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Rhoda et Rhona Wurtele vont très bien, merci...

Ronald King
La Presse

C'est une histoire qui commence en 1933 sur un saut à ski qui existait sur le mont Royal dans le coin de Côte-des-Neiges. Un garçon défie ses jeunes soeurs jumelles de 11 ans d'essayer le grand saut réservé aux garçons. Les deux gamines répondent «tout de suite» et c'est le début d'une longue vie de sportives et de casse-cou qui va passer par les Olympiques de Saint-Moritz en 1948.

Les soeurs Rhoda et Rhona Wurtele vont devenir des vedettes du ski féminin naissant. Elles vont remporter des dizaines de compétitions au Canada, aux États-Unis et en Europe.

Et l'histoire connaîtra un autre épisode mémorable aujourd'hui au mont Tremblant. Dans les années 40, les soeurs Wurtele ont obtenu tous leurs certificats d'instructeur de ski, sauf le plus élevé. «Jamais une femme n'aura le Grade quatre», leur a-t-on dit à l'époque.

Demain, lors d'un banquet, la CSIA (Association des instructeurs de ski du Canada) réparera son geste et leur remettra leur Grade quatre honoraire ainsi qu'une place au Temple de la renommée du ski canadien.

À 86 ans.

Rhoda a donc sauté dans sa voiture mardi et elle a conduit de Toronto jusqu'à Pointe-Claire, où vit sa soeur. Elles se rendront au mont Tremblant aujourd'hui.

«Nous ne sommes pas fâchées contre la CSIA du tout, nous sommes même très honorées. C'est là que nous avons appris à skier. Et puis à l'époque, ce n'était pas important pour nous. Nous étions déjà instructeurs de ski, nous n'avions pas besoin du Grade quatre et nous n'avions plus à passer leurs examens. Et il fallait demeurer des amateurs pour faire de la compétition dans d'autres sports.

«Nous n'étions pas des pros, nous étions deux secrétaires qui faisaient du sport les week-ends. On se foutait pas mal de la CSIA. Mais demain nous serons contentes de voir nos enfants, de vieux amis et de recevoir des honneurs. Nous y allons avec plaisir.»

Jumelles à vie

Vous ne saurez pas qui de Rhona ou Rhoda parle dans cet article. Trop compliqué pour le journaliste et les deux dames s'en moquent. Elles sont habituées et elles adorent le fait d'être jumelles. Elles vous demandent même de deviner laquelle est laquelle.

«Nous sommes très chanceuses de nous avoir eue l'une et l'autre. Nous étions toujours deux, et comme nous étions de même force en sport, nous étions toujours ensemble sur les terrains de tennis, d'athlétisme, d'équitation et dans les piscines. Au tennis, nous avions déjà une partenaire...

«À l'école, les professeurs ont voulu nous séparer parce qu'ils se trompaient toujours de personne et mêlaient nos résultats scolaires. Mais on n'a jamais voulu.

«Un jour, nous nous sommes mariées, un grand mariage double où nous avons eu beaucoup de plaisir, et tout a changé. Je n'avais jamais pris un repas de ma vie sans ma soeur. La première fois, je me sentais toute drôle. Je suis partie dans l'Ouest avec mon mari et, séparées pour la première fois, il nous a fallu apprendre à devenir des adultes.»

Les Wurtele

On prononce en faisant rimer avec turtle. Le nom est allemand, mais la famille à des racines profondes au Québec.

«Il y avait des Wurtele à la bataille des plaines d'Abraham. Il y a une cinquantaine de Wurtele enterrés au cimetière de Sainte-Foy. Un de nos ancêtres a été président de l'Assemblée nationale à Québec. Notre grand-père était ministre (protestant) d'Acton Vale.»

Rhona Wurtele a marié un monsieur Gillis et elle est la mère de Margie Gillis, la superbe chorégraphe et danseuse québécoise de renommée internationale, et de Jere, qui a porté les couleurs des Canucks de Vancouver, des Rangers de New York et des Flyers de Philadelphie.

«À Westmount, dans les années 40, il n'y avait pas beaucoup de maisons. C'était de grands espaces avec des traîneaux, des pentes de ski, des chevaux. Nous en avions un, le vieux Phil. Notre père était ingénieur chez Power Corp.

«Nous avons vu tout ce coin pousser. Nous avons vu l'oratoire Saint-Joseph pousser. Nous allions jouer sur les toits pendant la construction. On lançait des balles de neige sur les gens en bas.»

Rhoda et Rhona rient très forts de leurs souvenirs, comme elles le feront souvent pendant l'entrevue. On sent qu'elles sont prêtes à tout recommencer. Il y a sept ans, elles ont fait du bungie, oui du bungie, et du parapente ensemble.

Aux J.O.

Les soeurs Wurtele, qui avouent être très compétitives, ont commencé la course quand les hommes ont décidé d'inviter les femmes à leurs compétitions de ski. «Nous avions des skis très grands et lourds. Mais à notre première compétition, nous avons terminé aux premier et deuxième rangs!»

Autre fou rire...

1948, Saint-Moritz, en Suisse... de nombreuses skieuses de tous les pays se blessent à l'entraînement sur une piste dessinée pour les hommes. Rhona subit une fracture à une cheville. Rhoda est sévèrement coupée à la tête, une blessure qui a été mal soignée et qui la force à porter des lunettes aujourd'hui, ce qui ne lui plaît pas du tout.

«Les médecins ont mélangé nos dossiers. Nous avons observé les lieux et nous avons conclu que nous étions capables de descendre cette piste.»

Rhona, la tête bandée et le visage enflé, a réussi à convaincre les organisateurs de la laisser courir. «J'ai raté un virage et je me suis cassé une cheville. Mais j'ai terminé la course. C'est ce que je voulais.»

Twinskis

Rhoda et Rhona ont eu sept enfants à deux, dont six sont toujours vivants. De grands sportifs et de bons athlètes pour la plupart. Elles ont aussi sept petits-enfants à deux.

«Nous commençons à ralentir. Nous préférons maintenant le vélo, le golf, le jardinage et la peinture.

Non, ce n'est pas vrai. Nous ne ralentissons pas. Nos amis, oui, mais pas nous...»

Autre fou rire...

Pour en savoir plus sur les soeurs Wurtele, voir l'excellent ouvrage que l'auteur québécois Byron Rempel leur a consacré.

No Limits est publié aux Éditions Twinskis, qui n'existe pas vraiment, mais qui est le nom du club de ski qu'elles ont fondé il y a une quarantaine d'années et qui fonctionne toujours.

Twinskis, en effet...

 




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