La 101e saison du Canadien risque d'être tristounette. Nous qui parlions de Coupe Stanley en septembre en sommes à quêter point par point une place dans les séries!

Ronald King LA PRESSE

Et quand Alex Kovalev éternue, c'est toute l'équipe qui a la grippe. Le CH, sans Kovalev, est une équipe grise et peu dangereuse en attaque. Il ne reste plus grand-chose, en fait.

Serge Savard disait il y a quelques jours que le Canadien devrait se faire un devoir de recruter des joueurs québécois. Mon collègue Réjean Tremblay et de nombreux autres sont d'accord avec lui.

Sauf que... des Serge Savard, des Guy Lapointe et des Guy Lafleur, même des Raymond Bourque et des Mario Lemieux, le Québec n'en produit plus tellement.

Depuis Vincent Lecavalier, c'est le désert en ce qui regarde les grands joueurs québécois.

Posez des questions à Gilles Courteau et à ses acolytes de la LHJMQ.

Hélas, la solution ne viendra pas de ce côté-là.

Lucian

De deux choses l'une: Lucian Bute a amélioré sa force de frappe - il a travaillé là-dessus - ou bien son adversaire, Fulgencio Zuniga, n'était pas la brute que l'on disait.

Il faudrait d'abord écouter Librado Andrade, qui a déclaré candidement la veille du combat: «Voyons donc, il n'y aura même pas de combat. Lucian est beaucoup trop rapide pour lui...»

Ce qui nous amène à Daniel, un ami maniaque de boxe, qui est sorti du Centre Bell déçu. «J'ai payé 250$ pour mon billet. Je vais à la boxe pour voir des bons combats, pas pour me péter les bretelles quand un boxeur local gagne. Les combats préliminaires sont nuls. Les boxeurs locaux ont tous des adversaires trop faibles pour eux. On arrive à la finale et l'adversaire de Bute n'est pas de taille lui non plus. J'ai l'impression de m'être fait avoir.»

(En vrai mordu, Daniel sera tout de même présent au prochain combat, je suis prêt à parier...)

Il faut d'abord savoir que Zuniga n'était pas le choix d'InterBox, mais de Showtime, la géante chaîne américaine qui l'avait dans son écurie. Que Daniel soit patient, le clan Bute veut maintenant passer à un autre échelon, lire à de grosses, grosses bourses. Ça implique les meilleurs super moyens du monde, y compris Mikkel Kessler (le Danois).

Showtime commence à s'intéresser à Lucian Bute, qui a une série d'options. Le meilleur est à venir.

Les aspirants

Quant aux sous-cartes, elles sont, depuis toujours, le point faible de tous les promoteurs de boxe qui pensent d'abord à faire de l'argent et qui sont soumis aux plans de carrière et aux conditions des aspirants. Quant on veut se bâtir une carrière en boxe, on n'affronte pas n'importe qui n'importe quand. Bref, monter une sous-carte est une affaire compliquée.

L'opinion de ma collègue Stéphanie Morin, qui voit beaucoup de galas de boxe: «Les combats préliminaires n'étaient pas si mal cette fois. On voit pire que ça certains soirs...»

Enfin, je vous entends trancher: «Ah la boxe! C'est toujours croche.»

Si vous dites que la boxe a des ratés, que dites-vous des gouvernements, de la Caisse de dépôt et placement, de Wall Street, du Darfour et de l'Irak?

Je ne crois pas qu'il y ait plus de ratés et de malhonnêteté en boxe qu'ailleurs dans l'activité humaine.

Le lancer de la laitue

Les premiers militants contre la brutalité policière sont arrivés vers 13h à la station de métro la plus près de chez nous. Ils apportaient des caisses de fruits et de légumes et on a compris que ce n'était pas pour le buffet.

Certains ont menacé les curieux qui prenaient des photos. Ils tombaient mal. Nous sommes en 2009, il y avait plus de curieux que de manifestants et la majorité avaient une caméra. Et on ne comptait pas les gens des médias et les observateurs de la police.

Il faisait beau, il y avait les chevaux de la police, les chiens de manifestants, des familles avec carrosse, les amis de Fredy Villanueva, une vraie fanfare...

Les jeunes ont sorti leurs pancartes: «Les policiers sont des assassins!»; «Qui nous protège des poli- c (h) iers?»; «Fuck Police! Fuck! Fuck Fuck!» Un poète, celui-là...

Les p'tits voyous qui cherchent le trouble sont faciles à repérer. Ils essaient d'être discrets avec leur capuchon et leur cagoule. Pas très subtil. Ils sont souvent anglophones. En Ontario, on les tolère beaucoup moins alors ils viennent vivre sur les trottoirs de Montréal où la police est plus docile.

Les policiers ont dirigé les marcheurs vers le centre-ville, à leur quartier général de la Place Émilie-Gamelin probablement, plutôt que sur le boulevard Mont-Royal où ils voulaient se diriger. C'est là qu'on a assisté à une épreuve qui ne deviendra pas olympique, je l'espère: le lancer de la laitue.

Les policiers semblaient beaucoup plus nerveux que les manifestants. Ils portaient pourtant des armures de la tête aux pieds. Pour avoir vu en action les CRS à Paris, je vous jure qu'on peut difficilement parler de brutalité policière à Montréal.