Se préparer à pire

Un résidant de Fort McMurray met de l'essence... (PHOTO JASON FRANSON, LA PRESSE CANADIENNE)

Agrandir

Un résidant de Fort McMurray met de l'essence dans sa voiture avant de quitter la ville. La catastrophe naturelle qui s'abat sur le nord de l'Alberta se dessine comme la pire de l'histoire canadienne et pourrait coûter jusqu'à 9 milliards.

PHOTO JASON FRANSON, LA PRESSE CANADIENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Impossible de ne pas ressentir la détresse des Albertains en voyant les flammes qui lèchent le bitume et les tisons tomber sur les véhicules qui tentent de fuir la région de Fort McMurray.

Cette catastrophe naturelle se dessine comme la pire de l'histoire canadienne et pourrait coûter jusqu'à 9 milliards. C'est près de quatre fois plus que les inondations de 2013 en Alberta et que la crise du verglas de 1998, les deux événements les plus coûteux à ce jour.

Malheureusement, d'autres désastres du genre risquent de se reproduire.

La Presse rapportait récemment que le fédéral craint que les changements climatiques n'amplifient l'impact des catastrophes naturelles, faisant grimper la facture dans les prochaines années.

Avant 1995, à peine trois catastrophes naturelles ont causé des dommages totalisant un demi-milliard. Entre 1996 et 2009, chaque année a donné lieu à un désastre de cette ampleur financière.

Les coûts vont exploser, prévoit le ministère de la Sécurité publique : près de 5 milliards par année d'ici 2020 ; entre 21 et 43 milliards annuellement d'ici 2050.

Encore auréolé de ses belles intentions du Sommet de Paris, le Canada ne peut ignorer cette donne. Il doit agir.

Évidemment, il est prématuré de mettre en cause les changements climatiques dans le cas de Fort McMurray. En effet, toutes les conditions étaient réunies pour provoquer une tempête parfaite : peu de neige l'hiver dernier, sol très sec, chaleur, absence de pluie et vents ont fait en sorte que le brasier s'est amplifié à une vitesse folle.

Reste que cette région est à haut risque. Un rapport d'experts produit au lendemain des feux de forêt qui ont dévasté Slave Lake (Alberta) en 2011 sonnait l'alarme sur le risque élevé de feux de forêt pour l'avenir.

Le rapport s'inquiétait de l'âge avancé de la forêt boréale et de sa densité. Il préconisait une meilleure coordination des équipes d'intervention et plus d'éducation, car la majorité des feux sont d'origine humaine et ils sont de plus en plus nombreux. Les autorités affirment aujourd'hui avoir tiré des leçons de Slave Lake et mis en place les recommandations du rapport, ce qui leur a permis d'agir rapidement, disent-ils.

On assiste pour l'heure à un courant d'entraide et de générosité exemplaire. Des gestes réconfortants, du genre à nous rassurer sur la nature humaine.

Le gouvernement s'est engagé à égaler les dons individuels faits à la Croix-Rouge. On a même eu droit à des rapprochements rares quand le premier ministre Justin Trudeau a traversé la Chambre des communes pour réconforter la chef de l'opposition officielle, Rona Ambrose.

Cette empathie doit se répercuter dans le futur, car les sinistrés en ont pour des mois, voire des années avant de réintégrer leurs demeures. Si le passé est garant de l'avenir, on sait malheureusement qu'une fois la crise passée, l'intervention financière, pourtant essentielle, se fait souvent attendre.

«80 000 personnes évacuées

1600 maisons et bâtiments rasés

1000 kilomètres carrés détruits

9 milliards : estimation des coûts de la catastrophe»


Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer