Pour la première fois de sa carrière, la comédienne Geneviève Schmidt vivra l’expérience de l’animation. L’occasion ? La présentation de la 22édition du Gala Québec Cinéma le dimanche 6 juin prochain à ICI TÉLÉ. Se disant stressée, mais bien entourée, la comédienne souhaite faire un gala qui lui ressemble. Entrevue.

André Duchesne
André Duchesne La Presse

Un dimanche matin, au début du printemps. Geneviève Schmidt planifie ses mois d’avril et de mai, heureuse de voir que « c’est tranquille » côté professionnel. Tant mieux, se dit-elle. La dernière année a été très occupée. Le moment sera propice pour relaxer et s’occuper de sa maison. Le téléphone sonne. Son agente. « Veux-tu animer le Gala Québec Cinéma, le 6 juin ? »

Geneviève Schmidt rigole en racontant l’anecdote. Son printemps sans gros projet vient de prendre le bord. S’occuper de sa maison, une vieille rengaine que ses amis connaissent, est un projet de nouveau remis à plus tard. Mais le défi de l’animation est trop tentant pour dire non.

« J’ai donné ma réponse au bout de douze minutes et quart de réflexion », dit-elle dans l’immense et lumineux hall d’entrée de la nouvelle Maison de Radio-Canada où La Presse la rencontre. « J’ai trouvé que c’était un choix audacieux de me contacter pour animer. Et c’est une belle surprise. Qu’on ait pensé à moi me donne confiance. »

En entrevue, la directrice générale sortante de Québec Cinéma, Ségolène Roederer, explique que son adjointe Sylvie Quenneville (qui deviendra DG le 15 juin) et elle ont eu un coup de cœur pour la comédienne après avoir vu la vidéo qu’elle avait faite l’an dernier pour le gala en ligne. « Nous avions demandé à des artistes de nous faire une vidéo à leur goût pour faire un petit coucou durant le gala. Et on a adoré le sketch que Geneviève a bricolé chez elle », dit-elle.

On a tout de suite vu en elle une personne chaleureuse et rassembleuse. Elle possède tout à la fois un côté comique proche des gens, un humour au second degré, mais aussi du charme, de la réflexion, etc.

Ségolène Roederer, directrice générale sortante de Québec Cinéma

La proposition est au diapason avec la philosophie de travail de la comédienne. Geneviève Schmidt préfère les défis et la nouveauté au contrôle. Lorsqu’on lui demande quel personnage elle aimerait incarner au grand écran, elle répond : « Si un jour j’en arrive à dire que je veux jouer tel ou tel personnage, je ne serai peut-être pas si bonne pour l’incarner. J’ai le sentiment que je vais avoir tellement une idée préconçue de l’affaire que le réalisateur aura de la misère à me diriger. J’aime mieux me laisser libre. J’aime rester ouverte à la découverte. »

Plonger dans la préparation

Des découvertes, elle ne manque pas justement d’en faire depuis qu’elle est plongée dans le travail de préparation en vue de la soirée du 6 juin, avec le scénariste Daniel Langlois, le réalisateur Charles Dauphinais, le producteur Benoît Léger et toute l’équipe technique.

La comédienne participe à l’écriture des numéros. Elle apprend l’a b c de l’animation, allant des choix dans la séquence de présentation à la mise en scène, l’écriture et les possibles changements de dernière minute.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Geneviève Schmidt animera le Gala Québec Cinéma.

Elle s’initie aussi à la « politique dans un gala ». Politique dans quel sens ? « Dans le sens de bien faire les choses pour que personne ne soit vexé, dit-elle. Il y a des choses à dire et ne pas dire. »

Justement, celle qu’on a pu voir dans District 31 et Unité 9, notamment, annonce : « Je veux un gala un peu à mon image. Je ne veux pas bitcher. Ça m’est important, car je ne suis pas comme ça dans la vie. Je ne veux pas mettre de lunettes roses non plus en affirmant que l’art va très bien en ce moment. »

Pas de « bitchage », donc. Ça signifie pas de blagues sur Maripier Morin ? « Ni sur elle ni sur le popcorn de M. Guzzo », répond-elle.

Je veux qu’on passe un bon moment ensemble. Je veux être très humble. Et si les projecteurs sont trop tournés vers moi, je ferai en sorte de les détourner vers les films et leurs artisans.

Geneviève Schmidt, animatrice du 22e Gala Québec Cinéma

Les galas sont mal aimés ces temps-ci, lui fait-on remarquer. Les cotes d’écoute sont en chute libre… « C’est parfait d’avoir des galas, soutient-elle. Au Québec, les salles de cinéma ont été fermées pendant des mois. Donc, cette soirée va faire du bien. On va rire, on va découvrir des films ou des acteurs. »

La « sincérité d’un sentiment »

Faisant preuve de retenue, Geneviève Schmidt ne veut rien dire sur les films finalistes de la présente édition. Mais elle souligne que ce qui la frappe, la bouscule, l’émeut dans un film est la « sincérité d’un sentiment ». « Ce que je retiens est la beauté ou la délicatesse de montrer un sentiment ou une atmosphère », dit-elle en donnant en exemple le long métrage Antigone, de Sophie Deraspe.

Un exemple on ne peut plus approprié, car Antigone a remporté six prix Iris, dont celui du meilleur film, au Gala Québec Cinéma de 2020.

La comédienne, qu’on verra prochainement dans les longs métrages L’arracheuse de temps, de Francis Leclerc, et Deux par quatre, de Lawrence Côté-Collins, remercie au passage ses parents, cinéphiles, qui l’emmenaient au cinéma dès son enfance.

Elle se souvient encore en riant du jour où sa mère l’a emmenée voir Le déclin de l’empire américain, de Denys Arcand, au cinéma Parisien de la rue Sainte-Catherine et qu’une spectatrice avait enguirlandée sa mère en affirmant que ce n’était pas un film pour les enfants. « Je n’ai pas du tout été traumatisée », dit celle qui, bien des années plus tard, a joué dans… La chute de l’empire américain du même réalisateur.

Le Gala Québec Cinéma sera présenté sur les ondes d’ICI TÉLÉ le dimanche 6 juin, à 20 h.