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Une chance qu'il y a le Québec!

Claude Picher
La Presse

La publication des comptes économiques provinciaux, hier, nous a appris que l'économie canadienne n'a progressé que d'un faible demi-point de pourcentage en 2008. Ce n'est pas très fort, mais c'était facile à prévoir.

On a beaucoup dit que le Canada, si on le compare aux États-Unis, à l'Europe ou au Japon, se tire relativement bien de la crise économique et financière, C'est vrai. Mais cela ne veut pas dire qu'il a été épargné. Dans la deuxième moitié de 2008, c'est à dire entre août et décembre, le produit intérieur brut (PIB) a subi cinq reculs mensuels consécutifs, ce qui explique en bonne partie la faible progression de l'ensemble de l'année. Zéro virgule cinq pour cent, voilà un chiffre qui peut sembler insignifiant, mais cela représente tout de même l'équivalent de 8 milliards de dollars.

 

Les comptes économiques provinciaux de Statistique Canada mesurent à quel point l'économie de chaque province a avancé ou reculé au cours de l'année. Toutes les variations sont exprimées en termes réels, c'est-à-dire qu'elles tiennent compte de l'inflation.

D'emblée, une constatation saute aux yeux: l'Ontario, l'Alberta et la Colombie-Britannique, les provinces traditionnellement considérées comme les locomotives de l'économie canadienne, ont toutes trois tiré l'économie vers le bas.

En Ontario, la production d'automobiles et de pièces a subi une chute dramatique de 21%, mais d'autres secteurs de la fabrication ont aussi lourdement écopé, et notamment la production de vêtements avec un recul de 28%. Ces mauvaises nouvelles ont entraîné une contraction de l'économie de 0,3%, comparativement à une progression de 2,3% en 2007.

La crise économique a forcé l'Alberta à réduire sa production de pétrole et de gaz. Pour la première fois en 24 ans, les exportations albertaines reculent. Mais ce qui a surtout fait mal, c'est l'éclatement de la bulle immobilière. Les mises en chantier ont connu une catastrophique dégringolade de 40%. Au total, l'économie albertaine recule de 0,2%, comparativement à une hausse de 3,1% l'année d'avant.

La Colombie-Britannique a été frappée de plein fouet par le ralentissement de la construction résidentielle aux États-Unis. La production du secteur forestier n'atteint plus que 82% de son niveau de 2007. L'économie recule de 0,3%, après une progression de 3% un an plus tôt.

Autrement dit, les trois locomotives sont en panne.

Et pendant ce temps, le Québec, longtemps tenu pour le maillon faible de l'économie canadienne, affiche une croissance de 1%, deux fois plus que la moyenne canadienne. La construction non résidentielle, en particulier dans le secteur des infrastructures, reste vigoureuse. Le secteur aéronautique demeure fort. Les activités d'exploration minière ont «monté en flèche», pour reprendre l'expression de l'agence fédérale de statistique.

Le Québec compte pour 20% de l'économie canadienne. C'est la deuxième économie en importance au pays. Son poids est tel qu'il contribue de façon importante à augmenter la moyenne canadienne. Nous avons vu plus haut que la croissance du PIB du Canada a atteint 0,5%, ce qui est très faible. Sans la performance du Québec, ce chiffre serait tombé à un anémique 0,3%.

Certes, deux autres provinces, le Manitoba et surtout la Saskatchewan, ont connu une croissance beaucoup plus forte que le Québec.

Les grands travaux publics (barrages hydroélectriques, importants travaux à l'aéroport de Winnipeg, canal de dérivation de la rivière Rouge) ont été un véritable moteur pour l'économie manitobaine en 2008, qui a atteint un bon rythme d'expansion de 2,4%. Mais la palme revient sans conteste à la Saskatchewan, qui a largement profité de la hausse des prix de la potasse et d'une récolte exceptionnelle. Les bénéfices des entreprises saskatchewanaises ont bondi de 58%. Au total, l'économie de la province affiche une robuste poussée de 4,4%.

Même si ces deux provinces affichent une croissance remarquable en période de crise, leur poids économique est beaucoup plus petit que celui du Québec, de sorte que leurs bonnes performances ont finalement peu d'impact sur la moyenne canadienne. Le PIB du Manitoba ne représente que 3,2% du total canadien. Celui de la Saskatchewan, 3,1%.

On ne peut certainement pas conclure de tout cela que le Québec est devenu la nouvelle locomotive de l'économie canadienne. En revanche, il est clair que la bonne tenue du Québec compense largement, en 2008, les déboires des trois autres grandes provinces.

Aux prix du marché, la taille de l'économie québécoise atteint 301 milliards, ce qui en fait une économie comparable à celles de pays comme le Portugal ou la Colombie.

 




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