Pris au piège

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Depuis le déménagement au site Glen, le tarif journalier du stationnement du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a grimpé à 25 $. Surtout, il s'applique dès la 91e minute.

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Le tarif onéreux des stationnements des hôpitaux s'avère souvent un don déguisé qui est imposé aux malades et à leurs proches.

Depuis le déménagement au site Glen, le tarif journalier du stationnement du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a grimpé à 25 $. Surtout, il s'applique dès la 91e minute. Ce seuil excessif oblige une majorité de patients à payer le tarif d'une journée complète, car rares sont ceux qui passent moins d'une heure et demie à l'hôpital, même pour un rendez-vous de routine.

Les établissements de santé et leurs fondations ont récolté des profits de plus de 66 millions l'an dernier grâce aux stationnements, a révélé cette semaine un reportage de notre collègue Jean-François Bégin, qui a aussi mis en lumière des disparités dans la tarification des hôpitaux du Québec.

Les stationnements sont des espaces autofinancés. Dans les projets des nouveaux CHUM, CUSM et CHU Sainte-Justine, les revenus des stationnements doivent ainsi permettre de rembourser l'emprunt qui a servi à leur construction, en plus d'absorber les coûts d'entretien et de personnel.

Il n'existe pas de barème de tarification. La directive ministérielle prévoit plutôt que les profits générés serviront à l'atteinte de l'équilibre budgétaire de l'hôpital ou iront dans les coffres des fondations pour différents projets, comme l'achat d'équipement à la fine pointe.

Bien sûr, ces acquisitions profitent aux patients et améliorent la qualité des soins. Mais elles représentent aussi une mesure d'attraction pour les médecins.

Si les stationnements doivent devenir une « deuxième fondation, financée par les usagers », comme l'a déclaré le cabinet du ministre de la Santé, cela doit être dit clairement.

Rendre les stationnements d'hôpitaux gratuits - comme l'a déjà proposé le Journal de l'Association médicale canadienne - n'est pas une avenue responsable à suivre actuellement. N'empêche qu'il est possible et souhaitable de viser une tarification plus juste et équitable, quitte à suggérer une contribution additionnelle aux usagers, comme le font certains magasins qui proposent un don pour un organisme au moment de passer à la caisse.

Le tarif des stationnements ne doit pas devenir une barrière aux soins. Analyser la situation uniquement d'un point de vue mercantile, comme l'a fait la Corporation de stationnement CUSM en juin 2010 pour justifier la hausse de tarif à laquelle on assiste aujourd'hui, était douteux.

Cette analyse démontrait que, malgré la hausse des tarifs, la demande continuait d'augmenter et qu'en outre, les prix étaient comparables à ceux des stationnements du centre-ville. Or, on ne peut pas comparer un hôpital - un service essentiel - à un spectacle au Centre Bell !

Si la demande continue d'augmenter, c'est malheureusement parce que les malades et leurs proches sont pris au piège. Il n'y a pas toujours de stationnement alternatif à proximité des hôpitaux, et le transport en commun n'est pas une option pour un malade âgé ou affaibli.

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