Vous saurez lundi soir qui a tué Loulou Hébert (France Castel), ex-mannequin à la tête de l’empire de cosmétiques Nocturne. Vous découvrirez l’identité de la personne louche que Jeanne appelle le Masque.

Publié le 2 déc. 2021

Vous comprendrez comment ont été orchestrés l’exil et la fausse mort de Vincent Lacombe (Antoine Pilon) aux États-Unis. Mais vous n’obtiendrez qu’une partie des réponses aux nombreuses énigmes de Nuit blanche.

Pourquoi ? Parce que Radio-Canada a débranché mardi son soap de luxe qui devait s’étaler sur trois saisons de 12 épisodes. L’équipe a appris la nouvelle en catastrophe, me dit-on. Raison officielle : avec sa moyenne d’écoute de 846 000 accros, la série de Julie Hivon n’a pas trouvé de public « à la hauteur [des] attentes », note la directrice générale de la télévision de Radio-Canada, Dany Meloul.

Le directeur des émissions dramatiques de Radio-Canada, André Béraud, parle « d’un succès modeste ».

OK, peut-être que Nuit blanche n’a pas cartonné comme District 31. Reste que les 846 000 accros à ce soap enivrant de Julie Hivon – qui sont plus nombreux que les 710 000 fidèles de la troisième saison de Plan B – ne découvriront jamais qui est le père de Lucas (Jean-Philippe Perras) ou qui a collaboré avec le Masque pour droguer et injecter le venin dans les veines de Loulou Hébert. Bref, Nuit blanche emportera tous ses secrets dans sa tombe télévisuelle.

Et ça, bien franchement, c’est très plate. C’est super décevant pour les fans (bonsoir !) qui ont investi 12 heures de leur temps à traquer les indices et à tisser des liens entre les époques et les personnages pour assembler le grand puzzle.

Le voisin Marco (Jean-Nicolas Verreault) joue-t-il dans le camp des bons ou des méchants ? Aidrian (Ron Lea) est-il un être machiavélique ou trop protecteur des Hébert ? On jase, là, mais Crave pourrait-il récupérer le projet ? Ou même TVA ?

PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA

Les enfants de Loulou Hébert, interprétés par Jean-Philippe Perras, Marilyse Bourke et Valérie Blais

Ébranlée par la décision de Radio-Canada, Julie Hivon a refusé d’accorder des entrevues à propos de la disparition abrupte de Nuit blanche. Le réalisateur du soap, Sébastien Gagné, qualifie cette série de « carré de sable extraordinaire ». « J’y ai découvert des acteurs formidables, dont Marilyse Bourke, Ron Lea, Jean-Philippe Perras, Valérie Blais ou Élodie Grenier », indique Sébastien Gagné, qui a aussi été derrière la caméra pour la comédie Lâcher prise.

Dans l’épisode diffusé lundi soir, l’équipe de Nuit blanche a utilisé la technique de l’hypertrucage (le deepfake) pour créer une entrevue que Louise (Rose-Marie Perreault) a accordée à l’émission Femme d’aujourd’hui. Le visage de l’animatrice Aline Desjardins en 1973 a ainsi été fusionné à celui d’une actrice qui jouait le rôle de l’intervieweuse. Et la vraie Aline Desjardins, qui a 87 ans, est venue en studio pour enregistrer le dialogue de l’entretien. C’était vraiment bien fait.

Je radote, mais j’ai adoré Nuit blanche, qui ne ressemblait à rien d’autre à la télé québécoise. À la fois série historique et roman-savon, cette production sollicitait chaque seconde de notre attention.

« J’ai eu des commentaires à l’effet que ça allait trop vite. D’autres ont trouvé le rythme trop lent. Je pense que la trame dans les années 1970 a largué plein de gens », estime le réalisateur Sébastien Gagné.

Quelques secrets de coulisse, maintenant. C’est la luxueuse maison patrimoniale Louis-Joseph Forget, rue Sherbrooke Ouest, qui a servi de décor pour l’hôtel Flanagan. L’extérieur de l’immeuble de la compagnie Nocturne est en fait le centre d’art Diane-Dufresne à Repentigny. Et la maison Tressler de Vaudreuil-Dorion a été employée comme résidence principale – le fameux manoir – de Louise Hébert.

Une théorie circule selon laquelle Bertrand (Simon Pigeon et Michel Rivard) pourrait être le papa de Lucas. Chose certaine, il ne s’agit pas d’Aidrian, me confirme une source au sein de la production. Seule Julie Hivon le sait. Et elle garde le silence.

Fondu au noir sur L’heure bleue

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE L’ÉMISSION

Le téléroman d’Anne Boyer et de Michel d’Astous a pris fin après cinq ans.

L’heure bleue de TVA s’est doucement éteinte dans nos téléviseurs avec un épisode qui respirait la sérénité. Après cinq années tumultueuses, le téléroman d’Anne Boyer et de Michel d’Astous ne pouvait finir autrement que sur cette note d’espoir, où chacun des personnages a complété sa trajectoire.

Anne-Sophie Moran (Céline Bonnier) et son ex-mari Bernard Boudrias (Benoît Gouin) ont décidé de partir un an en roadtrip et les colocs ont fait un dernier 5 à 7 à l’appartement du Mile End avant de se disperser chacun de leur côté. Le montage des meilleurs moments des colocs, couché sur la chanson Tu peux partir de Daniel Bélanger, a été émouvant. La chanson finale, L’aventure humaine de Guy-Philippe Wells, collait parfaitement à l’intrigue. De très beaux choix musicaux.

Lorsque nous avons connu la famille Boudrias, en janvier 2017, elle vivait un drame épouvantable. Leur fils de 7 ans avait été tué par un chauffard, Anne-Sophie avait fui à Montréal pour se reconstruire et la colère détruisait Bernard de l’intérieur. La rédemption n’a pas toujours été évidente. Lentement, les angles se sont arrondis.

Au point où Clara (Alice Morel-Michaud) sort maintenant avec celui (Rémi Goulet) qui a tué son frère. L’ex-prisonnier Raphaël (Jean-Philippe Perras) goûte enfin au bonheur, tandis que Pauline (Sylvie Moreau) et Normand (Jean Petitclerc) réalisent leur rêve familial. L’heure bleue, malgré des moments plus lents, demeurera un exemple de télé profondément humaine et bienveillante.