Décrochage prévisible

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« Voilà un argument de plus pour intervenir dès la petite enfance auprès des enfants qui ont des caractéristiques les prédisposant à présenter des retards ou des troubles », écrit Pascale Breton.

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Beaucoup d'élèves qui décrochent à la toute fin de leur secondaire, à quelques pas de leur diplôme, échouent parce qu'ils ont des difficultés en français. Leur retard s'est accentué tout au long de leur parcours scolaire, jusqu'à devenir insurmontable. Voilà qui est préoccupant.

Le récent bulletin statistique sur le décrochage, publié par le ministère de l'Éducation, analyse le profil des décrocheurs à différentes étapes du secondaire. Ses conclusions soulèvent des questions sur le système actuel.

L'analyse démontre clairement que les élèves cheminent d'année en année dans leur parcours scolaire en accumulant toujours plus de retard. Jusqu'à en venir à une seule issue possible, le décrochage.

Chez les élèves de secondaire 5 pour qui il a été possible de déterminer ce qui leur manquait pour l'obtention de leur diplôme, c'est un échec à l'exigence de maîtriser la langue d'enseignement, majoritairement le français, qui est clairement en cause. Les deux tiers (64,2 %) des décrocheurs de secondaire 5 ont échoué à cette exigence.

En moyenne, il manquait 2,85 épreuves aux décrocheurs pour obtenir leur diplôme. C'est donc dire qu'ils avaient des difficultés dans plusieurs matières et que le fossé s'est creusé peu à peu, jusqu'à devenir trop profond une fois rendu au fil d'arrivée.

L'analyse confirme aussi que les décrocheurs ont souvent un profil type. Ces élèves présentent un handicapou un trouble d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA), ils ont accumulé du retard scolaire, ils viennent d'un milieu socioéconomique défavorisé, ils sont des immigrants récents ou des autochtones.

En secondaire 3, le tiers des décrocheurs présentaient à la fois un retard scolaire et étaient identifiés comme étant des EHDAA. Le quart étaient à la fois issu d'un milieu défavorisé, avaient un retard scolaire et étaient des EHDAA.

Ces facteurs de risque sont bien connus, mais voilà un argument de plus, s'il en faut encore, pour intervenir dès la petite enfance auprès des enfants qui ont des caractéristiques les prédisposant à présenter des retards ou des troubles.

Les conclusions de cette analyse renforcent aussi l'idée que la maîtrise de la lecture est fondamentale. Lire favorise la compréhension et l'acquisition du vocabulaire. Des difficultés dans cette matière ont des répercussions sur l'ensemble des apprentissages, en français comme dans les autres disciplines.

Le ministre François Blais semble déterminé à implanter davantage d'activités de lecture en classe. Espérons que ce sera le cas, car il n'est pas le premier à s'y engager.

Les parents ont aussi la responsabilité de développer le goût de la lecture chez leurs enfants. La réalité fait toutefois en sorte que dans certains milieux, les jeunes n'ont jamais ouvert un livre avant d'arriver à l'école.

C'est un autre défi qui confirme l'importance de dépister les enfants qui ont du retard dès leur entrée dans le système scolaire. Pour cela, il faut donner des ressources aux écoles.

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