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Efficacité énergétique: le Québec dort au gaz... de schiste!

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Plutôt que d'accroître la production d'énergie, l'efficacité énergétique,... (PHOTO: ARMAND TROTTIER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Plutôt que d'accroître la production d'énergie, l'efficacité énergétique, notamment des maisons, doit être la priorité des 10 à 20 prochaines années, estiment une majorité de Québécois.

PHOTO: ARMAND TROTTIER, ARCHIVES LA PRESSE

 

François P. Granger

L'auteur est président du Réseau des ingénieurs du Québec.

Alors que le Québec vibre pour la controverse entourant les gaz de schiste, d'aucuns jugeront le jeu de mots facile et déjà vu... et avec raison. Mais ce titre accrocheur a évidemment un but: rappeler que pour les Québécois, de tous les défis existants, la priorité, c'est l'efficacité énergétique!

Il est regrettable, alors que Montréal accueillait cette semaine le Congrès mondial de l'énergie, que les débats entourant les gaz de schiste éclipsent de la scène publique l'enjeu numéro un des Québécois. Ce que confirment les résultats d'un récent sondage Senergis-Le Devoir réalisé début septembre.

En effet, près de 70% des Québécois pensent que la priorité des 10 à 20 prochaines années n'est pas tant d'accroître la production d'énergie que de réduire la demande par une véritable politique d'économies d'énergie (23% seulement pensent le contraire). Les Québécois sont donc pleinement conscients et préoccupés du fait que le Québec consomme trop d'énergie, et ce, peu importe la couleur de la filière: bleue, noire, verte, ou tout ce qu'on peut imaginer de sale ou de propre. Une situation qui ne peut être changée qu'en modifiant les habitudes de consommation, autant au niveau industriel qu'individuel.

De leur côté, les grands consommateurs, qu'ils soient institutions, commerces ou industries (qu'on qualifie dans le jargon d'ICI) affirment régulièrement et devant plusieurs tribunes, incluant la Régie de l'énergie, vouloir faire leur part d'économies d'énergie, au nom de la productivité et/ou de la réduction de notre empreinte écologique... mais que leurs investissements gagneraient à être soutenus par un financement adéquat.

Par ailleurs, le Québec vit dans une situation de dépendance totale au pétrole, dont on sait que le prix est condamné à monter en flèche et que sa consommation nuit à notre bilan carbone, ainsi que notre balance commerciale.

Résumons-nous. Les Québécois se disent préoccupés et en attendent plus du gouvernement en matière d'efficacité énergétique toute filière confondue, tandis que les ICI peuvent faire leur part d'effort pour améliorer leur efficience. Par contre, le Québec doit vivre avec des tarifs d'électricité qui n'encouragent pas l'économie d'énergie sauf à coup de subventions, alors que chacun sait que la situation budgétaire du Québec n'est pas au beau fixe. En outre, le Québec cherche à réduire sa dépendance aux hydrocarbures qui plombent notre balance commerciale.

Si on ajoute à tout cela une stratégie énergétique 2006-2015 ambitieuse en matière de cibles d'économies d'énergie, doublée d'un plan de réduction des gaz à effet de serre (GES) non moins ambitieux, on obtient un cocktail plutôt explosif qui prend des allures de cul-de-sac.

Mais, en mélangeant toutes ces contraintes à la recherche de solutions, il est aussi possible d'en entrevoir une qui existe déjà dans d'autres économies. Une solution qui pourrait prendre la forme d'un fonds destiné à octroyer des prêts aux ICI pour stimuler les investissements en efficacité énergétique. Un fonds qui pourrait s'autofinancer grâce au remboursement des prêts consentis à même les économies d'énergie réalisées. Un fonds qui pourrait être administré par un bras financier du gouvernement, afin de concourir à l'atteinte d'objectifs concomitants comme la réduction des GES et la réduction de notre bilan de consommation. Enfin, un fonds qui permettrait à chaque «négawatt» économisé d'être valorisé ailleurs, que ce soit dans la création de richesse collective, avec son exportation par exemple, ou dans la conservation de notre patrimoine naturelle.

Dans un contexte de développement durable, le «négawatt» s'impose à nous comme un défi qui devrait être embrassé avec enthousiasme par toute la société québécoise. Aussi, à l'heure ou tout semble sujet à controverse dès qu'on touche à la question énergétique, pourrions-nous collectivement, au moins relever le défi du consensus en matière d'efficacité énergétique? Notamment en commençant par soutenir la mise en oeuvre d'un fonds destiné à soutenir les efforts d'innovation de nos plus gros consommateurs?

Les ingénieurs sont prêts à relever ce défi. Tout comme celui de l'optimisme!

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