Un compromis, ça presse

En janvier 2012, la prolifération de moisissures a... (Photo Martin Chamberland, archives La Presse)

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En janvier 2012, la prolifération de moisissures a forcé la fermeture définitive de l'école Saint-Gérard.

Photo Martin Chamberland, archives La Presse

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Pendant que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) et le ministère de l'Éducation se renvoient la balle en refusant de payer le dépassement des coûts de reconstruction de l'école Saint-Gérard, les enfants en paient le prix.

En janvier 2012, la prolifération de moisissures a forcé la fermeture définitive de l'école. Depuis, les élèves ont été envoyés à l'école secondaire Georges-Vanier. Une aile a spécialement été aménagée pour eux, mais ce n'est pas l'idéal. Les enfants voyagent matin et soir en autobus, ce qui a des répercussions sur leur vie quotidienne et décourage certaines familles de s'installer dans le quartier.

La nouvelle école Saint-Gérard doit ouvrir ses portes pour la rentrée scolaire 2016. Sauf que le projet est maintenant évalué à 20 millions, tandis que le gouvernement refuse de verser davantage que les 16 millions prévus au budget.

Avant de lancer l'appel d'offres en vue de la construction - qui doit se faire impérativement avant la fin du mois pour respecter les délais -, la CSDM doit trouver le financement nécessaire ou réviser son projet à la baisse. Le dépassement de coûts de 25% est substantiel. Est-il justifié?

La CSDM prétend que les exigences municipales ont contribué à gonfler la facture. L'école construite dans les années 20 était considérée comme un bâtiment à caractère patrimonial. Devant l'urgence de la situation, les élus municipaux ont tout de même résolu, l'été dernier, d'accorder un permis de démolition à la commission scolaire, exigeant en contrepartie qu'elle préserve certains éléments architecturaux extérieurs, dont l'ancien porche.

Rien n'obligeait toutefois la CSDM à choisir une construction certifiée LEED ni à doter l'école d'un toit vert, deux mesures totalisant à elles seules 700 000$. Le règlement de l'arrondissement prévoit que toute nouvelle construction doit être dotée d'une toiture qui favorise la réduction des îlots de chaleur... sans être pour autant un toit végétal.

Le projet prévoit aussi que l'école soit chauffée par un système géothermique. C'est ce que préconise le ministère de l'Éducation pour les nouveaux bâtiments, mais seulement quand le budget le permet.

***

L'argent alloué pour la construction de nouvelles écoles dépend de plusieurs facteurs, mais règle générale, Québec verse environ un demi-million par classe. Les 16 millions consentis à l'école Saint-Gérard correspondent à cette norme.

On peut toutefois se demander si son caractère exceptionnel a été pris en compte dans l'évaluation. Avant d'entreprendre la construction, il fallait d'abord démolir l'école en préservant certains éléments architecturaux. L'excavation dans le roc et la proximité d'une station de métro entraînent aussi des coûts supplémentaires qui n'étaient pas nécessairement prévisibles dans la présentation du projet préliminaire.

La CSDM et le Ministère doivent trouver un compromis, et ça presse. Les élèves et le personnel ont été suffisamment brimés par la fermeture de leur école sans que des délais indus s'ajoutent encore.

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