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Ottawa perdu dans l'espace

André Pratte
La Presse

Après les compressions fédérales dans le domaine des arts, voici que des réductions de budget dans le soutien à la recherche scientifique mettent le gouvernement Harper dans l'embarras. Plus de 2000 chercheurs canadiens ont écrit au premier ministre pour dénoncer ces compressions qui, selon, eux font faire de «grands pas en arrière à la science canadienne.»

Il y a des similitudes frappantes entre les deux controverses. Les mesures annoncées résultent dans chaque cas de l'«examen stratégique» des dépenses imposé à plusieurs ministères par le cabinet conservateur. Cet exercice exige des fonctionnaires qu'ils révisent tous leurs programmes afin d'identifier des sommes qui pourraient être consacrées à des fins correspondant davantage aux priorités du gouvernement.

 

Le principe est sain: il faut éviter que le fédéral continue à financer des programmes pour la simple raison qu'il les finance depuis longtemps. Un tel exercice provoque des décisions difficiles: de vieux programmes, appréciés par ceux qui en bénéficient, seront privés d'une partie ou de la totalité de leurs fonds. Pour que ce travail porte fruit, les machines bureaucratique et politique doivent consacrer énergie et intelligence à expliquer ces décisions à la population. À ce chapitre, Ottawa a lamentablement échoué.

Pour ce qui est du soutien aux arts, les conservateurs se sont bornés à répéter que les programmes éliminés étaient inefficaces, sans plus de détails. C'était peu convaincant face aux nombreux exemples des bienfaits de ces programmes mis de l'avant par les artistes.

On se retrouve dans la même situation aujourd'hui en ce qui a trait aux compressions dans le domaine scientifique. Comme c'était le cas pour la culture, les dépenses totales consacrées à la science augmentent. Toutefois, l'examen stratégique a entraîné des déplacements de fonds. C'est ce qui a mené au sacrifice de la subvention de 325 000$ assurant le fonctionnement de l'Observatoire du mont Mégantic.

Pourquoi, dans le cadre de son examen stratégique, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie a-t-il conclu que l'Observatoire ne pouvait pas être considéré comme une «ressource majeure unique à l'échelle nationale», alors que c'est le seul équipement du genre au pays? Au Conseil, deux jours après notre demande initiale, on était toujours incapable de répondre à cette simple question. On nous a finalement renvoyés au bureau du ministre responsable du Québec, Christian Paradis, mal placé pour expliquer une décision qu'il a lui-même apprise par les médias.

Après discussion avec M. Harper, le ministre a donné l'assurance que des fonds seront dégagés pour sauver l'Observatoire. Toutefois, le malaise demeure. Pourquoi le gouvernement du Canada, autant sur le plan bureaucratique que politique, est-il incapable de justifier ce qu'il fait? «Tout le monde devrait arriver sur la planète Terre et appuyer l'observatoire», a lancé Jean Charest. Le fédéral devrait savoir que sur la planète Démocratie, en tout cas, la gestion efficace des fonds publics exige la transparence et le dialogue avec les citoyens. Une décision qu'on est incapable de défendre ne peut être qu'une mauvaise décision.

 




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