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Travailleuses du sexe: un mépris injustifié

«Vendre son corps»... Une expression que nous servent ad nauseam les opposants... (PHOTO: ARCHIVES AP)

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PHOTO: ARCHIVES AP

 

Ariane Valmont

«Vendre son corps»... Une expression que nous servent ad nauseam les opposants à la décriminalisation du travail du sexe, nous prouvant ainsi tout le mépris qu'ils ressentent envers nous, travailleuses du sexe.

Pourtant, moi qui suis directement concernée puisque je suis escorte indépendante depuis maintenant trois ans, je n'ai jamais eu l'impression de vendre mon corps à qui que ce soit. Je fais un métier que j'aime et que j'ai choisi.

Les hommes que je rencontre dans ce cadre sont pour la plupart respectueux et soucieux que je me sente à l'aise avec eux. En tout temps, je suis celle qui détermine les limites de notre rendez-vous.

Mon corps n'appartient qu'à moi et ce que j'offre à mes clients, ce sont des services érotiques teintés de tendresse et de chaleur humaine. Nous sommes loin de l'image sordide et dégradante que certains croient représentative d'une réalité qu'ils ne connaissent pas ou partiellement.

La violence faite aux travailleuses du sexe existe bel et bien, on ne peut ni ne doit le nier. Mais quelles en sont les causes réelles? Le discours à la mode est de blâmer les clients, de les présenter comme des êtres immoraux ayant peu de scrupules alors que dans les faits, on parle ici très souvent de votre frère, votre ami, votre collègue, votre voisin, votre mari, des citoyens respectables qui ne cherchent qu'à s'offrir de simples moments de plaisir en agréable compagnie.

Il y a cependant de ces gens pour qui les travailleuses du sexe sont des catins sans âme prêtes à tout pour quelques dollars et, malheureusement, ils ne se gêneront pas pour les traiter comme des sous-humaines s'ils en ont l'occasion.

Mais à qui la faute? Est-ce vraiment le travail du sexe comme tel qui provoque cette réaction ou plutôt la représentation que la société fait du travail du sexe? Criminaliser les travailleuses du sexe revient à les marquer au fer rouge, les identifier comme des parias, des femmes de «mauvaise vie».

Cela entraîne une série de conséquences: agressions, services essentiels refusés ou bâclés, nécessité de s'isoler de la communauté, obligation de réclamer sans cesse le respect et d'affirmer sa dignité... Et si on choisit plutôt de criminaliser les clients, le message qu'on envoie est clair: les travailleuses du sexe ne sont que de pauvres victimes incapables de démêler ce qui est bien de ce qui est mal, de choisir ce qui est le mieux pour elles-mêmes. D'une façon ou d'une autre, on contribue à cautionner une certaine forme de violence ? qu'elle soit physique ou psychologique ? en les présentant comme des êtres humains de seconde classe.

Trois femmes ont décidé de s'opposer à cette tyrannie en défendant leurs droits ainsi que ceux de leurs clients devant la Cour supérieure de l'Ontario. Elles ont pour nom Valerie Scott, Terri-Jean Bedford et Amy Lebovitch. Je lève mon chapeau devant tant de courage. Leur combat ne fait que débuter, car il y a beaucoup à faire. Les préjugés sont ancrés solidement et ce sera un travail de longue haleine si on souhaite remettre en question les idées reçues.

En attendant qu'une pareille initiative juridique soit enclenchée au Québec, mon souhait le plus cher est que les médias d'ici donnent la parole à tous, défendeurs et opposants de la décriminalisation, et ce, sans parti pris. Laissez-nous la chance de vous démontrer que la réalité n'est pas toujours celle que vous croyez ou aimeriez croire.

L'auteure est une escorte indépendante.

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Commentaires (29)
    • C'est étrange cette idée que seulement les prostituées et prostitués sont les seuls à "vendre" (louer serait plus adéquat) leur corps. Les débardeurs, les bus boy, les serveuses, les infirmières, les travailleurs de la construction, etc., ils font leur travail avec quoi ? La pensée ? Télékinésie ? Même les jobs "intellectuelles" font appel au cours... à moins d'être de ceux qui croient que leur conscience est complètement distincte de leur cerveau...

    • Bravo! Je ne comprends toujours pas pourquoi la sexualité ne fait pas partie des besoins essentiels reconnus puisqu'ils répondent à de réels besoins.

      Il y a de ça plusieurs années j'habitais l'est de la ville, dans un quartier où le commerce le plus florissant était sans contredit le commerce du sexe. Exposées à ciel ouvert elles attendaient le client espérant ne pas être vues par leurs enfants des femmes parfois fortes d'autres fois vulnérables. Véritables contorsionnistes effectuant des fellations dans des dispositions inconfortables dans des voitures au détour d'une ruelle ou encore montant abord d'un véhicule (du tacot à la BMW) pour une destination inconnue. Comme j'aurais souhaité à ce moment pouvoir leur offrir un lieu où exercer leur métier: qu'elles aient pu recevoir leurs clients, avoir la possibilité de se faire un brin de toilette entre les clients, un lieu sécuritaire, où on arrive et que l'on quitte lorsqu'on a assez travaillé pour la journée, par ce qu'elles ont aussi une vie après le travail.

      Bien qu'il n'y ait pas d'études de marché sur le sujet, à moins que l'Homme ne devienne profondément dénaturé, criminelles ou pas de toute façon il y aura toujours des travailleuses du sexe.

    • venin, elorio et sulnet, merci pour vos commentaires!

      C'est grâce à l'appui de gens tels que vous que nous réussirons à combattre les préjugés liés au travail du sexe.

      Ariane

    • il est interdit de vendre SON corps, qui n'a pas ete vole? SON corps, pas celui du voisin! je pense a ceux qui sont payes pour des "essais cliniques" , en toute legalite, a ceux qui VENDENT leur sang (ouiii, ca existe) en TOUTE LEGALITE...ils ne vendent pas leurs corps? societe hypocrite, avec des faux principes moraux.

    • Chassez le naturel et il revient au galop...

      La prostitution est un des dernier nom donné au plus vieux métier du monde, qui a ses hauts et ses bas.

      le fait que des jeunes filles ou des jeunes hommes pas encore adulte, soient offert comme des marchandises à des déviants sexuels pour que leurs charmes rapportent gros à leurs exploiteurs est une pratique qui est à réprimander, interdire et poursuivre en justice.

      Par contre les gens hommes ou femmes qui veulent échanger une pratique sexuelle consentante contre rémunération, sous plusieurs formes possibles, comme bijoux, fourrures, argent comptant ou payement d'un loyer etc., doit être laissé au libre choix des personnes concernées.

      Le vieux principe de réprimander ce genre d'échange est surtout du à des principes religieux, que les religieux eux mêmes transgressent aussi.

      Dire que la prostitution est une affaire d'homme est aussi une méconnaissance voulue de l'ordre naturel des choses, surtout actuellement, la prostitution croisée, qui a toujours existé, comme dans les salon de massage pour homme seulement, concerne tout les sexes.

      Depuis que le genre humain existe, les rapports sexuels se sont grandement civilisés et la femme peut maintenant y trouver son plaisir, mais cela reste une joute amoureuse ou un des deux essaye de conquérir l'autre et dans notre civilisation même avec l'homme rose, la femme aime se faire dire qu'elle est belle et désirable...

      Pour finir en tant qu'homme je peux dire que dans notre siècle si sexué en tout, la prostitution à empêché bien des viols, la testostérone naturelle de l'homme n'a pas diminué avec le temps.. mais diminue avec l'âge... mais permet encore la conquête et les compliments...

    • J'espère sincèrement que votre métier sera reconnu, que les gens pourront se rendre compte de ce que c'est vraiment. C'est sûr qu'il y a de l'abus, de la violence, de la drogue... mais quand tu choisis ce métier, que tu es clean et que tu t'organises, j'imagine qu'il y a moyen de le faire de façon à avoir une belle vie quand même ;) c'est ce que je vous souhaite en tout cas! Ainsi que le respect qui vous est dû... parce qu'il ne faut pas se cacher que des hommes de TOUTES les sphères de la société font appel à vos services et ceux de vos collègues! Faudrait s'ouvrir les yeux, légaliser votre travail, le démysthifier et offrir des services qui ont de l'allure et surtout... le respect, tel que donné à tout bon travailleur qui s'emploie à gagner sa vie ... Bonne chance!

    • Au moins, les femmes qui choisissent le plus vieux métier du monde vendent quelque chose qui leur appartient, tandis que tant d'autres personnes ne vendent que de l'air chaud ou quelque chose qui ne leur appartient pas.
      Il est très important que nos corps policiers (ils pourraient parfois mieux se vendre eux, même si j'ai un certain respect pour leur métier) respectent et défendent ces femmes comme ils feraient pour n'importe quelle autre. Si elles sont attaquées, blessées ou pire, on doit faire les mêmes recherches pour trouver leur agresseur que pour n'importe qui d'autre.

    • Je ne saurais partager votre opinion. Certes les travailleuses du sexe sont mis au ban de notre société ... et alors ?! Pour l'immense majorité de la population, les travailleuses du sexe sont ces catins usées et intoxiquées qu'une vie de malchance et de mauvais choix a amenées à venir peupler nos trottoirs espérant être la prochaine choisie pour siroter un chauve. Certes toutes ne sombrent pas dans ces préjugés. Je me questionne toutefois à savoir quelle est la proportion des travailleuses du sexe dont le "choix de carrière" est un choix volontaire qui ne fait pas que contribuer à alimenter leur malheur. Je ne connais pas de statistiques à ce sujet, mais je serais plus que surpris d'apprendre qu'il s'agit d'un véritable choix pour plus de 10% d'entre elles. L'industrie de la danse érotique en cabaret étant tout à fait légale devrait donc voir ses employées vivant des vies épanouies, sans préjugés et désintoxiquées. Et pourtant ...

      Je ne peux rien imaginer de plus triste pour nos petites filles que d'imaginer une société où escorte puisse devenir une profession envisageable. "Tu sais ma petite fille, tu n'as pas besoin d'étudier, avec ton beau petit cul l'aspiration phallique me semble une activité beaucoup plus intuitive et rentable que d'aller à l'école"

    • Bravo! Arrêtons de catégoriser et de mettre tout le monde dans le même panier! Est-ce qu'on dit que tous les gens d'affaires sont des escrocs parce qu'une minorité d'entre eux le sont? Est-ce qu'on dit que tous les médecins sont des charlatans parce que quelques uns d'entre eux sont incompétents?
      Merci de comprendre votre clientèle.

    • Bla! Bla! Bla! Vendre son cul alors qu'il y a tellement de baiseuese qui sont heureuse de donner du sexe gratos, juste pour le plaisir...

      Dites ce que vous voudrez, je ne vois pas pute (escorte ou peu importe...) comme un but dans le vie. Comme les vidangeurs dont on a besoin mais qui ne le sont que parce que c'est tout ce qu'ils ont trouvé pour vivre. Je ne connais aucun enfant désirant devenir vidangeur, éboueur. Je n'en connais pas plus qui désirent être putain.

      Le seul cas où je vois l'utilité de la pute, c'est qu'elle évite peut-être le viol de jeunes filles par des frustrés qui ne «pôgnent» pas.

      Alors, si on laisse les putes exercer, que ce soit géré par les gouvernements et les services de santé...

    • Bravo pour votre courage. Oui à la prostitution adulte

      http://ysengrimus.wordpress.com/2009/08/01/l%E2%80%99etat-proxenete-ou-rien-decriminalisation-ou-legalisation-de-la-prostitution/

      Non à sa privatisation (plus exactement: au proxo privé), oui à son étatisation...
      Paul Laurendeau

    • "La relation sexuelle est depuis longtemps reconnue comme un besoin fondamental de l'être humain, au même titre que le besoin de se nourrir ou d'être à l'abri, par exemple"

      Ah oui? Petite question: combien de pesonnes chaque jour dans le monde meurent de faim? Et combien de personnes meurent chaque jour par manque de de sexe?

      Franchement! N'importe quoi pour justifier l'injustifiable.

    • Chapeau à toi aussi, ma chère Ariane!

      Moi qui rêve de redonner les lettres de noblesse aux travailleuses(eurs) du sexe!
      Entendre ta voix, de travailleuse active, heureuse et réaliste, c'est pure mélodie à mes oreilles.

      Il est temps qu'on reconnaissent notre existence et qu'on nous accordent des droits et des conditions de travail digne de se nom. Le rapport du comité Fraser s'entend à dire que c'est la prostitution de rue qui dérange le plus, que c'était pour cette raison que l'article de loi 213 du code criminel, (loi sur la sollicitation) avait été créé. Selon le rapport la loi n'avait pas atteint son objectif premier, soi de freiner la prostitution de rue et du fait même elle avait fait plus de tord au TDS, les agressions et les meurtre ce son accumulé. Les lois canadienne sont en ce moment très hypocrite. On a le droit de se prostitué, mais c'est les lois autour qui rendent sa pratique illégale... Ainsi on obtient pas la protection de la police, qui est totalement contre nous vue que la loi nous dit criminel. Alors on se cache d'elle et ça fait de nous de parfaites victimes, on risque de se faire agresser et en même temps on a peur de porter plainte et les agresseur reste en cavale et continue de sévir.

      Faudrait faire aussi la différence entre TDS qui a choisi son travail et exploitation forcé, qui n'a rien avoir avec un choix. Faire la différence entre client et agresseur. Faire la différence entre un patron qui nous permet de travailler dans l'industrie et un Pimp qui nous oblige sous la menace.

      Le système abolitionniste nous veux toutes victimes d'un système patriarcal, nos clients sont tous des agresseurs-exploiteur, et nos patrons sont tous des exploiteurs. Ça ne tient aucunement debout. Il n'en ai rien... J'ai été mieux traiter dans l'industrie du sexe que dans le milieu de l'édition, on respectait plus mes limites de service en tant qu'escorte, c'est moi qui décide ce que je fais et/ou je ne fais pas. C'est pas parce qu'on est TDS qu'on fait tout et qu'on nous oblige à tout faire comme service. Il n'existerait pas autant de variété de service.

      Amélie Jolie une des cinq membres fondatrices de
      www.union-tds-quebec.net

      Aussi www.chezstella.org un organisme que j'appuis à 100%.

    • Accordez nous le droit de pouvoir travailler à l'intérieure, faut abolir l'article de loi 210 qui nous interdit de travailler à l'intérieur. (tenir une maison de débauche) Même une pièce d'un appartement est utiliser pour recevoir un client... l'appartement sera considéré comme une maison de débauche, et on risque de perdre notre lieu de travail et nos conditions de travail.

      Je suis quand même très heureuse de lire les commentaires des citoyens sur le net. Je sens que l'écoute et l'ouverture d'esprit est présente.

    • Salut à toutes les femmes du monde qui qui savent utiliser leurs charmes pour vivre en ce monde. Ne font elles pas que colorer de pastel ce mode tantôt si froid, méchant et sans scrupules et avide de pouvoir? Ceux qui abusent les femmes sont souffrants, ils pensent se faire du bien alors qu'en fait ils s'enfoncent dans des abîmes ténébreux. La beauté sous toutes ses formes devrait être protéger, c'est ce que l'humanité à le plus de besoin. Un jour les humains se rencontreront avec émerveillement et pureté.

      Guy Michaud

    • Comme à notre époque le ridicule ne tue plus, Mademoiselle Valmont la bien-nommée essaie de justifier ce qui de tout temps et en tous lieux a toujours été considéré comme dégradant et immoral.

      On connaît l'argument : le métier de courtisane est le plus vieux du monde et n'est pas près de disparaître.

      Ce qui est nouveau, c'est cette petite chanson selon laquelle:

      "Mon cul est ma petite entreprise et je demande le respect du travail bien fait, comme pour n'importe quelle compagnie".

      Même si ça cadre parfaitement avec notre société de consommation et du tout-marchand, avec le fait que nous soyons devenus nous-mêmes des marchandises, cette lettre de Mlle Valmont n'en est pas moins pathétique (c'est mon opinion).

      À partir d'un certain chiffre d'affaires, va-t-on lui décerner la médaille du travail ?

    • Comme à notre époque le ridicule ne tue plus, Mademoiselle Valmont la bien-nommée essaie de justifier ce qui de tout temps et en tous lieux a toujours été considéré comme dégradant et immoral.

      On connaît l'argument : le métier de courtisane est le plus vieux du monde et n'est pas près de disparaître.

      Ce qui est nouveau, c'est cette petite chanson selon laquelle:

      "Mon cul est ma petite entreprise et je demande le respect du travail bien fait, comme pour n'importe quelle compagnie".

      Même si ça cadre parfaitement avec notre société de consommation et du tout-marchand, avec le fait que nous soyons devenus nous-mêmes des marchandises, cette lettre de Mlle Valmont n'en est pas moins pathétique (c'est mon opinion).

      À partir d'un certain chiffre d'affaires, va-t-on lui décerner la médaille du travail ?

    • Un commentaire à l'escorte indépendante qui a écrit l'article intitulé: Travailleuses du sexe: un mépris injustifié.

      Voici quelques lignes pour vous remercier et vous féliciter de cet article. Je suis tout à fait en accord avec vos propos, et je veux féliciter aussi les trois dames qui osent prendre les tribunaux pour faire avancer, c'est-à-dire, décriminaliser et défendre cette cause d'intérêt public.

      Même si je n'ai jamais eu à me prostituer, ou à utiliser les services d'un escortes ou de prostitués mâles dans mon cas, je vous avoue bien humblement, avoir déjà songer à quelques reprises à consentir à toutes ces offres que les femmes seules vivant en dessous du seuil de la pauvreté, reçoivent régulièrement de beaux bonshommes, souvent mariés et qui pavanent dans les rangs à la messe spéciale pour les couples fidèles.

      À force de toujours devoir se démerder dans des tas de complexités administratives et bureaucratiques avec les agents de l'aide sociale, ou pleins d'autres organisations publiques et gouvernementales comme de l'état, il arrive que des femmes ou des hommes se tournent vers le travail de la prostitution. Parce que, la prostitution est un trvail et non de l'amour. à mon humble avis.

      Ce travail devrait être protégé comme tous les autres emplois au Québec et au Canada, en étant décriminalisé et légalisé, pour que les prostitués (es) et les clients (es) soient mieux protégés. En ce qui me concerne, je ne peux que dire "BRAVO" aux pays comme la Belgique qui a rendu légal le travail de la prostitution, ainsi qu'à toutes les femmes et hommes qui se prostituent pour gagner leurs croûtes, surtout si, ces personnes le font aussi professionnellement que vous. Je ne peux passer sous silence, mon admiration pour tous les clients et clientes de la prostitution, qui se servent de ces personnes au travail, pour utiliser ce service humain et tout à fait utile et normal. En autant que ceux-ci le fassent dans les règles de l'art et du grand respect des femmes et hommes qui se prostituent; bien entendu.

      Merci de m'avoir donné la possibilité de commenter cet article d'intérêt public.

      Patricia Turcotte
      Saint Georges QUÉBEC
      Site: http://patricia-turcotte.blogspot.com

    • Cette façon idyllique de percevoir les travailleuses du sexe comme exerçant un métier comme un autre relève d'une illusion et de l'utopie répandue que la plupart des femmes exercent ce métier librement. Toutes les recherches indiquent que l'industrie du sexe en est une basée sur le commerce des femmes et des enfants dans le monde. Un commerce aussi important que celui des armes et de la drogue. Et que la violence que subissent les femmes qui exercent ce métier, qu'il soit légal ou décriminalisé est directement liée au fait que le corps des femmes est dominé par celui qui en paie les services. Que ce n'est pas le service offert qui est visé, mais bien le fait que la personne qui l'exerce devient un bien de consommation soumis aux mêmes règles que tout bien de consommation. Un objet jetable.

      Qu'il existe en Occident des femmes exerçant ce métier de façon autonome, sans proxénète pour les protéger ou les exploiter, (eux-mêmes issus du milieu criminel), des femmes d'affaires qui gèrent efficacement leur métier selon un agenda personnel, je leur dis tant mieux si elles en retirent les avantages qu'elles souhaitent. D'ailleurs, les agences d'escortes et les salons de massage érotique fonctionnent dans la légalité et doivent obtenir un permis pour opérer. Ce n'est que 20% de l'industrie du sexe qui menace la sécurité des femmes, soit la prostitution de rue.

      La réalité c'est que la majorité des victimes d'exploitation sexuelle commerciale sont des femmes et des enfants venant principalement de l'Asie et de l'Europe de l'Est pour répondre aux besoins de l'industrie du sexe. Vancouver et Toronto sont des plaques tournantes de cette traite. Le Canada constitue une source, un lieu de transit et un pays de destination à ces fins.

      Décriminaliser le travail du sexe n'apporterait sans doute pas plus de sécurité aux personnes qui l'exercent, parce que la plupart des prostituées de rue sont des personnes qui doivent se cacher pour exercer leur métier à cause de leur statut d'immigrante illégale. Elles ne fréquenteraient pas les maisons closes où elles perdraient leur anonymat. Plusieurs pays qui en ont fait l'expérience n'ont pas réussi de façon sensible à améliorer le sort des prostituées de rue : celles qui auraient dû en bénéficier.

      Changer les lois pour décriminaliser ou légaliser la prostitution, n'apporterait aucun avantage; c'est un débat stérile. Une telle loi protégerait les proxénètes, eux-mêmes des criminels. D'ailleurs, la prostitution n'est pas illégale, c'est la sollicitation qui l'est. Une loi hypocrite. Ce sont les prostituées elles-mêmes, celles qui doivent faire de la sollicitation pour gagner leur vie qui ne doivent plus être criminalisées.

    • Chère Arianne,

      J'aimerais vous féliciter pour cette lettre si éloquente. Vous exprimez parfaitement en quoi la décriminalisation est une étape incontournable.

      Le travail du sexe, comme vous l'appelez, apporte plus de réconforts et de bien-être que plusieurs autres métiers dit respectables.

      Qu'on puisse encore aujourd'Hui stigmatiser des femmes pour la seule raison qu'elles ne répondent pas aux normes très discutables de notre société est une chose qui dépasse l'entendement.

      J'espère que plus de courtisanes comme vous, une femme intelligente et libérée, prendront la parole publiquement.

      Bien à vous.

      Le Marquis

    • Je suis d'accord avec vous et cette proffession est tout aussi honorable que celle de neurochirurgienne. Je serais très heureux qu'une chaire soit fondée à l'université du Québec et que les étudiantes aient le possibilité de s'y parfaire et même d'y obtenir éventuellement un doctorat en plaisir sexuels. Pourquoi pas?

    • Comme sulnet, j'ai déja fréquenté des escortes et au besoin je le referais sans hésiter. Dire qu'elles offrent un service essentiel n'est pas exagéré. La décriminalisation est logique mais ça va sans dire qu'un encadrement attentif devrait être mis sur pied pour assurer que les femmes qui souffrent de ce métier, il y en a et ils ne font pas les oublier, soient protégé. Mais je suis d'accord que les femmes comme madame Valmont qui font le travail d'escorte par choix ne devraient en aucun cas être pénalisé.

    • C'est quoi la différence entre une travailleuse du sexe et une poule de luxe qui se fait entretenir par sugard dady, je préfère la première à cause de son indéêndance et non la dépendance de la deuxième.

    • Tout t'a fait d'accord, j'en connais une qui travaille en titi a toute les soir pour aller magasiner le fin de semaine. Elle m'a meme donne 2 beaux enfants. Nous sommes tres heureux ensemble.

    • étant moi aussi une travailleuse du sexe depuis 10 ans, J,essai depuis longtemps de démystifier notre métier...Bravo Ariane de t'impliquer comme cela Comme tu le sais La tâche est ardue....Nous avons créé un site pour justement aider les TDS et aussi pour faire comprendre aux gens notre métier
      Je vous invite à le parcourir...Il n'est pas entièrement fini ...mais cela va vous donner une idée...

      http://www.union-tds-quebec.net/

      bonne visite !!!
      Yzabelle

    • MDE ou Mlle Ariane: le monde de l'entertainment rapporte 3 billions à l'Économie. Secondo: la femme ne vend pas son corps: elle offre son expérience physique et psychologique, pour ceux
      qui veulent se déniaiser, comprendre la sexualité féminine, besoin de changement,prendre un
      "break" devant certaines responsabilités routinières, conseils matrimoniaux etc...Vs êtes des
      sexologues au même titre que les "psy". So, tertio, à titre de professionelle "in vivo", vs avez
      droit à des honoraires. Respectueusement vôtre: yves(le kid)

    • Vous avez tout à fait raison. J'ai moi-même eu recours aux services professionnels de vos collègues dans le passé. Je suis chaque fois très déçu de voir que notre société est toujours enlisée dans des préjugés loin de cette réalité et de notre époque. Le secteur des services sexuels mériterait davantage le respect et l'appréciation de tous.

      La relation sexuelle est depuis longtemps reconnue comme un besoin fondamental de l'être humain, au même titre que le besoin de se nourrir ou d'être à l'abri, par exemple. Qui plus est, l'orgasme est la sensation de jouissance naturelle la plus intense que notre corps puisse nous offrir, à ce que je sache. Juste à ce titre, votre secteur mériterait au moins autant de respect et d'approbation que celui de la nutrition.

      Je rêve depuis longtemps du jour où l'on entendra discuter de recettes pour jouir d'une saine sexualité, aussi librement que l'on entend des discussions à propos de la saine alimentation aujourd'hui. Je rêve aussi du jour où le commerce des service sexuels sera aussi répandu, varié et sophistiqué que celui de la restauration.

      J'ai vécu quelque chose qui s'en rapprochait lors d'un voyage d'affaires en Asie il y a quelques années. L'hôtel renommé où nous logions offrait un service tout à fait officiel aux chambres. La femme qui s'est présentée était de toute évidence formée de façon très professionnelle. Ses techniques étaient visiblement raffinées et éprouvées. C'est à ce jour la plus belle expérience de ce type que j'ai vécu. La perception des besoins sexuels de l'être humain semble radicalement différente en Asie!

    • Effectivement, si on voit ça par « vendre son corps », alors nous les personnes salariées, sommes toutes des travailleurs du sexe ...

      On perd sa vie à la gagner.

    • Bravo pour votre lettre.
      Je suis daccord avec ce que vous dites.
      Moi j'ai toujours eu du respect pour les personnes qui font ce métier. J'ai quelques amies qui le font et elles le font dans le respect avec classe et proprement.

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