Naître dans un champ de ruines

« En 2015, la moitié des 34 millions d'enfants... (PHOTO LOUAI BESHARA, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE)

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« En 2015, la moitié des 34 millions d'enfants d'âge scolaire vivant en Syrie [photo], en Irak, au Yémen, en Libye et au Soudan n'allaient pas à l'école », indique Pascale Breton.

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Faut-il craindre une génération perdue en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ?

La guerre ne laisse pas seulement des ruines, des morts et un afflux de réfugiés. Dans les villes bombardées réduites en poussière grandissent des millions d'enfants sans véritable avenir.

En 2015, un bébé sur huit est né dans une zone de conflit. Seize millions d'enfants, estime l'UNICEF. Cela signifie que toutes les deux secondes, un bébé a vu le jour dans des conditions insalubres et de stress extrême, sans accès à des soins médicaux. Dès son premier souffle, il est marqué pour la vie, une vie parfois très courte, car dans de telles conditions, le taux de mortalité infantile grimpe en flèche.

En 2015, la moitié des 34 millions d'enfants d'âge scolaire vivant en Syrie, en Irak, au Yémen, en Libye et au Soudan n'allaient pas à l'école. Des régions qui, il n'y a pas longtemps, pouvaient pourtant viser l'éducation universelle, particulièrement en Syrie où la forte majorité de la population est lettrée. Que deviendra, dans quelques années, un enfant de 10 ans qui n'est pas scolarisé ?

Non seulement de sombres perspectives se dressent devant ces jeunes, mais ils représentent un bassin de recrutement idéal pour les djihadistes ou les rebelles qui n'ont aucun scrupule à les enrôler comme enfants-soldats ou en faire des esclaves sexuels.

Quel paradoxe. Les sociétés ont évolué au point où, partout sur la planète, les conditions de vie s'améliorent. Sauf dans les pays en guerre, revenus à l'époque de la barbarie. Difficile de ne pas ressentir frustration et impuissance devant de telles situations.

Il est possible d'agir. En éveillant les consciences, d'abord. En aidant ces enfants sur le terrain. En ciblant adéquatement les sommes allouées au financement humanitaire.

Cela peu sembler bien peu, mais des rations nutritives et de l'eau potable contribuent à donner un meilleur départ aux bébés et à leurs mères. Fournir minimalement des toiles de plastique et des instruments stérilisés pour couper le cordon ombilical - de tels kits existent - fait en sorte que les naissances se font dans un milieu un peu plus hygiénique, malgré les conditions atroces.

La mise sur pied de campagnes de vaccination contribue aussi à réduire la mortalité infantile. En Syrie, 72 % des enfants ont ainsi été vaccinés contre la polio. Des campagnes qui exigent beaucoup de négociation près des zones de combat. « Même les pires combattants peuvent être humains quand il s'agit d'enfants », affirme pourtant David Morley, président et chef de la direction d'UNICEF Canada.

Des efforts sont aussi investis pour reconstruire les écoles, trouver des enseignants, organiser des classes, jusque dans les camps de réfugiés.

Bien sûr, ce ne sont que des pansements qui agissent de façon temporaire. Ils sont pourtant indispensables en attendant que la pression exercée sur les gouvernements fasse le reste. Car pour mettre fin à la guerre, on le sait, il faut obtenir la paix.

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