L'Église s'enlise

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Benoît XVI (à droite), un pape conservateur, qui vient de nommer un évêque conservateur, le cardinal Ouellet, au poste de responsable de la nomination des futurs évêques, évidemment conservateurs.

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Gilles Maurice Pépin

L'auteur est un retraité qui a quitté la prêtrise dans les années 60.

La Presse

La récente nomination du cardinal Ouellet au Vatican n'a rien de réjouissant ni d'inspirant. Elle s'inscrit dans une logique implacable respectant le principe spirituel qui proclame: «Qui se ressemble s'assemble.»

Jean XXIII avait fait germer de profonds espoirs avec le concile Vatican II qui aurait dû permettre un renouveau de l'Église catholique. Il a suffi de l'intervention d'un pape très conservateur comme Paul VI, après ce fameux concile, pour détruire toute velléité de changement. Ce dernier a réaffirmé alors l'enseignement de l'Église dans le domaine de la morale et plus particulièrement de la morale sexuelle touchant les couples mariés.

J'étais étudiant à Rome à cette époque et j'avais été tellement déçu par l'intolérance et le peu d'empathie de cette Église dont je devais appliquer les préceptes. Je me rappelai alors mes deux années de profonde douleur lorsque, installé au confessionnal, à Montréal, j'avais entendu le désespoir et la rage de centaines de personnes à qui les prêtres avaient refusé l'absolution pendant d'innombrables années par ce qu'elles pratiquaient la planification des naissances par des méthodes proscrites par l'Église.

Je n'ai jamais refusé l'absolution à aucune de ces personnes à qui je disais que Dieu n'était pas un voyeur, vicieux, qui surveillait leur façon de faire l'amour. J'ajoutais que Dieu n'est pas un juge, mais la source même de l'amour et que la relation sexuelle était justement une merveilleuse manifestation d'amour.

Je me rappelai aussi ma sainte mère qui a dû subir 22 grossesses et qui me disait souvent que si les prêtres étaient mariés, ils comprendraient sans doute mieux les problèmes reliés à la planification des naissances.

Je suis passé par une remise en question fondamentale de mon engagement sacerdotal et j'ai alors pris la décision de quitter cette Église qui avait tellement défiguré le message formidable de Jésus et qui semblait inspirée, plutôt, par l'horrible époque de l'affreuse Inquisition.

En 1968, lors d'un sondage fait au Québec, pour la première fois plus de 80?% des femmes avaient affirmé qu'elles ne se sentaient pas concernées par l'enseignement de Paul VI en matière de morale conjugale. J'ai alors prédit que c'était la fin de l'Église catholique au Québec. Comme j'ai eu raison!

Après Paul VI vint Jean-Paul II, autre pape très conservateur. Lors de son pontificat, il a évidemment nommé, dans une très large mesure, des cardinaux et des évêques conservateurs. Ces derniers ont évidemment élu, en Benoît XVI, un autre pape conservateur qui vient de nommer un évêque conservateur, le cardinal Ouellet, au poste de responsable de la nomination des futurs évêques, évidemment conservateurs.

Le renouveau de l'Église catholique n'est pas pour demain. Même si l'Église s'enlise, un faible espoir demeure, car elle a déjà connu des périodes bien pires et s'en est toujours relevée. Peut-être que les enfants de nos enfants pourront susciter une résurrection.

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