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Histoire d'eau

La séance extraordinaire du conseil municipal consacrée aux détails du contrat des compteurs d'eau, mardi, avait des allures de tribunal.

La firme BPR, qui a accompagné la Ville dans le processus d'attribution du contrat, est venue en quelque sorte défendre son travail en expliquant chaque aspect du dossier et en répondant aux questions des élus présents.

 

Leurs explications n'auront toutefois démontré qu'une seule chose, c'est que la Ville a vraiment un problème d'eau. Montréal perd l'équivalent d'une piscine olympique toutes les cinq minutes. C'est énorme et il faut effectivement remédier au problème.

Cela dit, est-ce que les explications des ingénieurs et du directeur général de la Ville nous ont convaincus que le contrat accordé à GéniEau est un bon contrat et qu'il respecte en tous points les règles en vigueur? Absolument pas.

Le commun des mortels (c'est-à-dire la grande majorité des élus présents mardi) ne connait pas grand-chose aux compteurs d'eau, chambres de vanne et autre plomberie. À voir le langage corporel de certains élus, on devinait qu'ils auraient sans doute préféré se retrouver allongés sur la chaise du dentiste pour se faire extraire une molaire sans anesthésie plutôt que d'écouter les explications complexes et techniques des spécialistes. Dans un tel contexte, c'est-à-dire une méconnaissance de la technologie et de certains principes de génie, comment juger si le consortium GéniEau a effectivement choisi la meilleure technologie disponible? Qui peut dire, parmi les élus, si la Ville a bel et bien payé un bon prix? Si elle a acheté les bons tuyaux? Le contrat accordé à GéniEau comprend un suivi sur une période de 15 ans. Est-ce vraiment la formule la plus avantageuse pour les contribuables? Les explications des ingénieurs et des fonctionnaires municipaux, aussi pertinentes fussent-elles, n'ont pu faire toute la lumière sur cette affaire.

Autre problème: même s'il a été question d'eau toute la journée, on n'a pas beaucoup parlé de la croisière de l'ancien président du comité exécutif, Frank Zampino. Or c'est la présence de ce dernier sur le yacht de l'homme d'affaires Tony Accurso, propriétaire d'une des deux firmes du consortium GéniEau, qui fait des vagues. M. Zampino a-t-il favorisé son ami? A-t-il exercé des pressions indues à quelque étape du processus d'attribution du contrat? A-t-il violé certaines règles? On ne le sait pas plus aujourd'hui qu'il y a une semaine.

Il faudra donc attendre le rapport du vérificateur général, Michel Doyon, promis pour le début du mois de juin, pour savoir si oui ou non ce contrat respecte les règles de l'art. Le pauvre M. Doyon va devoir mettre les bouchées triples pour y arriver. Sa tâche sera d'autant plus complexe qu'il est loin d'être assuré de la collaboration de M. Zampino, qui n'est pas obligé de participer à l'enquête ou de divulguer quelque information que ce soit.

Souhaitons donc que le vérificateur général dispose d'une équipe élargie et de moyens adéquats pour accomplir la tâche qui l'attend. On doit aller au fond de cette affaire une fois pour toutes.

nathalie.collard@lapresse.ca

 




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