Le, la ou les chefs de Québec solidaire ne participeront pas, ce soir, au débat télévisé entre les candidats des principaux partis du Québec. Le chef du Parti vert, Guy Rainville, n'y sera pas non plus. On se souvient que, lors des récentes élections fédérales, la leader du Parti vert canadien, Elizabeth May, avait été invitée aux deux débats télévisés.

Mario Roy LA PRESSE

C'est d'ailleurs un autre argument avancé par les partisans de QS pour revendiquer l'accès aux ondes. Le parti de Françoise David et Amir Khadir a mené une véritable campagne pour obtenir une place au débat des chefs. Une pétition a été lancée; 11 500 citoyens (en date d'hier) l'ont signée et elle a été appuyée par plusieurs organismes populaires ou syndicaux. Il y a 10 jours, on a aussi bâillonné les statues de Félix Leclerc, Maurice Richard et Octave Crémazie...

 

Pour ce soir, QS avait promis une «surprise» destinée à compenser l'absence au débat: ce sera un échange en direct sur internet entre Françoise David et les électeurs.

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Dans un monde idéal, tous les chefs de parti, aussi marginaux soient-ils, devraient avoir le droit de participer à un débat télévisé. Celui-ci constitue un événement majeur de toute campagne électorale, bien qu'on ne s'entende pas sur son influence réelle sur le vote.

En vertu de cette logique, il aurait fallu, en mars 2007, huit podiums sur scène - ou huit fauteuils autour de la table...

On voit bien que ça n'a pas de sens.

Ça n'a d'ailleurs jamais fonctionné de cette façon. Au niveau fédéral, Elizabeth May a obtenu un micro en raison d'un alignement exceptionnel des astres: un siège vert aux Communes, obtenu sans élection, et l'acquiescement inusité des chefs des grands partis. À ses balbutiements, en 1994, l'Action démocratique du Québec avait également été écartée du débat, Mario Dumont accueillant alors la chose à peu près de la même façon que les chefs de QS aujourd'hui; Dumont sera invité en 1998 après avoir été élu.

Bref, il faut tracer une ligne quelque part et la logique des télédiffuseurs - fondée sur la représentation parlementaire et la possibilité réelle d'accéder au gouvernement ou à l'opposition - en vaut une autre.

En contrepartie, QS obtient une couverture dans les grands médias nationaux qui est supérieure à son support réel dans la société civile. Ainsi, le bilan de la campagne 2007 indique que QS a obtenu 6% de l'espace médias pour ne finalement récolter que 3,64% des voix.

Cette fois-ci, pour QS ou le Parti vert, ne pas parvenir à augmenter leur électorat de façon significative et à obtenir au moins un siège à l'Assemblée nationale devra être interprété très exactement pour ce que cela veut dire...

Nonobstant cette situation particulière, l'idée d'une forme de représentation proportionnelle au Salon bleu demeure bonne. Bien davantage qu'un plateau de télévision ouvert pendant deux heures tous les quatre ans, l'Assemblée nationale est le lieu privilégié, et permanent, de l'expression de tout l'éventail des positions politiques et idéologiques.

Mais encore là, il y a des règles. Des règles qui ne pourront jamais contourner la nécessité d'un appui citoyen minimal.