Qui doit payer ?

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« La technologie n'est pas la solution miracle à tous les maux de l'école. Mais elle présente de nombreux avantages et, faisant partie intégrante de la société d'aujourd'hui, l'école ne peut en faire abstraction », rappelle notre éditorialiste.

Photo George Frey, archives Bloomberg

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S'il est important de rappeler que la gratuité scolaire est une valeur fondamentale du réseau public, comme le fait Québec, l'épineuse question des technologies en classe n'est pas réglée pour autant.

Entre les écoles qui ont pris le virage technologique et les autres, le fossé est réel et se creusera davantage. Le ministère de l'Éducation ne peut l'ignorer. C'est pourtant l'impression qu'il donne dans le débat l'opposant à l'école secondaire Le Sommet.

Cette école publique de Québec a adopté un projet éducatif dans lequel tous les élèves seront dotés d'une tablette électronique, aux frais des parents.

Le projet reçoit l'appui du conseil d'établissement et de la commission scolaire. Des mesures de financement permettent d'adoucir la facture et d'aider les familles moins nanties.

Mais la Loi sur l'instruction publique interdit de faire payer les parents pour des manuels scolaires ou du matériel didactique. La tablette électronique en fait partie, a tranché le Ministère, qui a envoyé une directive en ce sens à toutes les commissions scolaires.

Si l'école Le Sommet - ou toute autre école publique - veut entrer dans l'ère de l'apprentissage par le numérique, elle devra trouver son financement ailleurs que dans la poche des parents, même si ceux-ci sont d'accord.

La situation est toute autre dans le privé. Plusieurs collèges ont adopté la tablette électronique et obligent les élèves à s'en procurer une.

Québec verse pour sa part un budget aux commissions scolaires pour les technologies en classe.

Mais ce budget est insuffisant pour doter tous les élèves d'une tablette, d'un portable ou de toutes autres technologies à venir. Ce serait même irresponsable, dans le contexte actuel, de penser le faire.

Quel que soit leur milieu ou leur école, les élèves devraient pourtant avoir accès aux mêmes outils s'ils sont nécessaires à leur apprentissage. Ce n'est pas le cas.

Le Ministère doit réfléchir à la direction à prendre concernant l'utilisation des technologies en classe - dans un contexte où elles sont vite désuètes - et trouver des solutions pour permettre aux écoles publiques de les inclure dans leurs projets éducatifs.

Il doit aussi éviter les erreurs passées en imposant une formule uniforme dans la précipitation. On l'a vu avec l'implantation de tableaux numériques interactifs en classe, un projet coûteux et critiqué.

D'autres ont fait ces erreurs. Une commission scolaire de Los Angeles a englouti des centaines de millions pour doter tous ses élèves d'une tablette électronique, mais sans avoir accès au contenu éducatif promis.

La technologie n'est pas la solution miracle à tous les maux de l'école. Mais elle présente de nombreux avantages et, faisant partie intégrante de la société d'aujourd'hui, l'école ne peut en faire abstraction.

Québec promet un projet de loi pour donner plus d'autonomie aux écoles. C'est l'occasion de réfléchir à des avenues innovatrices pour faire en sorte que des initiatives locales comme celle de l'école Le Sommet puissent voir le jour, tout en étant équitables pour les familles.

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