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Depuis un quart de siècle, le Québec mandate les partis de l'opposition pour... (Photo Adrian Wyld, archives La Presse Canadienne)

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Depuis un quart de siècle, le Québec mandate les partis de l'opposition pour porter ses dossiers et faire entendre ses sensibilités à Ottawa. Un quart de siècle pendant lequel son poids économique, politique et historique a fondu.

En priorisant une opposition forte, peut-être les Québécois se disent-ils que, de toute façon, un gouvernement fédéral ne peut ignorer l'une des provinces les plus populeuses dans la formation de son conseil des ministres. Ce qui ne garantit pas que la distribution des portefeuilles influents sera équitable.

Il faut se demander ce qui est le plus porteur pour une société : suggérer ou décider ? Revendiquer ou agir ? Cet enjeu de la place du Québec au sein du Canada se retrouve encore à l'avant-scène de la présente campagne électorale. Les mots choisis témoignent des limites de l'opposition.

Par exemple, le Bloc québécois promet de « s'opposer » à l'installation d'un péage sur le pont Champlain et « exigera » qu'Ottawa contribue à la mise en place d'un système de transports en commun efficace. Il réclamera un moratoire sur les boîtes postales communautaires et « s'assurera » que le gouvernement « ordonne » le maintien du service à domicile. Permettez ici un peu de scepticisme.

Le poids politique du Québec diminue constamment. L'élection de Stephen Harper à la tête d'un gouvernement majoritaire en 2011, malgré le gain de seulement cinq députés conservateurs au Québec, est éloquente. Dans les mois suivants, il a dû se défendre de négliger la Belle Province. « Le Québec reste une partie très importante de notre pays... », a-t-il déclaré.

Le redécoupage de la carte électorale reflète à quel point le Québec perd des plumes. Avec l'ajout de trois nouvelles circonscriptions - contre 15 pour l'Ontario -, son poids électoral correspond certes à son poids démographique, mais on est loin de son poids historique.

Au plan économique, le Québec s'est déjà comparé avantageusement avec l'Ontario. Mais pendant que son voisin a connu une croissance de sa population, de ses investissements et de son influence (malgré des difficultés économiques ces dernières années), le Québec s'est appauvri depuis 20 ans.

La province figure aujourd'hui en queue de peloton en ce qui a trait au revenu disponible des ménages, tout juste devant l'Île-du-Prince-Édouard. Elle figure aussi parmi les plus pauvres relativement au niveau de vie de ses habitants. Signe de cet appauvrissement, les paiements de péréquation qu'elle reçoit du fédéral ont doublé depuis dix ans pour atteindre 9,5 milliards cette année.

Dans un tel contexte, être assis autour de la table du Conseil des ministres a l'avantage de faire entendre clairement la voix, les sensibilités et les préoccupations des Québécois, par exemple sur des enjeux touchant les secteurs forestiers et manufacturiers.

Voilà la différence entre cogner à une porte ou se trouver dans la pièce où les décisions se prennent.

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