Les initiés des entreprises américaines débordent d'enthousiasme. Au cours des derniers mois, ils ont multiplié les transactions d'achat d'actions.

Michel Girard

Les initiés des entreprises américaines débordent d'enthousiasme. Au cours des derniers mois, ils ont multiplié les transactions d'achat d'actions.

Selon les conseillers en placement Robert et Dominic Hurtubise, de Valeurs mobilières Banque Laurentienne, le message de ces initiés américains est clair: «Ils nous signalent que leur titre représente une valeur sous-estimée par la majorité des participants du marché boursier. Nous interprétons donc leur comportement comme étant un signal d'achat... un important signal d'achat !»

Les conseillers Hurtubise ont mis au point une méthode d'achat de titres strictement basée sur les grosses transactions d'achat d'actions des dirigeants et administrateurs de compagnies inscrites en Bourse.

Par grosses transactions, ils entendent généralement un débours de 500 000 $ ou plus de la part d'un initié. Et il faut par surcroît que le débours provienne du portefeuille personnel de l'initié et que les actions soient acquises sur le marché et non par l'entremise d'une levée d'options.

Pour montrer à quel point les initiés américains sont actifs, le portefeuille de référence des Hurtubise comptait au début de 2006 un nombre de 17 titres américains. En cours d'année, ils ont ajouté dans leur portefeuille américain 20 autres titres qui avaient fait l'objet d'une importante transaction d'achat d'actions de la part de certaines personnes clés au sein de la haute direction ou du conseil d'administration de l'entreprise.

C'est du jamais vu depuis qu'ils suivent à la trace le comportement des initiés nord-américains en Bourse, soit depuis 18 ans.

Le grand nombre d'entreprises qui ont fait l'objet de grosses transactions d'initiés laisse croire que la Bourse américaine va poursuivre cette année son ascension.

«Un tel rythme d'achat nous amène à penser que la plus importante Bourse de la planète pourrait en surprendre plus d'un au cours de la prochaine année.»

Néanmoins réalistes, les Hurtubise s'empressent tout de même d'ajouter que la Bourse n'est jamais à l'abri d'un fort repli des cours boursiers.

Cependant, ils trouvent important de rappeler que les titres inscrits à la cote de la Bourse américaine représentent quand même 38% de la capitalisation boursière mondiale. Voilà pourquoi les investisseurs devraient détenir, à leurs yeux quelques titres américains.

«Considérant que la Bourse canadienne ne représente que 3,3% du poids total des bourses de la planète et qu'elle est principalement concentrée dans les ressources naturelles et les services financiers, on s'entend pour dire que d'y être investi à 100% ne serait pas nécessairement une sage décision d'investissement.»

Voici une brochette de titres américains qui ont fait l'objet d'importantes transactions d'achat de la part des initiés : Black & Decker, Boston Scientific, Coca Cola, General Electric, General Motors, McDonalds Corp., Viacom, JPMorgan Chase & Co, L-3 Communications Holding, Dell Inc., Starbucks et ETrade Financial.

Au nombre des titres américains susceptibles maintenant de faire l'objet d'une acquisition ou d'une prise de contrôle, les Hurtubise ont notamment ciblé Cullen Frost, ETrade, Freeport McMoRan, Imax, Informatica, JP Morgan, Mellon Financial, XTO Energy, L-3 Communications, Swift Transportation.

Remarquez qu'il s'agit ici de titres qui ont déjà fait l'objet de transactions d'achat de la part de certains initiés.

Un bémol important. En Bourse, aucune méthode de sélection de titres peut se vanter d'être à l'épreuve des corrections boursières.

À preuve, parmi les grosses transactions d'achat d'actions effectuées par des initiés, on retrouve des titres perdants. Il suffit de penser à la débandade catastrophique que le ministre James Flaherty a fait subir aux parts des fiducies de revenu lorsqu'il a annoncé le 31 octobre dernier la mise en place à compter de 2011 d'un nouveau régime d'imposition des fiducies de revenu.

Tous ces initiés se sont retrouvés dans le rouge avec leurs achats. Pensons entres autres à ceux qui ont acheté des parts de Bell Aliant, Pages Jaunes,Trilogy Energy, Ensign Energy.