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The Quiet Ones: ni tranquilles ni silencieux

Les acteurs Jared Harris et Olivia Cook dans... (Photo: fournie par Lionsgate)

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Les acteurs Jared Harris et Olivia Cook dans le film The Quiet Ones, un drame d'horreur qui prend rapidement les allures d'un thriller psychologique.

Photo: fournie par Lionsgate

Sonia Sarfati
La Presse

(Los Angeles) Jared Harris a fréquenté un collège où avait été pratiqué un exorcisme. Sam Claflin s'est fait un devoir d'être ordinaire avant d'éclore en flamboyance dans The Hunger Games: Catching Fire. Et Olivia Cooke a perdu toute dignité en leur présence. Bref, de leur propre aveu, ils ne se sont pas ennuyés pendant le tournage de The Quiet Ones.

The Quiet Ones se présente comme un drame d'horreur - jeune fille possédée qu'il faut exorciser - mais prend bientôt les allures d'un thriller psychologique où le paranormal se heurte au scientifique. Et vice-versa.

Tourné avec un budget avoisinant les 3 millions, le film est vaguement inspiré par l'«expérience Phillip», menée au milieu des années 70 à Toronto et dont le postulat voulait qu'il soit possible, en unissant les énergies négatives d'un groupe, de créer des phénomènes paranormaux.

Quatre scénaristes, dont le réalisateur John Pogue, ont à partir de là imaginé Jane Harper (Olivia Cooke), orpheline «possédée» par un esprit maléfique appelé Evey. Professeur à Oxford en 1974, Joseph Coupland (Jared Harris) croit plutôt être en présence de l'expression physique des tourments intérieurs de la jeune fille.

Afin de «traiter» Jane et «détruire» Evey, il s'enferme avec elle (s) dans une maison isolée, en compagnie de deux assistants (Erin Richards et Rory Fleck-Byrne) et d'un caméraman, Brian (Sam Claflin). Lequel se prend d'affection pour la patiente, qu'il voit bientôt comme une victime.

«Quand j'ai lu le scénario, je me suis dit que ce serait amusant à jouer. Hurler, me tordre, sauter au visage des gens. Et en effet, ç'a été amusant. Mais à faire cela pendant des jours, sérieusement, je n'avais plus aucune dignité après ce tournage», rigolait, lors de rencontres de presse tenues à Los Angeles, Olivia Cooke, qui venait d'avoir 18 ans quand elle a obtenu le rôle et n'avait pas encore été engagée pour incarner l'amie de l'inquiétant Norman dans la série Bates Motel.

Le tournage de The Quiet Ones a en effet eu lieu il y a deux ans. Alors que Sam Claflin, de son côté, attendait une réponse qui pouvait changer sa vie: il était dans la course pour jouer Finnick Odair dans The Hunger Games: Catching Fire.

Et? Et c'était le milieu de la nuit. Une journée de travail interminable. La dernière de l'aventure. L'acteur se tenait sur le porche de la maison servant de décor principal au film. Il reprenait une scène quand un membre de l'équipe a glissé un mot à l'oreille de John Pogue. Bientôt, ce dernier a tendu un téléphone à Sam Claflin. Quelques minutes plus tard, le bouchon de champagne sautait. «Quand le soleil s'est levé, Sam a «enterré» Brian et est devenu Finnick», plaisante le réalisateur.

Sortir de l'ombre

En fait, ce n'est presque pas une figure de style puisque l'acteur s'est alors départi de l'enveloppe «ordinaire» du personnage qu'il incarne dans The Quiet Ones - «Brian est un type «moyen» en tout, il est timide et solitaire» - pour enfiler celle du flamboyant tribut du district Quatre. Et se lancer dans l'aventure la plus terrifiante de sa jeune carrière, les attentes des fans étant celles que l'on imagine.

«Un jour, j'ai consulté un blogue où elles avaient fait la liste de tous les acteurs qu'elles imaginaient pour le rôle. Il y avait une centaine de noms. Pas le mien.» Il en rit aujourd'hui, ayant livré une performance qui a convaincu même les plus sceptiques.

Reste qu'en l'observant, bien dans sa peau, sourire ravageur, humour, on se dit qu'il a plus en commun avec Finnick qu'avec Brian. En fait, c'est pour cette différence à explorer que le rôle l'intéressait. De même que pour l'évolution du personnage, qui sort de sa coquille au fil du récit.

Le défi était différent pour le vétéran du petit groupe, Jared Harris. Le professeur Coupland n'a aucun problème à montrer ce qu'il est. Mais «ce qu'il est» semble changer selon le moment et l'éclairage mis sur lui. «Vous poussez le public dans tellement de directions avec lui! On le voit d'abord comme un homme rationnel, un scientifique qui a un but très altruiste, puis vous commencez à avoir des doutes quant à ses intentions véritables et ses méthodes. Serait-il manipulateur? Sadique? Et ainsi de suite jusqu'à la fin», résume celui qui s'est immédiatement senti «chez lui» dans cet univers étouffant: «J'ai étudié dans un collège dirigé par des moines bénédictins et des trucs bizarres se passaient là», fait-il, très pince-sans-rire.

Et de relater, avec moult détails, un exorcisme qui aurait été pratiqué en ces lieux. Puis, les conséquences spectaculaires de l'utilisation «insouciante» d'une tablette de Ouija.

C'était avant son passage dans l'institution. Mais, caméra ou pas, ce diable d'acteur sait comment vous entraîner là où il le veut. Autant dans l'inquiétude que dans les rires... et les larmes - comme le savent ceux qui ont assisté à la «sortie» de son personnage dans Mad Men.

Un suicide qui a pris tout le monde par surprise. Lui le premier. «Ça m'a donné un choc quand j'ai appris que c'était la fin. Mais en même temps, en tant qu'acteur, comment résister à cette chance de faire un tel splash? Ce qui m'a semblé terrible au départ a finalement été un gros cadeau.» À preuve, deux ans plus tard, on en parle encore. Avec émotion.

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The Quiet Ones (Les âmes silencieuses) prend l'affiche aujourd'hui. Les frais de voyage ont été payés par Les films Séville.




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