remplacement intérimaire par Dos Santos, jeudi.

Les progrès accomplis par l'Impact dans ses pourparlers avec la MLS sont néanmoins une excellente nouvelle. L'avenir est dans la MLS, pas dans la USL-1, qui va souffrir des désertions successives de Seattle, Portland et Vancouver.

«Il faut protéger notre franchise au maximum, dit Saputo. Il ne faudrait pas détruire tout ce qu'on a bâti depuis 15 ans juste pour passer à la MLS. Mais on doit aussi penser à ce qui se passerait si on n'y allait pas. Le gouvernement nous a demandé si on pouvait garantir qu'on sera encore là dans cinq ans. Je peux le garantir si on est dans la MLS. Pas si on est dans la USL.»

Une dernière question, M.Saputo: y aurait-il des synergies intéressantes à posséder à la fois une franchise dans la MLS et le Canadien de Montréal?

«Il y aurait des synergies pour les listes d'abonnés de saison, pour le marketing, etc. Mais si je vais de l'avant, ce ne sera pas à cause des synergies.

- Donc vous êtes toujours dans la course pour le Canadien?»

Une pause. Un sourire. «Je ne peux vraiment rien dire.»