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Jean-François Bégin: Comme une vraie équipe

Mine de rien, le Canadien de Montréal est en train de redevenir une équipe.

Une équipe de hockey, une bonne équipe, ça commence forcément par un gardien au sommet de sa forme. Et Carey Price, au terme d'un hiver long et pénible, donne l'impression d'être en train de sortir de son hibernation.

Hier soir, Price a été presque impeccable contre les Blackhawks. Patient, imperturbable devant son filet, toujours bien positionné, il avait ses réflexes aiguisés des beaux jours. Patrick Sharp et Dave Bolland peuvent en témoigner. Les deux ont vu la jambière gauche du gardien sortir à la toute dernière seconde pour bloquer un lancer à bout portant.

Mais il n'y a pas que Price. Andrei Markov continue d'abattre un boulot colossal à la ligne bleue, Mike Komisarek a l'air d'avoir repris confiance et Patrice Brisebois - qui mérite pleinement sa nomination au trophée Bill-Masterton - ne fait toujours pas son âge, pas plus que Mathieu Schneider d'ailleurs.

À l'attaque, Saku Koivu et Alex Kovalev, avec l'aide précieuse d'Alex Tanguay, sont en train de faire ravaler leurs paroles à tous les gérants d'estrades qui prétendaient que le capitaine et le joueur le plus talentueux du club étaient aussi incompatibles que le feu et l'eau. Chris Higgins est en pleine résurgence. Et le trio de Maxim Lapierre - probablement le joueur qui a le plus progressé sur le plan de la confiance cette année - fait tout un travail en échec-avant.

Rien n'est joué pour les séries, bien sûr, mais le Canadien montre des signes encourageants. Je le répète, il ressemble de plus en plus à une équipe. Et une équipe, c'est aussi une famille - au sens littéral comme au sens figuré : Andrei Kostitsyn, qui a sauté sur Aaron Johnson après que ce dernier eut frappé son frère Sergei à la tête, s'est chargé de nous le rappeler.

Évidemment, tout le monde respirerait plus à l'aise si les damnés Panthers pouvaient coller quelques défaites...

Changement de chandail

Il est réjouissant de constater que c'est toujours Bob Gainey, et non le service de marketing de l'équipe, qui mène la barque au Centre Bell. L'entraîneur et directeur général nous l'a prouvé hier en renvoyant aux boules à mites dont il n'aurait jamais dû sortir l'uniforme rayé de la saison 1912-1913.

Il est permis de se demander à quel point les joueurs pouvaient être dérangés par le fait d'avoir l'air de poteaux de barbier. Pourvu qu'on soit capable de différencier son uniforme de celui de l'adversaire, il ne devrait pas y avoir de problème, non ?

Mais bon, Jean Perron me rappelait hier soir à quel point les hockeyeurs sont des créatures superstitieuses. Quand on se sent obligé de toujours poser le patin droit (ou gauche) en premier sur la glace, quand on enfile toujours son équipement en commençant par le même côté, ça doit être difficile de subitement se retrouver vêtu d'un maillot qui a plus l'air d'un pyjama d'enfant que d'un chandail de hockey.

Chose certaine, la décision de Gainey démontre qu'il est en phase avec les dernières découvertes de la science. Car la science, voyez-vous, s'est intéressée à l'influence du rouge sur la performance sportive. Et le verdict est sans appel : «porter du rouge est régulièrement lié à une plus haute probabilité de vaincre», concluait une étude publiée non pas dans le Hockey News, mais dans la très sérieuse revue Nature, il y a quatre ans. D'accord, la recherche portait sur le tae kwon do, la boxe, la lutte gréco-romaine et la lutte libre mais bon, Don Cherry vous dirait sûrement qu'on n'est pas si loin du hockey.

Sérieusement, dans une étude distincte, les mêmes auteurs, des Anglais, ont observé une tendance similaire chez les équipes de soccer de leur pays. En gros, plus on est rouge, plus on gagne. Pas pour rien que Liverpool et Manchester United, alias les Reds et les Red Devils, sont les deux clubs les plus titrés au pays de David Beckham.

Et pas pour rien, j'imagine, que le Canadien a gagné 24 fois la Coupe Stanley...

Tempête dans un verre d'eau

La question soulevée par Radio-Canada est légitime, mais il en faut plus que ça pour me scandaliser. Quoi qu'en dise la spécialiste de l'éthique qui a parlé de «folie», de «tocade» et de «dépense extravagante» au Téléjournal, lundi soir, personne ne devrait déchirer sa chemise parce que cinq sociétés d'État québécoises ont dépensé près de 10 millions en 13 ans pour des loges corporatives au Centre Bell.

Jean Charest n'a pas été très habile en parlant d'aide gouvernementale indirecte, hier. Avec son aréna plein soir après soir, le Canadien n'a certes pas besoin de quelque forme de BS corporatif que ce soit.

Cela dit, le premier ministre faisait allusion à la situation économique difficile qui prévalait à l'époque où le Centre Bell a été construit, en 1996. Quand on sait que l'amphithéâtre, contrairement à la tendance de l'époque dans le sport professionnel, a été entièrement construit avec des fonds privés, les quelques centaines de milliers de dollars versés chaque année par la Société des alcools du Québec ou Hydro-Québec n'ont rien de particulièrement outrancier.

Je présume que ceux qui n'aiment pas le hockey ne l'admettront pas, mais il est dans l'ordre des choses que de grandes sociétés parapubliques se paient une loge dans le plus populaire amphithéâtre de la ville pour courtiser des clients et brasser des affaires. Après tout, il n'y a pas beaucoup de billets plus convoités à Montréal que ceux des matchs du Canadien.

Une question, comme ça : ferait-on le même tapage pour des billets de l'Orchestre symphonique de Montréal?

 




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