Nos enfants, y croyez-vous ?

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« Le système a pourtant fait ses preuves, juge Pascale Breton. Les enfants qui fréquentent les services de garde arrivent mieux outillés à l'école. »

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La question n'est pas de savoir combien coûte la petite enfance, mais ce qu'on est prêt à y consacrer collectivement.

Or, on a l'impression qu'aux yeux du gouvernement, la petite enfance se limite à une colonne de chiffres, celle des dépenses.

« L'optimisation » a supplanté les questions sur la qualité des services, le programme pédagogique ou la qualification des éducatrices. Des questions pourtant essentielles quand l'État investit 2,1 milliards annuellement dans un réseau des services de garde.

La Presse révélait hier que la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, envisage de réduire le budget des centres de la petite enfance (CPE) et des garderies privées subventionnées en établissant ses calculs sur le « tiers performant », c'est-à-dire les installations où les frais d'exploitation sont les plus bas.

Le réseau craint jusqu'à 5000 mises à pied - touchant majoritairement des femmes ayant un revenu modeste - et critique la méthode du gouvernement, qui ne tient pas compte de la réalité des milieux.

« On voudrait détruire le modèle des centres de la petite enfance, on ne s'y prendrait pas mieux », a dénoncé la députée de Québec solidaire, Françoise David. Difficile de lui donner tort.

Depuis 18 mois, les libéraux donnent l'impression de remettre constamment en question le réseau des services de garde subventionnés.

En plus des compressions de près de 200 millions - et des autres à venir - , la ministre a critiqué les CPE pour leur mauvaise gestion et a projeté de mettre les parents à l'amende en voulant se lancer à la chasse aux « places fantômes ».

L'état de suspicion généralisé a fait en sorte de dresser les acteurs du milieu les uns contre les autres. Dans le discours populaire, les garderies privées non subventionnées sont même devenues des garderies « commerciales », comme si les enfants étaient une marchandise qu'on s'arrache. Mais cette fois, c'en est trop : c'est d'une seule voix que, malgré leurs différends, les CPE et les garderies privées subventionnées ont dénoncé hier la nouvelle attaque.

Le premier ministre Philippe Couillard défend cette réforme du financement des services de garde en faisant valoir que si le Québec avait cherché à mettre en place plus tôt de meilleures pratiques de gestion, on n'en serait pas là aujourd'hui.

Vrai, le budget a explosé et il faut stopper l'hémorragie en améliorant les pratiques. Le rapport Boisvert, déposé il y a près de deux ans, proposait justement une vingtaine de recommandations pour assurer la pérennité du réseau. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Le système a pourtant fait ses preuves. Les enfants qui fréquentent les services de garde arrivent mieux outillés à l'école. C'est particulièrement vrai pour les CPE qui ont généralement un roulement de personnel plus bas, un ratio plus élevé d'éducatrices formées, un programme pédagogique élaboré et des ressources pour dépister les enfants à risque d'avoir un retard qui compromettrait leur développement scolaire.

Investir dans la petite enfance, avec un réseau de services de garde subventionnés, permet de bâtir pour l'avenir. Mais le gouvernement y croit-il seulement ?

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