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La vente : deux matchs en un

Réjean Tremblay
La Presse

Le Canadien est dans les séries éliminatoires et George Gillett a devant lui des lettres d'intention de quelques entreprises sérieuses qui veulent acheter son empire québécois.

C'est une partie de 400 millions. Plus ou moins cinquante. Vous dire que c'est un formidable match de poker et d'échecs en même temps est inutile. Vous le savez déjà.

 

Les parties intéressées ont déjà commencé à déplacer leurs pions... et à bluffer à la table. Deux matchs en un seul.

L'acheteur qui a le plus de bonnes raisons de mettre la main sur le Canadien est Quebecor. Il ne faut pas sous-estimer l'entreprise dirigée par Pierre Karl Péladeau. Les matchs du Canadien et les dizaines de spectacles présentés au Centre Bell sont autant de « contenu « pour alimenter non seulement TVA, mais également Vidéotron, Illico et toutes les plateformes de Quebecor.

Pierre Karl Péladeau a toujours misé sur la convergence. En achetant le Canadien, le Centre Bell et le Groupe Gillett, il atteindrait un niveau encore supérieur. De plus, Quebecor et TVA ont déposé une demande de chaîne sportive numérique il y a quelques années. On continue de pousser ce dossier. Avec l'achat du Canadien, Quebecor ferait faire un fabuleux bond à son nouveau réseau de sport dès que le contrat actuel avec RDS, qui appartient à un concurrent de Videotron, serait terminé.

Sans parler de la possibilité de plus en plus grande d'offrir à la carte les matchs à Illico ou sur une autre plateforme de Vidéotron. Deux cent mille fans qui payent 5 $ pour un match, ça fait un million de dollars. Quatre-vingt matchs, ça fait... 80 millions. D'une façon ou d'une autre, Quebecor a la tuyauterie pour faire circuler son contenu.

Et puis, Quebecor, c'est beaucoup tous vous autres puisque la Caisse de Dépôt est un très important investisseur dans l'entreprise.

Savard et Pattison ?

Par ailleurs, la réaction de Jacques Ménard à l'égard de Serge Savard et de son groupe est pour le moins étrange.

BMO et Ménard n'ont pas invité Savard à déposer une offre. Et quand on sait lire entre les lignes, il est évident que M. Ménard ne tient pas à avoir Savard dans les pattes. Par contre, rien n'empêche Savard de négocier directement avec George Gillett.

Il est évident que Pierre Boivin n'a pas le goût de voir débarquer Serge Savard dans un Centre Bell qui lui appartiendrait. Savard serait le président de l'équipe, il va sans dire. D'ailleurs, Pierre Boivin se retrouve dans une situation pour le moins délicate. Toujours à l'emploi de George Gillett, il doit loyauté à l'homme d'affaires américain. Mais en même temps, Pierre Boivin doit manoeuvrer pour tenter de sauver son poste de président ou même pour s'allier à un groupe d'acheteurs. Un groupe dirigé par Serge Savard n'aurait pas besoin de Pierre Boivin.

Par ailleurs, j'ai tenté de joindre Serge Savard, hier, pour valider une information que j'ai obtenue d'une bonne source. En fin de soirée, le Sénateur n'avait toujours pas rappelé ; c'est donc sous toute réserve que j'aborde le sujet.

Un des principaux financiers du groupe de Savard serait Jim Pattison, de Vancouver. M. Pattison est à la tête d'un groupe privé qui a généré des revenus de 6,7 milliards l'an dernier. Le livre des records Guinness, vendu dans 100 pays et dans un nombre de langues qui ferait l'envie de Saku Koivu, c'est lui. Le saumon Gold Seal, c'est lui. L'exposition universelle de Vancouver en 1986, c'est lui. Mais surtout, les Blazers de Vancouver et les Cowboys de Calgary, de l'Association mondiale de hockey, c'est lui. Le patron de Rick Jodzio, qui avait envoyé sauvagement Marc Tardif, des Nordiques, à l'hôpital, c'était lui. Pattison était le plus riche du trio de fous du hockey formé par Peter Pocklington, Nelson Skalbania et lui.

Nelson Skalbania, propriétaire des Racers d'Indianapolis, est celui qui a vendu Wayne Gretzky à Peter Pocklington en échange d'un centre commercial.

Ma source est formelle, Pattison serait le financier derrière Savard. Malheureusement, au moment de mettre sous presse, je n'avais pas encore de confirmation. Les prochains jours vont permettre d'en savoir plus.

De toute façon, dans un dossier aussi secret, il est extrêmement difficile d'obtenir des informations claires, précises et confirmées. Le moindre mot de trop peut coûter des millions.

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Jacques Ménard a quitté Montréal pour la Floride, mercredi à 16 h 45. Il emportait ses dossiers mais il espérait avoir le temps de se reposer. « De toute façon, les deux prochaines semaines vont être plus tranquilles «, a-t-il dit en montant à bord de l'avion.

Ça veut tout juste dire que les spécialistes des acheteurs et du vendeur vont éplucher les dossiers financiers sur la table. M. Ménard n'a pas besoin d'être présent à cette étape.

Puis, le tout va être transmis à George Gillett, qui prendra la décision ultime. Vendre ou ne pas vendre et vendre à qui s'il faut vendre ?

Gainey a eu raison

Les fans et les féfans s'en sont donné à coeur joie, jeudi soir, sur le dos de Bob Gainey, qui a refusé de faire jouer Georges Laraque contre les Bruins de Boston. Avec le résultat qu'on sait.

Bob Gainey a pris la bonne décision. Les Bruins et le Canadien n'avaient pas le même objectif dans ce match. Les Bruins avaient le goût de faire payer au Canadien toutes les volées qu'ils ont reçues au cours des 1000 dernières années. Ils avaient aussi le goût d'intimider les Glorieux au cas où les deux équipes se retrouveraient en séries éliminatoires la semaine prochaine.

L'objectif de Gainey était d'aller gagner le point dont il avait besoin pour participer aux séries éliminatoires. Il a atteint cet objectif.

En plus, Gainey permettait à ses joueurs d'aller dans l'enfer mesurer leur courage. De toute façon, ce n'est pas Laraque qui va les protéger et les sauver pendant les matchs des séries. Aussi bien savoir tout de suite comment ça va se passer.

On peut critiquer Gainey et on peut le faire avec raison. Mais il faut également appuyer certaines de ses décisions qui ont tout plein d'allure.

 




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