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Les enseignants n'ont pas à craindre une évaluation

Une vaste majorité d'enseignants s'acquittent de leur tâche... (PHOTO: LOUIE PALU, ARCHIVES THE GLOBE AND MAIL)

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Une vaste majorité d'enseignants s'acquittent de leur tâche avec dynamisme, coeur et compétence. En processus d'amélioration continue, ils auraient tout à gagner d'un mécanisme d'évaluation.

PHOTO: LOUIE PALU, ARCHIVES THE GLOBE AND MAIL

Jean-François Roberge
L'auteur enseigne au primaire depuis 13 ans sur la Rive-Sud.

Enfin, il était temps! Voilà ce que j'ai pensé en prenant connaissance des propositions de la Coalition pour l'avenir du Québec.

N'en déplaise aux groupes de pression qui ont tôt fait de tirer sur le messager, les maux qui affectent le système d'éducation en général et la profession enseignante en particulier sont trop nombreux pour que l'on se satisfasse du statu quo.  

Premièrement, les enseignants sont sous-payés en regard de l'importance de la tâche qui leur incombe. Cet état de fait nuit immanquablement au recrutement des meilleurs éléments, qui sont tentés de faire carrière ailleurs. Imaginez?: les facultés d'éducation font si peu de contingentement qu'ils acceptent les étudiants qui n'auraient aucune chance d'être acceptés dans d'autres facultés! On ne peut pas s'attendre à avoir un réseau scolaire dynamique et inspirant avec des gens dont l'enseignement était le deuxième, voire le troisième choix de carrière!

Ensuite, les lobbies syndicaux de l'enseignement sont très forts pour réclamer des privilèges au nom de l'autonomie professionnelle, mais ils lancent de hauts cris s'il est proposé de créer un organisme pour encadrer et régir l'exercice de la profession. «On n'a pas d'ordre à recevoir!», tel était le slogan démagogique de la CSQ lorsqu'en 2002, le gouvernement songeait à la mise sur pied d'un ordre professionnel. Sans encadrement sérieux, sans système d'évaluation digne de ce nom, sans programme de formation continue rigoureux et obligatoire, la profession enseignante n'a de profession que le nom.

La Coalition propose d'évaluer le travail des enseignants? Normal! Quelle entreprise, quel organisme sérieux ne se donne aucun mécanisme de contrôle, aucune façon d'évaluer ses employés? J'ai toujours cru qu'enseigner est un privilège qui doit être mérité, pas un droit qui se défend.  

On me répondra sur un ton jovialiste que le réseau fonctionne bien et que si la majorité des étudiants réussissent, c'est grâce à des milliers d'enseignants compétents qui font leur travail avec passion. C'est presque vrai. Une vaste majorité d'enseignants s'acquittent de leur tâche avec dynamisme, coeur et compétence. Ces professionnels, qui sont en processus d'amélioration continue, n'ont donc rien à craindre d'un mécanisme d'évaluation. Au contraire, ils ont tout à y gagner. Il est plus que temps que leur travail soit reconnu à leur juste valeur.

Depuis trop longtemps, la profession enseignante est dévalorisée.Aujourd'hui, quand je croise des gens et que je leur annonce que je suis enseignant, je ne sens pas qu'ils m'estiment, je sens qu'ils me prennent en pitié! D'ailleurs, le commentaire qu'on me fait le plus souvent est: «Vous êtes enseignants? Mon dieu, comment faites-vous? Moi, je ne serais pas capable de faire votre job!» Il est plus que temps que ça change!

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