Il recommence à y avoir un peu d'action autour de Mazarin, dont le titre se négocie depuis longtemps au prix d'une coquille vide, soit à peine 5 cents.

Michel Girard

Il recommence à y avoir un peu d'action autour de Mazarin, dont le titre se négocie depuis longtemps au prix d'une coquille vide, soit à peine 5 cents.

À lui seul, l'actuel président du conseil d'administration de Mazarin, John LeBoutillier, vient de mettre la main sur un bloc de 327 000 actions, à l'occasion de six transactions effectuées entre le 1er et le 6 février dernier.

Les actions ont toutes été achetées au prix de cinq cents pièce, pour un débours total de 16 350$.

Le bloc d'actions acquis par M. LeBoutillier représente presque la moitié des 669 000 actions de Mazarin qui ont changé de mains depuis le début de la nouvelle année.

À première vue, on serait porté à croire qu'il s'agit d'un bien petit volume et d'une somme d'argent relativement modeste pour un titre négocié en Bourse.

C'est vrai. Cependant, on parle ici d'un petit titre (MAZ.H) qui se négocie à la mini-Bourse du Groupe TSX, soit le NEX.

Deuxièmement, pourquoi le président d'une petite société injecterait-il de l'argent de sa poche dans l'achat d'actions additionnelles s'il ne croyait pas aux projets d'avenir de sa société et à la possibilité de faire une bonne affaire?

Troisièmement, John LeBoutillier n'est pas seulement président de Mazarin. C'est un homme d'affaires aguerri qui occupe notamment deux postes prestigieux, soit celui de président du conseil d'administration de l'Industrielle Alliance (assurances et services financiers) et celui de président du conseil d'administration du Conseil du patronat.

Enfin, il est important de rappeler que John LeBoutillier connaît fort bien le secteur minier au Canada, ayant déjà été président de la Compagnie minière IOC, l'un des plus importants producteurs de minerai de fer au Canada, et aujourd'hui filiale de Rio Tinto.

Le principal actionnaire de Mazarin est la Caisse de dépôt et placement du Québec. Dans son rapport annuel de 2006, la Caisse y divulguait un bloc 4,7 millions d'actions de Mazarin.

En raison de ses activités dans le secteur des mines d'amiante par l'entremise de ses filiales, dont la société Asbestos, l'image boursière de Mazarin a été largement ternie au fil des dernières années.

À la suite de la faillite de LAB Chrysotile, Mazarin a repris le droit d'usage de ses propriétés minières.

Dans son rapport de novembre dernier, John LeBoutillier a fait une croix sur un retour à l'exploitation directe des mines d'amiante de la région de Thetford Mines.

Il avait toutefois attiré l'attention des actionnaires sur de «nouvelles avenues» susceptibles de rentabiliser les propriétés et les actifs de Mazarin.

Quelles sont ces nouvelles avenues? Il citait «la vente de certains terrains, bâtiments et équipements miniers, leur location ou la mise en place de partenariats pour leur mise en valeur, incluant la valorisation des résidus miniers».

Interrogé sur les projets d'avenir de Mazarin, M. LeBoutillier s'est contenté de renvoyer La Presse Affaires à son rapport de novembre dernier.

À suivre...