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Gare à l'effet Bo

André Pratte
La Presse

Le petit dernier de la famille Obama vient de s'installer à la Maison-Blanche. Il s'agit de Bo, un chien d'eau portugais de 6 mois.

La boule de poils noirs aux pattes blanches a tout de suite séduit les Américains. Les appels aux clubs canins se sont multipliés. Ce qui suscite des craintes parmi les amis du meilleur ami de l'homme.

Des milliers de gens vont se précipiter pour acheter un chien d'eau portugais à leurs enfants, comme des milliers de personnes s'étaient procuré un dalmatien après avoir vu le film Les 101 dalmatiens. Or tout comme celle des hommes, la vraie vie de chien est très différente de ce qu'on voit au cinéma. Combien de Bo aboutiront dans un refuge pour être, finalement, euthanasiés?

 

Le chien d'eau portugais était une race presque éteinte lorsque des éleveurs américains l'ont relancée il y a une trentaine d'années. On n'en trouve encore que quelques milliers en Amérique du Nord. Si la demande explose, des personnes peu scrupuleuses vont s'improviser éleveurs. Puisqu'il y a relativement peu de femelles disponibles, on peut craindre une consanguinité excessive qui produirait des animaux plus fragiles, davantage susceptibles d'être abandonnés.

Caroline Kisko, porte-parole du Kennel Club des États-Unis, a cru bon rappeler que «les chiens ne sont pas une mode ou un nouvel accessoire dont on peut se défaire comme bon nous semble. Ils exigent un engagement à long terme». Malheureusement, peu de gens en sont conscients. Le nombre de ménages comptant un animal de compagnie ne cesse d'augmenter; le nombre d'animaux abandonnés aussi.

C'est que, à moins d'être président des États-Unis, le propriétaire d'un animal, en particulier d'un chien, devra investir une somme considérable de temps, d'énergie et d'argent pour l'élever et le soigner. Il faudra l'entraîner, ramasser ses crottes, ouvrir la porte pour lui permettre de sortir, ouvrir la porte pour lui permettre de rentrer, ouvrir la porte pour lui permettre de sortir... Le courageux maître devra aussi dire adieu à ses pantoufles préférées, rester calme quand Milou mordra dans un DVD ou grugera les pattes d'un meuble antique, visiter régulièrement la clinique vétérinaire (où il n'y a pas d'attente à l'urgence, mais où les factures sont salées), modifier ses habitudes de vacances, etc.

En retour de cet investissement, l'animal de compagnie procurera évidemment beaucoup de bonheur à ses propriétaires. Il faut seulement y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans une telle aventure. La capacité de réflexion, n'est-ce pas ce qui est censé distinguer l'homme de la bête?

Et le chien d'eau portugais? C'est, en effet, un animal bien sympathique. Toutefois, «le chien d'eau portugais ne convient pas à tout le monde, avertit le Portuguese Water Dog Club of Canada sur son site internet. Canaliser le caractère, l'intelligence et l'exubérance de ce chien dynamique représente tout un défi».

Autrement dit, gare à l'effet Bo.

apratte@lapresse.ca

 




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