Les animateurs de certaines radios privées de Québec ne devraient pas se réjouir trop vite du départ des trois gars de La soirée est (encore) jeune, Jean-Philippe Wauthier, Jean-Sébastien Girard et Olivier Niquet.

Publié le 18 avril

En lisant attentivement le communiqué annonçant l’arrivée de Marie-Louise Arsenault dans le créneau de 16 h à 19 h, le samedi, j’ai accroché sur le bout de phrase où il est dit « comme annoncé par l’équipe de La soirée est (encore) jeune depuis plusieurs mois, l’émission ne reviendra pas dans sa forme actuelle à l’automne prochain ».

Or, ce n’est pas cela que nous répètent ad nauseam les trois baveux d’ICI Première depuis le début de la saison. Ils disent que c’est fini et qu’ils s’en vont.

Il semble bien que la direction de Radio-Canada ne soit pas prête à laisser filer aussi facilement ce concentré de talents et cette chimie explosive. Plusieurs sources me confirment que des discussions ont cours entre la direction et le trio afin de conserver sa présence sur les ondes d’ICI Première.

Est-ce que la nouvelle formule de la LSEEJ occupera moins de place en ne conservant que le créneau du dimanche ? Est-ce qu’elle sera hautement remodelée et se dotera de nouveaux acteurs ? L’émission sera-t-elle préenregistrée ou présentée en direct ?

Toutes ces questions font l’objet d’une réflexion à l’heure actuelle.

Les membres de LSEEJ feront l’objet d’un « bien cuit », le 21 juillet prochain, dans le cadre du festival Juste pour rire. Comme cet évènement a pour but de souligner la fin de l’émission, il serait surprenant qu’elle revienne l’automne prochain à l’identique.

Il est aussi question de rôles en solo pour les membres. On sait que Jean-Sébastien Girard présente depuis quelques saisons JS Tendresse, où il peut à loisir plonger dans un univers musical inspiré des grandes années de Rock Détente où les « beaux chants » et les mélodies racoleuses régnaient.

Quant à Olivier Niquet, roi du bêtisier radio, il est devenu un incontournable lors des bilans de fin d’année. Il ne serait donc pas surprenant de le retrouver ailleurs dans d’autres émissions d’ICI Première.

Lors du passage des trois gars à Tout le monde en parle, le 3 avril dernier, Jean-Philippe Wauthier a, pour décrire ce que les membres de l’émission ressentent après 10 ans, utilisé l’image d’un couple qui s’aime encore, mais qui « a envie de faire un trip à trois » pour mettre du piquant dans sa relation.

En attendant de découvrir ce qui sera fait pour mettre du piquant, on peut encore, d’ici au 8 mai, s’offrir le plaisir d’écouter cette émission déjà légendaire.

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Je vais m’abstenir de commenter la fin de l’émission Plus on est de fous, plus on lit, car j’y suis collaborateur depuis plusieurs années. Mais je veux quand même dire que j’ai très hâte de découvrir la formule de Tout peut arriver à l’automne.

Cela dit, le créneau de ce nouveau rendez-vous retire à Monic Néron celui qu’elle occupe le samedi, entre 16 h et 17 h, avec l’émission Le genre humain. Je ne serais pas du tout surpris de voir cette animatrice, très appréciée par la direction de Radio-Canada, hériter de l’ancienne case de Marie-Louise Arsenault.

Mais une quotidienne de deux heures à la radio, c’est du boulot. Est-ce que celle qui mène d’autres projets à la télévision pourrait insérer cela dans son horaire ?

L’autre grande question est : que fera-t-on avec ce créneau d’après-midi, sans doute l’un des plus difficiles à occuper ? Plus on est de fous, plus on lit avait réussi une chose incroyable : traiter de littérature et de culture entre une émission d’affaires publiques et un « retour à la maison » sans que cela détonne. Faut le faire.

La direction de Radio-Canada pourrait également faire preuve d’audace et créer une émission entre l’actualité et l’humour un peu à la façon des Grosses Têtes en France. Je verrais un groupe de grandes gueules allumées venir commenter l’actualité du jour sur un ton grinçant.

Et je connais un noyau de trois gars qui seraient excellents pour faire cela.

Jeff Fillion

L’annonce du départ de Jeff Fillion de CHOI Radio X suscite un lot de réactions et d’hypothèses.

Fillion et son employeur, RNC Média, ne se sont pas entendus sur les conditions devant faire partie du prochain contrat de l’animateur. Cela portait-il sur une hausse de salaire ou une demande de changement de créneau ? La chose n’a pas été confirmée.

Je crois plutôt que RNC Média n’a plus envie d’avoir parmi ses rangs cet animateur toxique qui nuit à son image et qu’on profite de ce litige pour se débarrasser de lui.

Il y a un prix à payer pour mettre à l’antenne des animateurs qui carburent aux propos tranchants.

Rappelons qu’au cours des derniers mois, CHOI Radio X a fait l’objet d’un boycottage de la part de nombreux annonceurs qui n’avaient pas envie d’être associés aux idées véhiculées par les différents animateurs.

Le départ de Jeff Fillion, qui a souvent mis ses patrons dans l’embarras par ses propos provocants et ses points de vue suintants très souvent la désinformation, marque peut-être le début d’un changement à Québec, celui de la fin du phénomène de la « radio-poubelle ».

Si c’est cela, il faudra se dire que ce changement se fera grâce au pouvoir de l’argent et non pas au bon jugement des patrons.

Si les adieux de Fillion attristent ses admirateurs, ils font le bonheur des artisans de la coalition Sortons les radios-poubelles. Ce groupe qui dénonce à répétition ce type de radio a célébré dimanche son 10anniversaire.

À mon avis, on a sabré le champagne !